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Samedi 5 septembre 2009

Poème en ghazal


C'était Mina aux grands cheveux une lumière
Penchée sur ce roman pour un rêve éphémère
Mina Mina


Une robe de soie le dos nu dévoilé
Frôler du bout des doigts sa main abandonnée
Mina Mina


Une brune aux seins ronds un prénom murmuré
Fut-ce oui pour un nom une esquisse emmurée
Mina Mina


Je souhaitais goûter et le fruit et l'intime
On aurait réprouvé la tentation ultime
Mina Mina


Le tissu trahissait les aréoles fières
Le crayon délivrait une oraison guerrière
Mina Mina


Déminer le chemin qui menait à ses pleins
Poser sur le vélin le délié serein
Mina Mina


Jamais n'a transpiré cette envie de toucher
Sa peau brune à croquer l'ambre désappointé
Mina Mina


Ses jupes s'envolaient quand le vent s'amusait
Il soufflait dévoilait ses mille et un secrets
Mina Mina


Je voudrais retenir les images passées
Mais je peine à saisir les ombres enchantées
Mina Mina


Je n'étais qu'un lézard me vit-elle parfois
Poser un doux regard sur ses gestes de soie
Mina Mina
Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 8 août 2009

"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", Charles Baudelaire, Spleen II, Les fleurs du mal.

 
  Confus, confondu, fondu, flou, décliné, fluide, compact, un impact, par petites touches, j'écris comme il peint, frénétique, fort, ça vient de loin, ça vient de près, ça vient du ventre, c'est des enfants-tableaux.
 
Un vert anglais part dans le ciel mais la lumière est torturée. Le rouge, ce n'est pas le sang, c'est l'histoire au-delà des larmes coulées, plus loin que les prophéties. Le rouge en trois points verse la sagesse, une vérité, à l'horizon, en bout de terre, en bord d'eau trouble. Mais la vérité c'est quoi ? Que raconte la terre ? Quelle énigme au sein du nuage ? Est-ce qu'il passe ? Est-ce un merveilleux nuage ?
 
C'est l'or les yeux levés, l'ambre les yeux rivés, les richesses et Baudelaire n'est pas loin.
 
C'est une chevelure ancienne, diaprée, ce sont des âmes sages, elles parlent au creux des voix ancestrales. Écoute : ça résonne. Écoute. Le silence. Écoute. Les vents. L'homme. La flûte. Les cris victorieux des grands oiseaux. La flûte la flûte. Écoute. Elle érotise l'esprit. Elle érotise le corps. Elle érotise la terre. Elle chante une harmonie.
 
Il y a des traces invisibles mais le tableau les efface, une louve hante la matière, il y a des traces mais le peintre les masque, il cache la louve, il ne la risque pas. Il maintient l'harmonie.


Sur la voie des ancêtres, à partir des tableaux de Cédric Monpouillan : link



Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : papierlibre
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Samedi 8 août 2009
                                      Oh fais-moi mal Lisa...


   Lisa t'es dans La Lune. Ronde. Pleine.
 
Lisa les notes, longues, brèves, sans anicroche m'accrochent, me crochent et me crochètent. Lisa dans tes silences entre deux cris éraillés, des écorchures, Lisa ta voix, Lisa ta voie, ce chemin-mélodie, Lisa tu erres dans les aires doubles de ton nom.
 
Bref, ample, le son entoure le rond de Lune. Fly me to The Moon, notes rondes dans une ronde de nuit et la nuit danse malgré moi.
 
Lisa ton chant aux mille branches de bronze, de cuivre, d'étain, stridule, casse, pique, au bout des branches les épines.
Elles protègent l'astre-bulle, entourent la boucle bouclée et ne la crèvent pas.
 
Lisa l'éclat du bleu de nuit ne nous nuit pas, tout brille sur la toile sans étoile, c'est du luxe l'arbre en relief, un trésor nécessaire, je ressens l'or noir, fais-moi mal Lisa Lisa, moi j'aime un tableau qui fait bleu...


Lisa's, un tableau de Cédric Monpouillan : link





Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : papierlibre
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Lundi 27 juillet 2009
  Quelquefois vous croisez des personnes dont l'expression vous plaît. Quelquefois votre expression leur plaît aussi. Quelquefois ça se passe en simultané. Et les expressions se complètent.

  Ce n'est pas la première fois que j'évoque ici le cinéma de Didier Laroche, ses courts métrages, ses mots, oui parce qu'inutile de vous dire que l'image ça ne peut pas se passer de la parole, enfin, aujourd'hui ça ne se fait plus et si on y réfléchit, même au temps du cinéma muet, il y avait ces pancartes qui parlaient à la place du son. Elles avaient le charme de ces biscuits secs gravés chacun d'un mot ou deux. Le charme indéniable, indiscutable, mais pour le goût on a fait des progrès...

  Digression quand tu nous tiens... J'aime l'écriture de Didier Laroche, son écriture au sens large. S'il écrit de bonnes nouvelles, il écrit aussi de très beaux scénars. J'avoue que l'écriture cinématographique me ramène inlassablement à celle de Duras et moi, Duras, je considère qu'en matière de phrasé, c'est une diva.

  Didier Laroche vient de terminer la réalisation d'un nouveau court métrage, Regards échangés entre deux tapas. Il s'agit d'un film
élégant, réaliste, aux dialogues finement ciselés. Je n'ai pas vu le temps passer en le visionnant et j'en aurais bien repris pour deux heures. Les images n'agressent pas le regard, elles ne sont ni tristes ni trop joyeuses, elles empruntent leurs couleurs à la réalité, à l'occasion la folie d'un rose vif et chatoyant se glisse dans la péllicule.


  Je vous propose de voir ce petit bijou sur la page dailymotion de Didier Laroche : link


Par Cathouche - Publié dans : La gazette - Communauté : La gazette des blogs
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Samedi 11 juillet 2009
  Juste pour partager...

L'album d'Iggy Pop, Préliminaires, est le fruit de sa lecture du roman de Michel Houellebecq La possibilité d'une île.







Par Cathouche - Publié dans : La gazette - Communauté : La gazette des blogs
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Livres

 Et sans les mains te toucher
Le lien pour cet ouvrage :  link




 

Les textes cadeaux

Un texte de co errante, L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.


Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.


co errante,

Pour Cathy / Acteplume


Un texte de Blue Jam, Bleu

Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.


Un texte de Mimi, Cathounille

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie… 


cathoune.JPG 


Un texte de Chrystelyne, Du bleu à l'âme


Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !

 

  Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume !  Ça piaille  en tout sens ! Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?

 

J’ai des bleus à l’âme, moi !  Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan  et d’espace  outremer !  Alors ventrebleu !   Du balai !   Et allez voir ailleurs  parbleu que je puisse offrir  mes services à cath !

 

Laissez- moi me nourrir du chuchotement  topaze  de ses soupirs, du murmure cobalt  de ses rêves, de sa respiration marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !

 

Et je décrocherai pour elle l’azur du  ciel  et je le  plongerai dans le turquoise méditerranéen  et j’en ramènerai sur des vagues de papier  aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête,
des mots bleus !




 

Mes nouvelles en audio

  Sur le site Bonnes nouvelles, Nicole Hamann lit J'étais à la fenêtre et je vous ai vus, une de mes rares nouvelles policières, présentée au concours ACLA 2007, lue au théâtre d'Antibes à cette occasion (en ligne également sur Oniris et sur L'Etre.

                      Pour écouter, c'est ici :
link

  Sur le site Oniris, Titefee lit La rose d'encre.

                      Pour écouter, c'est ici  :
link

  Titefee lit Gazel oriental, toujours sur Oniris. 

                      Pour écouter, c'est ici :
link


                            Merci Titefee et Nicole d'avoir prêté vos voix à mon écriture.
                            Je recommande particulièrement ces sites de grande qualité.

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