Acteplume

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  Beautiful like a rainbow ...

  Je ne voulais plus en parler mais j'ai entendu la chanson.
Elle remplissait l'espace. Je t'assure que j'ai lutté. J'ai fermé les yeux comme pour empêcher tes vraies couleurs de prendre à nouveau possession de moi.

Il y a ce noir, une profondeur. Si elle devient celle des sentiments je suis parfaitement d'accord. Je plongerai dans le noir, dans la nuit, noire. Approche sensuelle. Aussi.

Il y a dans tes yeux ce camaïeu fabuleux qui décline le vert en soleil à l'infini. C'est ma lumière. Je ne trouverai pas le mot juste.

Il y a tous les bleus qui nous vont bien, entre ciel et mer, pour un dream in blue.

Il y a les ocres d'un feu qui ne demande rien d'autre qu'à être animé, qui sait ...

Et le sang bouillon d'un maître d'âme.

Et l'horizon perlé. Nacre. Sublime.

Et.

Au bout du chemin.

Et.

Pendant qu'on chemine.

Il y a ...

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   

  Mais si tu crois un jour que.

  Au bout du téléphone il y a votre voix ...

Surtout ne pas déranger, ne pas composer le numéro.

Mais il est dans mon répertoire, pas caché, au même titre que ces numéros amis que je suis en droit de pianoter.

Composer, arranger les mots, enrouler les phrases, enlacer le mât de mon navire fantasmagorique. Hisser haut le texte infini que vous me soufflez, hisser mes couleurs et celle de vos yeux.

C'est la couleur que je chante sans lassitude. La couleur de l'espoir ?

Je m'arrime à ce lien long de milliers de kilomètres.

Dites-moi si nous sommes télépathes. Il me semble que oui.

Je suis sans frontières et vous êtes la muse mystérieuse qui murmure à mon oreille.

Murmurez, murmurez, jouez les notes amoureuses. Vibrent les arpèges en mélodies légères. Six fils tendus sur le bois rouge dont quatre de nylon. Musiques gitanes en arpèges parfois brisés, des cordes ceinture à ma taille, des cordes fines frôlent mes aréoles tendres ...

Au bout du téléphone il y a votre voix, si vous me permettez d'appeler je vous dirai je t'aime, peut-être ..

http://fr.youtube.com/watch?v=IK_vzXYoUzk 

William Sheller, Simplement. Ce n'est pas une erreur, juste une autre chanson...

par Cath, Cathouche publié dans : Musique communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (8)   

  Le mardi c'est le jour du bord de mer. L'après-midi pour la mer et moi. Prendre le bleu et la houle ronde, l'écume volontaire, bouillon, qui flanche molle en bord de sable vieux. Ce n'est pas l'été.

Le mardi c'est pour la mer et moi. Toute seule dans la voiture, mais si je veux y a la radio et même les disques. A regarder le bleu. Au finir d'octobre c'est un bleu de turquoise, aux accents jaunes. Un bleu nord. L'indigo est parti dans l'horizon de juillet. Un peu loin déjà, en début de ciel. Bientôt il se peut que je n'en retienne la couleur.

Je regarde cet homme aux cheveux blancs, mince. Il passe en rollers. Prudent mais sûr. Lent. Survêtement noir, genouillères discrètes. Elégant.

Sur la plage il y a de la place. Une belle fille court à la limite de l'eau. Elle croise un autre homme aux cheveux blancs, son chien, sa femme. Cet homme se tourne, lève les yeux au ciel, regarde autour. Il admire la fille, je le sais aussi bien que sa femme...

Le mardi, c'est pour la mer et moi...

par Cath, Cathouche publié dans : textescourts communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (7)   
Nature vivante, tableau, instantané...
 
 
 
 Elle pèse dans sa main le fruit doré. L'abricot déploie sa pulpe, suinte d'un jus qui s'annonce savoureux...
Du bout de sa langue d'enfant, elle goûte le suc parfumé...
 
 Fruits de saison, fruits de l'été, primeurs indécents sur les étals en bords de routes. Pêches rubescentes aux peaux douces, nectarines fermes, prunes ocrées, prunes violacées, abricots charnus et voluptueux...
 
 Fruits de saison, fruits de soleil, de plage... qui supplantent les agrumes concolores de l'hiver... Grappes de gros raisins ambrés, auréolins, délicatement sucrés...
 
 Cagette de petits melons entêtants posée sur la table de la cuisine... Pastèque rubiconde gonflée d'eau, dessert de nos repas de famille...
 
 Elle croque dans l'abricot éclatant avec une impudeur exquise, ce plaisir enfantin qui se moque des convenances, elle savoure le bonheur des beaux jours. Elle sourit. Elle est belle. Il fait beau. Les fruits sont délicieux. Les fruits de saison. Son sourire. Je suis bien.
 
par Cathouche publié dans : textescourts communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   
  Au détour de l’ancienne mairie, aujourd’hui les souvenirs s’entassent dans les bureaux transformés en archives, il faut bien un lieu pour ça, quand tu te lances après le rond-point, ça encadre la rue Piroddi, dans cette rue il y a mes joies, une douleur, mes joies, mais je n’en parle pas, alors après la boucle à la jetée, deux portes ouvertes sur les gréements proposent aux passants les asticots, les cannes, les combis de plongée. Tu traverses en deux pas, la serveuse te sourit, elle veux bien que tu t’assieds là pour prendre le café.

Aussi loin que je m’en souvienne, cet endroit s’appelle La Sirène. C’est mon berceau. J’entends les gens d’ici le dire : Viens boire un coup à La Sirène... Aussi loin que je me souvienne ma sirène était celle des chantiers, elle chantait le matin, elle chantait le soir, à cinq heures...

Elle battait au coeur de la ville, disait il est midi, s’accordait au clocher de l’église, la grande sur le Vieux Port, elle donnait le rythme, jouait du cor. La Sirène c’est un instrument à vent. Faut du souffle pour l’animer, faut de l’âme.

Il y a eu des moments où je n’en avais plus. J’ai respiré après la fête nationale, me suis remise en apnée, respiré encore un peu, me suis évaporée, la mer est bien trop grande, je suis bien trop petite.

Il y a la sirène qui joue dans mon oreille, ça lui plait bien comme salle de concert, mon âme. Joue petite sirène, joue ... Joue contre joue, joue dans ma joue, parle dans ma gorge, prends ma voix pour dire.

Un jour je t’ai revu, après la fête nationale, j’ai eu un tel souffle que les mots ont explosé, ont eu cette force qu’ils n’ont jamais eu. C’est aussi pour ça que je te réclame encore...

par Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (3)   
  Et tous les soirs pour elle jouera-t-il la java, le jazz et la java ?

  La fille de mots est seule, à jongler, les boules de couleurs, la fille de do est triste, à essouffler, les notes sur un corps d'eau, à dérouler, les sols sur un clavier, à s'enivrer.

  Pas d'âme, et je t'aime le quatorze juillet.

  Cent mille musiciens, pas un qui lui ressemble, cent mille musiciens, pas un qui la rassemble, si ce n'est celui, comme elle, tordu de la musique.

  La fille de mots est grise, des mots mi, des mots si, d'émotion. Du mot laisse aux mots lyre elle s'abandonne pour un song d'accordéoniste.

  Enroulées de mots air, les noires les blanches, crochetées, soupirées, accrochées, les noires les blanches en ronde comme la partition de l'orgue de barbarie.

  Si seulement pour un mot d'elle l'accordeur de lumière venait la délacer...

  Ce serait déjà un mot if...



par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (7)   

  Il porte la marque passagère des mains qui l'ont caressé. Il en garde aussi parfois une inscription pérenne. Le crayon gris, la mine grasse ou l'appuyé léger, gratte dans la marge son trait qui arrête le regard du lecteur suivant.

Les livres accusent tous la signature du temps, le grain des pages s'épaissit, la feuille devient crème, un peu jaune. Chez le particulier, certains ouvrages calés droits dans la bibliothèque, si on les ouvre, révèlent la corne ancienne du chapître sur lequel la lecture s'est momentanment suspendue.

Mais le livre retiré à la bibliothèque a vécu davantage. Comme un chat qui s'invite, un vagabond qui accepte l'hospitalité,  il a connu des maisons différentes, a livré ses secrets au salon, au creux du lit et de la lampe de chevet, au chaud d'un bain qui mousse, un dimanche, juste avant la reprise.

On ne sait pas vraiment mais on imagine ce monsieur dans le fauteuil souple, cette dame que nous surprenons lunettes en bord de nez, le crayon à papier à la main, cette dame oui. Loin d'être la première à tourner les pages avec son ongle alerte soigneusement verni, peu importe la couleur, un tendre rose, un film transparent, ou ce velours rouge soutenu, peu importe, elle inscrit un point d'interrogation  à l'endroit exact où l'auteur a commis cette faute que l'éditeur laissa glisser : Moustiers Sainte Marie ? (Hautes Alpes). C'est ici que toujours se posera l'oeil du gourmand de mots à venir, qu'il sache ou pas que Moustiers ne se situe pas dans le 05...

par Cathouche publié dans : textescourts communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (8)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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