Mais si tu crois un jour que.
Au bout du téléphone il y a votre voix ...
Surtout ne pas déranger, ne pas composer le numéro.
Mais il est dans mon répertoire, pas caché, au même titre que ces numéros amis que je suis en droit de pianoter.
Composer, arranger les mots, enrouler les phrases, enlacer le mât de mon navire fantasmagorique. Hisser haut le texte infini que vous me soufflez, hisser mes couleurs et celle de vos yeux.
C'est la couleur que je chante sans lassitude. La couleur de l'espoir ?
Je m'arrime à ce lien long de milliers de kilomètres.
Dites-moi si nous sommes télépathes. Il me semble que oui.
Je suis sans frontières et vous êtes la muse mystérieuse qui murmure à mon oreille.
Murmurez, murmurez, jouez les notes amoureuses. Vibrent les arpèges en mélodies légères. Six fils tendus sur le bois rouge dont quatre de nylon. Musiques gitanes en arpèges parfois brisés, des
cordes ceinture à ma taille, des cordes fines frôlent mes aréoles tendres ...
Au bout du téléphone il y a votre voix, si vous me permettez d'appeler je vous dirai je t'aime, peut-être ..
http://fr.youtube.com/watch?v=IK_vzXYoUzk
William Sheller, Simplement. Ce n'est pas une erreur, juste une autre chanson...
par Cath, Cathouche
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Musique
8
Le mardi c'est le jour du bord de mer. L'après-midi pour la mer et moi. Prendre le bleu et la houle ronde, l'écume volontaire, bouillon, qui flanche molle en
bord de sable vieux. Ce n'est pas l'été.
Le mardi c'est pour la mer et moi. Toute seule dans la voiture, mais si je veux y a la radio et même les disques. A regarder le bleu. Au finir d'octobre c'est un
bleu de turquoise, aux accents jaunes. Un bleu nord. L'indigo est parti dans l'horizon de juillet. Un peu loin déjà, en début de ciel. Bientôt il se peut que je n'en retienne la
couleur.
Je regarde cet homme aux cheveux blancs, mince. Il passe en rollers. Prudent mais sûr. Lent. Survêtement noir, genouillères discrètes. Elégant.
Sur la plage il y a de la place. Une belle fille court à la limite de l'eau. Elle croise un autre homme aux cheveux blancs, son chien, sa femme. Cet homme
se tourne, lève les yeux au ciel, regarde autour. Il admire la fille, je le sais aussi bien que sa femme...
Le mardi, c'est pour la mer et moi...
par Cath, Cathouche
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textescourts
7
Nature vivante, tableau, instantané...
Elle pèse dans sa main le fruit doré. L'abricot déploie sa pulpe, suinte d'un jus qui s'annonce savoureux...
Du bout de sa langue d'enfant, elle goûte le suc parfumé...
Fruits de saison, fruits de l'été, primeurs indécents sur les étals en bords de routes. Pêches rubescentes aux peaux douces, nectarines fermes, prunes ocrées,
prunes violacées, abricots charnus et voluptueux...
Fruits de saison, fruits de soleil, de plage... qui supplantent les agrumes concolores de l'hiver... Grappes de gros raisins ambrés, auréolins, délicatement
sucrés...
Cagette de petits melons entêtants posée sur la table de la cuisine... Pastèque rubiconde gonflée d'eau, dessert de nos repas de famille...
Elle croque dans l'abricot éclatant avec une impudeur exquise, ce plaisir enfantin qui se moque des convenances, elle savoure le bonheur des beaux jours. Elle
sourit. Elle est belle. Il fait beau. Les fruits sont délicieux. Les fruits de saison. Son sourire. Je suis bien.
par Cathouche
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2
Il porte la marque passagère des mains qui l'ont caressé. Il en garde aussi parfois une inscription
pérenne. Le crayon gris, la mine grasse ou l'appuyé léger, gratte dans la marge son trait qui arrête le regard du lecteur suivant.
Les livres accusent tous la signature du temps, le grain des pages s'épaissit, la feuille devient crème, un peu jaune. Chez le particulier,
certains ouvrages calés droits dans la bibliothèque, si on les ouvre, révèlent la corne ancienne du chapître sur lequel la lecture s'est momentanment suspendue.
Mais le livre retiré à la bibliothèque a vécu davantage. Comme un chat qui s'invite, un vagabond qui accepte l'hospitalité, il a connu
des maisons différentes, a livré ses secrets au salon, au creux du lit et de la lampe de chevet, au chaud d'un bain qui mousse, un dimanche, juste avant la reprise.
On ne sait pas vraiment mais on imagine ce monsieur dans le fauteuil souple, cette dame que nous surprenons lunettes en bord de nez, le
crayon à papier à la main, cette dame oui. Loin d'être la première à tourner les pages avec son ongle alerte soigneusement verni, peu importe la couleur, un tendre rose, un film transparent, ou
ce velours rouge soutenu, peu importe, elle inscrit un point d'interrogation à l'endroit exact où l'auteur a commis cette faute que l'éditeur laissa glisser : Moustiers Sainte
Marie ? (Hautes Alpes). C'est ici que toujours se posera l'oeil du gourmand de mots à venir, qu'il sache ou pas que Moustiers ne se situe pas dans le
05...
par Cathouche
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