Un texte de co errante, L'acte plume
L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.
L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.
Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs. Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette
simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.
Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.
Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau
cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.
Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est
aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.
Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes,
d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.
La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
Et cadeau. Même mortel.
Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
co errante,
Pour Cathy / Acteplume
Un texte de Blue Jam, Bleu
Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un
bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est
un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.
Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite.
Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.
La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre
quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.
La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu.
C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.
Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie.
Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !
Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon
choix.
Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.
Un texte de Mimi, Cathounille
Un surnom qui rime avec chenille. Celui
d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde
or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour
indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse
lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite
nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de
champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois
s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
Un texte de Chrystelyne, Du bleu à l'âme
Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !
Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume ! Ça piaille en tout sens !
Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?
J’ai des bleus à l’âme, moi ! Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan et d’espace
outremer ! Alors ventrebleu ! Du balai ! Et allez voir ailleurs parbleu que je puisse offrir mes services à
cath !
Laissez- moi me nourrir du chuchotement topaze de ses soupirs, du murmure cobalt de ses rêves, de sa respiration
marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !
Et je décrocherai pour elle l’azur du ciel et je le plongerai dans le turquoise méditerranéen et j’en
ramènerai sur des vagues de papier aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête,
des mots bleus !
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