Acteplume

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Commentaires

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Quand on ne sait plus dire avec les mots, le corps peut exprimer...
 
Elle dégueule.
 
Toison relevée de cheveux rouges et visage qui s'admire au fond de la cuvette. Elle écrase en arrière une mèche échappée, souillée, sur la masse en chignon.
 
Ca se mèle à l'eau et aux larmes et ça flotte et ça l'écoeure.
 
C'est la pince qui retient la toison. C'est pas ses mains à lui.
C'eût été la moindre des choses, ce vomi répugnant c'est à lui qu'elle le doit ...
 
A son regard indifférent qui se pose parfois sur des hanches à peine plus accusées. Reproche.
 
A sa mollesse le soir, à son sommeil rapide.
 
A ses je ne vois pas où est le problème.
 
Elle gerbe comme on lève un toast. A l'entropie !
Elle entasse le dégueulis dans l'entonnoir au rebord accueillant.
 
Et quand elle a fini son ouvrage, elle dresse une mine fatiguée avec en lieu de coquetterie cette mèche de vomissure qui longe sa joue. Vieux ruban. Un suivez-moi-jeune-homme.
 
 
 
par Cath Peintre as Cathouche publié dans : textescourts communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   
  Marouchka voyageait en première classe avec un billet de troisième classe...
Une belle se refuse-t-elle le confort à tarif réduit ?

  Dans ce wagon elle avait l'air en décalage. Une star de cinéma. Surfaite. Lèvres passion, sang bouillon. Yeux d'eau verte. Lac dangereux en touches larges sur sa peau éburnée, lisse. Boucles blondes, ressorts insolents, petite cascade. Image russe.

  Presque une dame... ne fût-ce l'expression vulgaire dans le maintien, jambes décroisées détendues, cuisses pleines dans un jean délavé, abandon d'un regard d'ange abîmé.

  Derrière la vitre sale du TER défilaient les paysages édulcorés. Courts métrages noircis, rapides, violetés, auréolés de temps en temps par la lumière terne d'un vieux réverbère. Triste lampion. Flash souffreteux. Campagnes et villes en alternance monotone. Une ronde charbon.

  Elle s'en foutait des tableaux dans la vitre, Marouche, ou des gens insipides dans la voiture orange du train.

  Sous le casque d'or les pensées précises allaient bon train... A chaque arrêt, dans chaque gare un complice s'apprêtait à la rejoindre. Tout devrait être réglé avant le terminus. Elle avait des pierres précieuses plein la tête Marouche... Aux malignes les mains pleines...

  La machine s'immobilisa. Temps suspendu. Sur la voie parallèle passa une motrice solitaire peu préssée. Marouchka s'attarda à lire sur la carcasse un prénom: Charly. Fushia criard accroché sur une bouteille opaque.
Mine de rien elle se leva, ramassa sac à main et sac de voyage, traversa le compartiment pour changer de voiture. Elle savait maintenant quel coéquipier retrouver dans le pullman...


par Cath, Cathouche publié dans : textescourts communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (1)   


  Ne valait rien. Récupéré au fond d'une cave.

Fouineurs jumeaux. Complices de fouilles. Entre deux rires et deux sourires. Trois baisers. Vase bleu dépoussiéré par nos mains fébriles.

Flash back. Mains impatientes se touchent, jouent. Caresses musiciennes. Prennent le vase et s'en vont dans l'antre le poser. Nid accueille le vase bleu. Coupe recueille les fleurs des champs, entoure les lavandes. Parfum du sud. Mauve sur bleu. Indigo sur cérule.
Ne valait rien.

N'avait pas de prix non plus. Enserrait le mimosa, les chardons pâles, les roses incertaines du jardin. Depuis longtemps. Ne contenait pas l'eau rance, croupie. Savait y faire. Aimait le suave des lilas. Le blanc et le violet.

Ne valait pas grand chose. Emaillé par endroits. Céramique commune. Vieil azur. Ciel léger.
Bousculé par inadvertance. Le temps fait ça. Fausse porcelaine en gros morceaux sur les dalles en grès. Bleu fendu sur grège. Et mon regard dessus, désappointé.

Il a dit attends! J'ai de la glu! Je vais réparer, recoller.
Non. La glu c'était moi. Avant.

On ne fait pas un pot neuf avec un pot cassé.

Sûr.
par Cath, Cathouche publié dans : textescourts communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (1)   
 
A la croisée des chemins, quand vous ne bougez pas, qu'elle se souvient de l'endroit où elle vous a laissée ...

De l'inopiné.

Elle m'a dit.
J'ai eu ton message. Tes mots gorgés de nos images m'ont touchée, émue. Je me souviens de toi comme si je t'avais quittée hier, sur le quai de la gare St Charles, à Marseille. Vingt ans qu'on ne s'est pas vues... Tu as toujours dix-sept ans...
Quand le téléphone a sonné, je n'ai pas compris tout de suite. Je nourrissais mes bêtes. Ma journée avait été lourde.
J'ai dit allo à cette voix sucrée de femme.
- Rosalie George ? Bonjour ... C'est Nathalie D.

Sacs de croquettes lâchés pour mieux m'assoir au sol. Au soleil de ses phrases. Les yeux fermés je me suis engouffrée dans le combiné.

Pas de retenue. Sa magie m'entortille. Je lui demande de me parler. Longtemps. Yeux verts de Nathalie m'effleurent comme des rubans. Soyeux. Cheveux noirs en pans légers flottent, mèches sombres encadres son visage adolescent.
Je ne sais pas les rides des années passées, des années dures ou belles. Je ne sais pas le corps transformé en corps de femme. Courbes adultes. Ni les amours ou les ruptures.

Je sais ses yeux, agates tendres, et sa calligraphie. Je discernerais entre mille sa composition française. Et cette question qui se pose encore aujourd'hui sous mes yeux:
" Y a-t-il ou non contradiction ?" Encre. Ebène. Arrondis, déliés de son écriture. Le sujet du devoir m'échappe, mais il me reste noir sur blanc le début d'un paragraphe.

Rémanence... Image.


par Cathouche publié dans : textescourts communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (0)   
Fugace ...

 

Il ne demeure plus rien

De ta substance concrète

Ni de tes traces

Pas le moindre papier

Où ton encre apposa

Noire les rondeurs formant les lettres

De ta réalité



Il n'existe plus rien

De tes parfums de peau

Fragrance lascive

Que l'illusion d'un sentiment du vrai

Une sarabande de mots et d'images

Les méandres

Et les arcanes du souvenir



Mais il me souvient encore

De l'insidieuse véracité

De ton apparence foncière

Et l'air fleure parfois

Une odeur parfumée

De poivre et de peau

Cette odeur illusoire

Qui flotte

Vive et livide

Ton odeur

Comme une pensée lubrique.

(In La plume publique, revue, nov. 1987)



 

par Cathouche publié dans : textescourts communauté : Les poètes en délires ajouter un commentaire commentaires (3)   
Duo de Cath evec Mimi Couleur Pradoline...

(Nous l'avions écrit pour Le Monde qui Momite...)

 

  Et je remis mon mouchoir dans ma poche. Vous savez, le film n’était pas terriblement dramatique. C’est que je suis très sensible, faut dire. Ça peut paraître étrange, l’émotion masculine, mais c’est ainsi, je ne suis pas une brute sauvage, plutôt un émotif...  

C’est là que j’ai remis dans ma poche le mouchoir, après cette scène où l’actrice, quasi hollywoodienne avec ses cheveux blonds, sa cambrure, sa gorge ample et déployée... 

Pas que j’y tenais à ce carré de papier souple, une sorte de Kleenex bon marché de chez Super U, sorti d’un paquet sans prétention, lui-même issu d’un pack de vingt. Non, c’est pas que j’y tenais, mais je suis un gros bêta sentimental, alors je l’ai conservé, ici, tout près de l’aine ... pour garder la comédienne dans mes rêves les plus intimes, protéger mes secrets.  

Presque, j’en aurais écrit une histoire qui eut commencé par cette phrase : 

« Et il remit son mouchoir dans sa poche ». 

La suite aurait dit ceci :

« Dommage, car Marcel n’avait même pas vu la fin du film. Quand Pamela se mit à titiller de sa bouche pulpeuse les lèvres salées de Johnny Baywatch, la tension commença à monter. Il sentit comme une colonie de fourmis grimper du bas du dos jusque dans le cou. Au fil des minutes qui s’égrenaient, le maillot rouge de la déesse se réduisait à une peau sans chagrin. Lorsque Pam posa ses mamelons tendus sur le corps de l’Adonis oint à l’huile de coco, le désir de Marcel enfla tel un œdème. Irrépressiblement, son sexe se durcit comme un pain rassis de chez Carouf. Sans fléchir une seconde, il s’en saisit dans un geste mêlé de fougue de douceur et d’impatience. Et lentement, il commença à se caresser. Il suivait le rythme des gloussements de Paméla de plus en plus excitée sur les 42 pouces de son écran plasma. Plusieurs minutes de va et vient au creux d’une main experte, actionnée par une huile de coude pressée à chaud … son corps ne résistait plus… C’est alors qu’un cri rauque, proche du feulement de savane, sortit de sa bouche en cœur. En même temps, la semence blanchâtre jaillit. Son faux tee-shirt Diesel, acheté 3 euros sur le marché d’un patelin du Gâtinais, était constellé telle la voie lactée. Marcel saisit un Kleenex et essuya avec amour les petites traces odorantes. Il aimait conserver ce genre de souvenirs qui ne manquait jamais d’évoquer son enfance. C’était son secret, à Marcel. En quelque sorte une madeleine proustique. Paméla gigotait encore en cadence sous l’étreinte de Johnny, quand Marcel commença à fermer les yeux. Repu, il s’endormit comme un bienheureux. »

par Cathouche publié dans : Duos de Cath avec... communauté : Ecriture Ludique ajouter un commentaire commentaires (4)   

  Bulles de champagne. Je suis saoule ! Ma tête penchée, joviale. Mes rires inattendus glissent sur le velours jaune de mon ivresse.

Dis, tu vois rien dans ta coupe ?

Si, je t’assure ! Je suis prisonnière !

En boule dans la bulle large au milieu des bulles petites ! Ca pétille et ça danse et ça tourne et ça tangue et ça bullotte et ça pétille encore et ma tête tourne et mon corps tangue en boule dans la bulle !

Tu bois pas ta coupe, hein ! Promis ? Y a des limites ...

par Cathouche publié dans : La gazette communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (6)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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