Acteplume

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Commentaires


 

Le temps d'une gitane...

  As-tu déjà fais l'amour avec un violon ?

Ederlezi. Joue pour moi, ça coule sur mon joug, ça gicle dans mes veines, ça suinte dans mon encre en fracas de velours noirs.

Ederlezi. Cri gitan et l'archet ne me fait pas forcemment du bien, ou il m'en fait, mais de l'archet je ne me délie.

Quelqu'un doit arrêter cet air que je respire, ce soupir que je pousse, ce silence entre mes mots. Mais il n'y a pas de mots sans ta musique.

J'avais perdu les larmes, je ne les voulais pas. Il y a des notes, elles inondent ma peau et sans avoir bu je les verse comme une soularde. C'est l'âme slave. Mes crispations l'avaient muselée.

Quelqu'un doit jouer cette musique pour que je respire et l'expulse en soupirs, lettre après lettre, jusqu'à écrire sans presque plus de mots, entre une pause et trois silences...

Quelqu'un doit. Pour une tzigane de cristal, avant qu'on ne la bouscule autrement et qu'on la casse sans l'avoir brisée en mille éclats de sons.

Quelqu'un doit. Parce qu'il n'y a pas de glu pour la transparence.

Ederlezi. Jeu de cristal.
Et reveiller la joueuse de mots.


  Merci Pierre-Luc de me rappeler que cette musique et seulement celle-là, ces violons-là, cette musique seulement est celle qui va bien avec les mots...

Par Cath, Cathouche - Publié dans : Musique - Communauté : La gazette des blogs - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

En ligne sur :

http://www.fulgures.com


Je l'ai... Je l'ai presque...


Il est là, installé, il est latent.

Il vient, douloureux. J'aimerais qu'il sorte, explosif, se développe, s'expose, s'exprime. Qu'on en finisse.

Il ne me lâche pas et tout au long du jour je ressens sa présence et il m'énerve. Vous savez, ça fait mal ce genre de chose, ça agace...

Je voudrais m'en défaire, être apaisée. Ce n'est pas si facile.

La nuit je m'endors les pensées perdues sur le bout de ma langue. Mes rêves me détournent de cette intérogation. Mes rêves sont un ailleurs.

Que peut-il être ? D'où vient-il ?

Pourquoi est-il une question insoluble ? Pourquoi cette réponse introuvable ?

Mettre le mot dessus.

Je l'ai. Je l'ai presque.

Il s'effraie de la moindre tomate, du plus doux gruyère. Blanc, si petit, presque invisible, si désagréable, si là, je suis à deux doigts de courir acheter de l'Extril. Que ma pharmacienne me sauve, parce que vous savez, je l'ai sur le bout de la langue...




Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires


Publié sur Fulgures.com à la demande d'une fulguriste...

http://www.fulgures.com/



Je ne voudrais pas que tu te moques
Quand tu la prendras dans tes bras
Que tu dénigres mes paroles
En la serrant fort contre toi

Je ne voudrais pas que tu les cognes
Ces mots cousus juste pour toi
Quand elle rira contre ta gorge
Te promettant qu’elle t’aimera

T’aimera-t-elle dans le silence
Dans ce dénie et ta méfiance
T’aimera-t-elle comme je fais
Sans penser rien te reprocher

T’aimera-t-elle depuis longtemps
En t’acceptant tel que tu es

Et tes ivresses
Et ta détresse
Et ma détresse
En mots
Caresses
Au futur simple conjuguées
Présentes et sans vindicatif

J’aimerais être quelque chose
Ne serait-ce qu’une parmi les autres
Avoir ta voix qui dans ma voie
Une ou deux fois sur douze mois
Une ou deux fois sur douze, moi

Je voudrais bien qu’on te le dise
Qu’à l’impossible nul n’est tenu

Je ne voudrais pas que t’imagines
Que je n’ partirai pas pour toi
Tu es le seul pour qui j’estime
Qu’il faut savoir faire ce choix

Je ne voudrais pas que tu te moques
Quand tu la prendras dans tes bras
Que tu dénigres mes paroles
En la serrant fort contre toi



Par Cathouche - Publié dans : slams - Communauté : Poésie contemporaine - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires



Dans la rubrique Poésie de :

www.fulgures.com/



Les mots volés aux oiseaux...


Cette promesse soufflée,
Murmurée,

Les mots volés aux oiseaux

J'ai entendu l'absence
Et le silence

Tu as joué les notes
Si le vent ne les a portées
Elles sont venues
A dos d'hirondelle

Le jour ne viendra pas où je ne t'aimerai plus,
Le jour ne viendra pas où je ne t'écrirai pas,
Je ne serai jamais lasse de tes effets,


Et tant que je respire,

Et même après,

J'écris,

Je dis
Je t'aime.

Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Texte à la demande d'une fulguriste...

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Les plus belles histoires sont celles qui commencent mal" Faïza Guène.

La nôtre avait plutôt bien commencé...


Rien. Presque. Une réalité.

Je me couche. J'ai une chaussette trouée. Tu ne me fais pas rêver. Je suis consciente de la réciprocité.

Un rêve.

Un homme les yeux gourmands. Un homme, grand, puissant, ou pas, n'imaginons pas qu'il soit beau, mais il est imprévu disons, un homme qui en a envie, qui m'incite, m'invite, excite, dessine mes dentelles noires, rouges, lacées, nouées, ajourées, bas de soie, bas de soi, bas de soi-disant, en passant, un passant, un homme, un bras, des muscles, ou pas, la peau de ce bras, fine, belle, la peau tendue et le sexe bandé. Des cuisses à l'ardeur devinée.

Une réalité.

Tu te couches. Sans les chaussettes usées. L'ardeur élimée. Je ne suis pas ton rêve. Ni ennemis ni complices. Indifférents ?

J'ai une chaussette trouée. Je ne vais pas la repriser. Je me tourne. Je dors.

Et la jeter, c'est gaspiller ?

Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Texte très court écrit pour relever le défi lancé par une auteure de Fulgures.com...

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Le genre qui, le genre de, le genre... mon genre...


Je connais le genre d'homme auquel tu appartiens.

Le genre qui emballe au début et donne à croire que je suis merveilleuse, le genre qui dévisage dévore bouffe avec les yeux bouffe avec la voix. Le genre qui me donne à croire.

Je te reconnais.

Toi t'es super fort, tu mets le temps qui te va, tu passes pas par la case je couche histoire que je me tape l'illusion débile d'être belle et celle et telle, non, tu sautes le cas intime pour conclure au final ma fille t'as des manières de, des manières qui, t'as pas de manière, de classe, t'as de la chance, je suis indulgent, bienveillant, mais vraiment ça me plaît pas

tes manières de

ces manières qui

ta manière.


Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : papierlibre - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 
  Co errante fait partie de mes auteurs préférés et les habitués d'Acteplume le savent déjà. Chez elle, je me sens chez moi, toujours bienvenue, accueillie par des textes qui me touchent et m'enchantent. Elle dit aussi que sur Acteplume elle se sent chez elle. Elle est chez elle. Ses visites sont des bouffées d'air frais. C'est fête quand elle vient ou quand je lui tiens compagnie.  

Co errante me réserve toujours des surprises de taille. Je me souviens de ma joie lorsqu'elle m'a offert ce texte pour mon blog, L'acte plume. Discrète, lundi dernier, elle m'a fait ce beau cadeau de consacrer à mon recueil un article que je vous laisse découvrir à cette adresse :

http://imprompt-tu.over-blog.org/article-23471222.html

Merci co...

Par Cathouche - Publié dans : La gazette - Communauté : La gazette des blogs - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Livre



         

  La Ciotat, Le Bec de L'Aigle

Merci Clara pour la photo de couverture de mon livre que l'on peut désormais retrouver ici : link  

La rose d'encre en audio


TITEFEE, plume talentueuse qui publie sur Oniris, a pris ma nouvelle, La rose d'encre  link
pour l'animer de sa voix. Merci TITEFEE.

Musique de fond : Romance, Mozart.

                                                    


L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

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