Acteplume

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Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !

 

  Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume !  Ça piaille  en tout sens ! Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?

 

J’ai des bleus à l’âme, moi !  Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan  et d’espace  outremer !  Alors ventrebleu !   Du balai !   Et allez voir ailleurs  parbleu que je puisse offrir  mes services à cath !

 

Laissez- moi me nourrir du chuchotement  topaze  de ses soupirs, du murmure cobalt  de ses rêves, de sa respiration marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !

 

Et je décrocherai pour elle l’azur du  ciel  et je le  plongerai dans le turquoise méditerranéen  et j’en ramènerai sur des vagues de papier  aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête, des mots bleus !

 

Chrystelyne

Le jardin d’écriture : http://chrystelyne.over-blog.com/

 

par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   
Moi, mes yeux fatigués aux couleurs incertaines
Où se glissent encore des rêves d’absolu,
Avec de fines rides qui accrochent leurs peines
Là où des perles d’eau partent vers l’inconnu…

Un visage où les ans n’ont pas laissé leur trace
La rondeur s’est posée adoucissant les traits,
Des cheveux blonds volant au vent qui les agace
Et la neige poudreuse qui vient s’y déposer…

Une bouche menue avec aux commissures
Un pli dur que la vie a creusé sans compter,
Mais un rire qui fuse quand le plaisir perdure
Et que l’espoir revient balayant les regrets…

Un corps que les années ont su remodeler
Pour lui donner des formes à la douceur extrême,
Et ma peau que tes mains ont aimé caresser
Quand avec des baisers tu me disais « je t’aime »…

Des seins lourds qui n’ont plus cet air d’impertinence
Quand ils pointaient au ciel l’orgueil de leurs vingt ans,
Mais dans la volupté toute la différence
Que des bouches d’enfants ont modulé vraiment…

Si je vois aujourd’hui cette image vieillie
Et que dans mon miroir je n’ai plus l’espérance,
D’être à nouveau la fille que tu trouvais jolie
Je revois ma jeunesse au travers d’une danse…

Des jambes que les bas fuselaient dans leur soie
Alors qu’elles s’exhibaient sur des talons de rêve,
S’agitant sur ces pistes où les hommes font loi
Pour affoler leurs sens dans la minute brève…

Et dans tout ce portrait inutile et fugace
Se trouve un doux endroit que j’ai su préserver,
Il contient en secret ta voix en espérance
Et avec son soupir le bonheur d’être aimée…

Ce cœur je l’ai offert à celui qui ce soir
Va refermer ses bras sur cette longue histoire,
Et je vais m’endormir sans avoir peur du noir
Car je sais qu’avec lui s’apaise ma mémoire…


Retrouvez les écrits de Fugitive sur Oniris

 
http://www.oniris.be
par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (4)   
 
  Je relève le défi du mois de mai lancé par les équipières de
  La gazette des blogs...

http://lequipedechoc.over-blog.com

"Il s'agit d'écrire une lettre de haine ou de mépris, une lettre noire et agressive, sombre et violente, désespérée aussi éventuellement puis la réponse. Comment répondra l'autre? Par la haine aussi, par le mépris, par la violence? Ou bien par l'humour? Ou encore par l'amour?"

Première lettre, La lettre de N.

 
Je te méprise. Puisqu'à travers ta main il m'est donné de dire, alors je peux te l'avouer, je te hais. Crois-tu qu'il était souhaitable de révéler mon âme noire à la lumière ? Que m'ont apporté les centaines de pages que je t'insufflai, sinon rien ?
Je te déteste, je me fous de ton monde bleu, de ta mer dont l'onde changeante révèle en bord de crique le brun verdoyant de mes yeux, je me fous de toi, je te tourne en dérision, je te montre du doigt, je me fous des effets de ton écriture, ne doute jamais de cet effet-là, je ne te fous pas et tu dois trouver ça dommage, j'en fous d'autres mais des autres je me fous aussi, moins que de toi cependant. Je suis la majuscule à l'index, la lettre noire, la lettre de haine, l'aine proche de la foutaise, du foutre.
Je fus muse joli museau musette et muselière, muse lierre, je suis la muse qui s'en va toute seule tu ne me congédies pas. J'inspirerai d'autres stylos, tu n'as pas le monopole de l'écriture.

Deuxième lettre, Chère Muse,

  Je te découvre bien courroucée, que t'ai-je fait ? J'ai allumé la lumière ? Il a pour cela fallu que tu appelles l'électricienne, faut dire que je m'y connais en câbles et en fusibles, et puis, dans les cas extrèmes comme celui qui nous unit (passé simple) j'ai pu utiliser cette lampe confiée par le Génie. Pour obtenir une petite flamme il suffit de souffler, mais attention, faut pas souffler trop fort. Moi j'ai usé deux voeux contenus dans la lampe, ils ont été exaucés, un voeu fais gaffe faut que ce soit bienveillant, enfin je dis ça je dis rien, je le dis parce que tu vois le troisième voeu je te le laisse, au pire si t'en veux pas, balance-le dans une bouteille à la mer, l'imprévu ça fera toujours un heureux.
Bon vent et tiens bon la barre !


par Cathouche publié dans : La gazette communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (7)   

  Je m’appelle Carabosse, et je vous fais parvenir par la présente mon profil de poste et mes lettres patentées pour le poste de Muse que vous proposez.


* Profil de poste :

 Bon Carabosse a été Muse chez Virgile Mega Stores. Oui vous savez chez  Ricardus Bransonus lequel a parlé d’une manière élogieuse du profil "hypercarabossien", objectif qualité à atteindre pour tous les salariés dans le groupe, pour reprendre son expression. Fameuse.

  Son travail n’était pas de tout repos non plus.

 Voyez là, sous l’usine, c’est le chemin du Tartare qui conduit aux eaux de l'Achéron. La fange vaseuse bouillonne, en un vaste tourbillon, au fond d'un gouffre agité dégueulant tout son limon glauque dans le Cocyte. C'est une nochère redoutable pas donnée qui surveille ses eaux et ses fleuves : d'une saleté effrayante, repoussante, c'est Carabosse ! La Muse araignée. Des poils blanchâtres hirsutes sans soin lui pendent au menton, aux mollets. Eux. Un feu immobile mange ses yeux, une salopette malpropre est retenue sur ses épaules par un nœud moitié défait. Surfait. Elle pousse elle-même l’esquif à la gaffe, sans attention aucune, manœuvre les voiles, transporte les corps des auteurs salariés dans sa barque de fer. Rouillée. Elle est déjà âgée, mais de la vieillesse encore vive et verte d'une satanée déesse. Patchée éros - et rictus.





 * Lettres patentées :

 . Avis déposé par co errante 07/04/2007 23:14:14
Carabosse... Tu gèles à 19 fulgures ? Ou tu comptes surgir au niveau 1 ?

 Réponse de la nochère :
Nan merci co, je suis bien, là, à mon niveau réel...

. Avis déposé par Citharista Pepa 07/08/2007 02:50:44
Dans la shoutbox quand tu me chantes la sérénade (Oh, Pépita), dans les forums quand tu te fais poètesse, dans les textes quand tu es auteure, au final, tu es là, agitant ta baguette ... magique dans un royaume féérico-fulgurien. Ne change pas :) Surtout ne change rien.

Ps1 : Fais gaffe à co errante, elle vend du pâté périmé !
Ps2 : Ne te fie pas à l'heure du commentaire, y'a le décalage !


  Réponse de la nochère :
Eh bien merci de cet avis Pépita. Cela consolide un moral un peu oscillant quelquefois. Mais je garde ma braguette pour l’instant…

:)

. Avis déposé par Citharista Pepa 07/08/2007 02:51:47
Du coup le jour est décalé :)

 Réponse de la nochère :
Quant à l’heure des avis, si c’est celle de Marseille, ou de Nice, un peu amusée, je vois bien le tableau…

 

 

 

co errante : http://imprompt-tu.over-blog.org/

Pépita :  http://citharista-pepa.over-blog.com/

Carabosse est actuellement en préavis  : http://un-cavalier.over-blog.com/ 

 

par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (3)   
  Par la présente, absente, je me permets de vous recommander de ne pas me recommander. Je suis une avare de mots, pas fine et fainéante, une muse pas marrante, une associée associable, une auteuse malheureuse. Tout en moi vous desservirait. Je n’aime pas m’abaisser pour relever des défis et suis même capable du contraire, à savoir m’élever contre tout  pour foutre en l’air des idées. J’ai la plume dure, rêche, noire et terne, voire s’éternisant sur des sujets peu clairs. J’ai horreur de la flûte traversière, lui préférant les li d’écriture très cons. Je mettrais un point d’honneur, là où vous n’y verriez que fourberies. Et n’écrirais que deux points alors qu’il faudrait en lire beaucoup plus. Ma curiosité est mal placée, je ne trouve toujours que ce qu’il ne faut pas. Vos livres seraient ainsi dénichés et qui sait, ignorés, ou déchirés, ou délogés puis adorés en un gros feu de joie. Je suis dérangée, n’ai aucune notion du temps, du tant, suis toujours dans le trop ou pas assez, ici, ailleurs ou là-bas et aussi là où on ne m’attends pas. Allez donc voir si j’y suis, pour m’éviter, moi qui vous ferais chanter. Pas la peine de me chercher, je ne vous serais d’aucun salut. Là est votre salut.


co errante
http://imprompt-tu.over-blog.org
par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (6)   

  Je suis un être de débauche, à l'image de tous et de toutes lorsque je regarde chacun consciencieusement.
Je me recommande à mon miroir, chaque matin devant ma glace, devant ma face, mais j'avoue ne plus y croire.
Je me souviens d'un temps ancien, si loin de moi… j'étais un autre. Je recrutais, sélectionnais des corps humains, du beau bétail à l'ambition considérable.
Ah, l'ambition mes doux amis, comme elle nous perd mais comme elle sert à l'occasion!
J'étais là-bas, dans l'autre monde, celui nommé Province. Nous l'appelons ainsi, nous parisiens, histoire de rester polis et courtois comme il se doit.
Mais à la vérité, vous n'êtes pas la France. Ni dans nos cœurs ni dans nos yeux, tout juste une ribambelle de colonies qui nous permettent de nous penser plus grand, plus fort lorsque nous pensons le monde sur l'une des rives de notre seine.
Seuls vos paysages nous intéressent, comprenez-le, digérez-le… malheureusement.
Le président est à Paris, dans notre ville. Ses comptes en banques, votre avenir, notre présent, tout est ici et s'y décide, près de la station « Franklin D. Roosevelt » exactement, juste au dessus de notre  métro,  à deux pas seulement de l'ambassade américaine.
Il est muré chez nous, enfermé qu'il est dans son palais, et n'entend que notre bruit, point le silence de vos champs ni le souffle des vagues que nous rêvons pour nous bercer.
D'ailleurs, n'est-ce pas à l'étranger qu'il se prélasse pour entendre ces dernières, les savourer, voire y plonger ?
Une colonie, c'est trop vulgaire, bien trop commun pour qui se veut au-dessus du lot, au-dessus de l'eau.
Toute la pub est parisienne, l'actualité aussi. La star Ac, vos téléfilms, tout ce que vous voyez et croyez du monde entier via votre écran se fait ici et s'y décide, est planifié, déterminé cavalièrement, avant d'être jeté en pâture dans vos demeures nonchalamment. Nous sommes partout, autour, chez vous, en vous, encerclés que vous êtes malgré le sol géographique, envahisseurs que nous sommes et ce, de toute évidence.
Vous n'existez pas dans notre quotidien… sinon sur des cartes postales agrémentées de séjours à la carte tout frais compris. Même nos demeures secondaires, celles que nous nous attribuons sur vos terres, n'est-ce pas, vous ignorent. Elles ne sont que des refuges, un traitement médical parmi d'autre, histoire que nous reprenions des forces, de l'énergie et du soleil pour mieux rentrer chez nous et y rester.
Mais vous, ce que vous êtes, qui vous êtes, combien d'entre nous s'en préoccupent, s'y intéressent, que nous soyons ou non présents dans vos rues, sur vos plages ou vos montagnes ?
Paris est notre seule France comprenez-vous ? Même notre banlieue n'est qu'un résidu de civilisation pour notre égo. Pourtant elle est ce truc qui nous ressemble comme deux gouttes d'eau sont des jumelles. Jamais nous ne serons ensemble cependant...
Voilà, être parisien c'est un vrai boulot, à temps plein. Les 35 heures n'existent pas, c'est toute l'année, toute la vie, quitte à se perdre. Aussi je veux me recycler, recommencer à vivre en dehors des rêves du petit écran.
Alors embauchez-moi s'il vous plait, où que soit votre colonie. Je saurai écrire sur vos vagues, vos champs, vos ruelles et vos montagnes.
Laissez-moi une petite chance…
Une seule…

Hicham
http://club-jade.over-blog.com



par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (1)   
  La première fois que je l'ai vu, j'ai su que je le détesterais. C'était un crâne. Un crâne lisse, lui¬sant, un oeuf rose méticuleusement frotté, lavé, bichonné au savon à la glycérine. Le crâne se mut vers l'arrière. Rien, pas un pli, ne délimitait le front. Deux petits yeux inquisiteurs me percèrent de part en part. La bouche, orifice sombre cerné de poils de barbe poivre et sel, presque sans bouger, s'entrouvrit et partit d'un Asseyez-vous distancié. Ce que je fis, mal à l'aise. Stupide! car après tout, ce n'est qu'un homme... et encore!, me dis-je. Si t'es impressionné, imagine-le aux toilettes, le pantalon sur les chevilles, l'oeil hagard et les joues grimaçantes sous l'effort de la pression exercée (conseil d'un ami expérimenté). Réussi! Enfin, presque... Je fixai les petits yeux inertes et la bouche maintenant disparue sous les poils courts de porc-épic. Monsieur Girault, Directeur de l'Institut Saint-Guy, section psychiatrie, était assis, les coudes appuyés sur ses genoux cagneux et la graisse fessière débordant de la planche des waters. Le spectacle! Je ne pouvais maî¬triser le sourire qui naissait en moi. Je le retenais de partout. Je le sentais poindre sur mes lèvres et sur¬tout dans mes yeux qui devaient briller, plus vifs. Les siens demeuraient secs. La bouche était gelée, les fesses serrées (ça, je l'avais deviné au froncement des sourcils qui accompagne toujours ce geste). Les yeux couraient sur mon Curriculum Vitae et les sourcils se resserraient de plus en plus formant un double sillon au milieu de la plaine lisse du front. Moi, concentré, j'imaginais toujours les fesses au bord de la crampe. L'orifice buccal s'ouvrit sur des dents jaunies, couleur cigare roulé main, genre Cuba.
- Pas d'expérience?
Difficile... je sortais de l'école (enfin!), j'avais appris beaucoup de choses (inutiles!), j'avais fait des stages (exploitation, oui!), j'avais surtout l'envie d'exercer ce métier d'éducateur spécialisé (faut bien ga¬gner sa vie!), j'étais décidé à y consacrer tout mon temps, même mes loisirs (là, j'exagérais!), je voulais...
Il me coupa. M'arrêta.
- Permettez!
Il décrocha le téléphone, appuya sur une touche. J'étais moi-même étonné d'avoir parlé ainsi, sans hésitation, avec une telle conviction, un tel sérieux, j'avais même oublié un instant l'image du gros bonhomme sur les toi¬lettes.
- Alice, à quelle heure encore ma rencontre avec le représentant de matériel médical? ... Rappelez-moi l'adresse du restaurant, je vous prie ... Vous connaissez? ... Que valent les ris de veau? Ils sont bien frais? ... Si vous n'avez rien d'autre à faire, accompagnez-moi ... Mais non ... bien au contraire ... (Gros rire) tout à l'heure ... non, je ne suis pas seul ... tout à l'heure ...
Il raccrocha. Resta un instant songeur. Puis, se souvenant de ma présence:
- Ainsi, vous n'avez aucune expérience!
J'eus alors la certitude d'avoir parlé à un mur d'indifférence, un mur de toilettes qui voit défiler un tas de gens, des femmes précieuses redevenues un instant naturelles, des hommes vulgaires face à leur ordi¬naire, des enfants infernaux enfin calmés, un Directeur d'institut psychiatrique définitivement constipé... Le sourire me revint et écarta la colère qui bouillonnait en moi.
- Non, Monsieur le Directeur. Je compte sur cet emploi pour faire mes premiers pas dans la profession.
- Je vois, je vois...
Il ne voyait rien du tout, il ne me regardait même plus. Je vois! Moi aussi je te vois. T'es ridicule! Tu t'y crois parce que tu diriges. Mais t'es qu'un type comme tout le monde. Tire la chasse!

Ernest J. Brooms

Pour le plaisir d'écrire : http://www.broomse.com

Nouvelles d'ici et d'ailleurs
par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (7)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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