Le temps d'une gitane...
As-tu déjà fais l'amour avec un violon ?
Ederlezi. Joue pour moi, ça coule sur mon joug, ça gicle dans mes veines, ça suinte dans mon encre en fracas de velours noirs.
Ederlezi. Cri gitan et l'archet ne me fait pas forcemment du bien, ou il m'en fait, mais de l'archet je ne me délie.
Quelqu'un doit arrêter cet air que je respire, ce soupir que je pousse, ce silence entre mes mots. Mais il n'y a pas de mots sans ta musique.
J'avais perdu les larmes, je ne les voulais pas. Il y a des notes, elles inondent ma peau et sans avoir bu je les verse comme une soularde. C'est l'âme slave. Mes crispations l'avaient
muselée.
Quelqu'un doit jouer cette musique pour que je respire et l'expulse en soupirs, lettre après lettre, jusqu'à écrire sans presque plus de mots, entre une pause et trois silences...
Quelqu'un doit. Pour une tzigane de cristal, avant qu'on ne la bouscule autrement et qu'on la casse sans l'avoir brisée en mille éclats de sons.
Quelqu'un doit. Parce qu'il n'y a pas de glu pour la transparence.
Ederlezi. Jeu de cristal.
Et reveiller la joueuse de mots.
Merci Pierre-Luc de me rappeler que cette musique et seulement celle-là, ces violons-là, cette musique seulement est celle qui va bien avec les
mots...
Par Cath, Cathouche
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Je l'ai... Je l'ai presque...
Il est là, installé, il est latent.
Il vient, douloureux. J'aimerais qu'il sorte, explosif, se développe, s'expose, s'exprime. Qu'on en finisse.
Il ne me lâche pas et tout au long du jour je ressens sa présence et il m'énerve. Vous savez, ça fait mal ce genre de chose, ça agace...
Je voudrais m'en défaire, être apaisée. Ce n'est pas si facile.
La nuit je m'endors les pensées perdues sur le bout de ma langue. Mes rêves me détournent de cette intérogation. Mes rêves sont un ailleurs.
Que peut-il être ? D'où vient-il ?
Pourquoi est-il une question insoluble ? Pourquoi cette réponse introuvable ?
Mettre le mot dessus.
Je l'ai. Je l'ai presque.
Il s'effraie de la moindre tomate, du plus doux gruyère. Blanc, si petit, presque invisible, si désagréable, si là, je suis à deux doigts de courir acheter de l'Extril. Que ma pharmacienne me
sauve, parce que vous savez, je l'ai sur le bout de la langue...
Par Cathouche
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Je ne voudrais pas que tu te moques
Quand tu la prendras dans tes bras
Que tu dénigres mes paroles
En la serrant fort contre toi
Je ne voudrais pas que tu les cognes
Ces mots cousus juste pour toi
Quand elle rira contre ta gorge
Te promettant qu’elle t’aimera
T’aimera-t-elle dans le silence
Dans ce dénie et ta méfiance
T’aimera-t-elle comme je fais
Sans penser rien te reprocher
T’aimera-t-elle depuis longtemps
En t’acceptant tel que tu es
Et tes ivresses
Et ta détresse
Et ma détresse
En mots
Caresses
Au futur simple conjuguées
Présentes et sans vindicatif
J’aimerais être quelque chose
Ne serait-ce qu’une parmi les autres
Avoir ta voix qui dans ma voie
Une ou deux fois sur douze mois
Une ou deux fois sur douze, moi
Je voudrais bien qu’on te le dise
Qu’à l’impossible nul n’est tenu
Je ne voudrais pas que t’imagines
Que je n’ partirai pas pour toi
Tu es le seul pour qui j’estime
Qu’il faut savoir faire ce choix
Je ne voudrais pas que tu te moques
Quand tu la prendras dans tes bras
Que tu dénigres mes paroles
En la serrant fort contre toi
Par Cathouche
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Les mots volés aux oiseaux...
Cette promesse soufflée,
Murmurée,
Les mots volés aux oiseaux
J'ai entendu l'absence
Et le silence
Tu as joué les notes
Si le vent ne les a portées
Elles sont venues
A dos d'hirondelle
Le jour ne viendra pas où je ne t'aimerai plus,
Le jour ne viendra pas où je ne t'écrirai pas,
Je ne serai jamais lasse de tes effets,
Et tant que je respire,
Et même après,
J'écris,
Je dis
Je t'aime.
Par Cathouche
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Texte à la demande d'une fulguriste...
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Les plus belles histoires sont celles qui commencent mal" Faïza Guène.
La nôtre avait plutôt bien commencé...
Rien. Presque. Une réalité.
Je me couche. J'ai une chaussette trouée. Tu ne me fais pas rêver. Je suis consciente de la réciprocité.
Un rêve.
Un homme les yeux gourmands. Un homme, grand, puissant, ou pas, n'imaginons pas qu'il soit beau, mais il est imprévu disons, un homme qui en a envie, qui m'incite, m'invite, excite, dessine mes
dentelles noires, rouges, lacées, nouées, ajourées, bas de soie, bas de soi, bas de soi-disant, en passant, un passant, un homme, un bras, des muscles, ou pas, la peau de ce bras, fine, belle, la
peau tendue et le sexe bandé. Des cuisses à l'ardeur devinée.
Une réalité.
Tu te couches. Sans les chaussettes usées. L'ardeur élimée. Je ne suis pas ton rêve. Ni ennemis ni complices. Indifférents ?
J'ai une chaussette trouée. Je ne vais pas la repriser. Je me tourne. Je dors.
Et la jeter, c'est gaspiller ?
Par Cathouche
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Texte très court écrit pour relever le défi lancé par une auteure de Fulgures.com...
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Le genre qui, le genre de, le genre... mon genre...
Je connais le genre d'homme auquel tu appartiens.
Le genre qui emballe au début et donne à croire que je suis merveilleuse, le genre qui dévisage dévore bouffe avec les yeux bouffe avec la voix. Le genre qui me donne à croire.
Je te reconnais.
Toi t'es super fort, tu mets le temps qui te va, tu passes pas par la case je couche histoire que je me tape l'illusion débile d'être belle et celle et telle, non, tu sautes le cas intime pour
conclure au final ma fille t'as des manières de, des manières qui, t'as pas de manière, de classe, t'as de la chance, je suis indulgent, bienveillant, mais vraiment ça me plaît pas
tes manières de
ces manières qui
ta manière.
Par Cathouche
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