
Acteplume... Voyage en mots bleus...
"L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau
cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire."
L'acte plume, Co errante
Il ne demeure plus rien
De ta substance concrète
Ni de tes traces
Pas le moindre papier
Où ton encre apposa
Noire les rondeurs formant les lettres
De ta réalité
Il n'existe plus rien
De tes parfums de peau
Fragrance lascive
Que l'illusion d'un sentiment du vrai
Une sarabande de mots et d'images
Les méandres
Et les arcanes du souvenir
Mais il me souvient encore
De l'insidieuse véracité
De ton apparence foncière
Et l'air fleure parfois
Une odeur parfumée
De poivre et de peau
Cette odeur illusoire
Qui flotte
Vive et livide
Ton odeur
Comme une pensée lubrique.
(In La plume publique, revue, nov. 1987)
Et je remis mon mouchoir dans ma poche. Vous savez, le film n’était pas terriblement dramatique. C’est que je suis très sensible, faut dire. Ça peut paraître étrange, l’émotion masculine, mais c’est ainsi, je ne suis pas une brute sauvage, plutôt un émotif...
C’est là que j’ai remis dans ma poche le mouchoir, après cette scène où l’actrice, quasi hollywoodienne avec ses cheveux blonds, sa cambrure, sa gorge ample et déployée...
Pas que j’y tenais à ce carré de papier souple, une sorte de Kleenex bon marché de chez Super U, sorti d’un paquet sans prétention, lui-même issu d’un pack de vingt. Non, c’est pas que j’y tenais, mais je suis un gros bêta sentimental, alors je l’ai conservé, ici, tout près de l’aine ... pour garder la comédienne dans mes rêves les plus intimes, protéger mes secrets.
Presque, j’en aurais écrit une histoire qui eut commencé par cette phrase :
« Et il remit son mouchoir dans sa poche ».
La suite aurait dit ceci :
« Dommage, car Marcel n’avait même pas vu la fin du film. Quand Pamela se mit à titiller de sa bouche pulpeuse les lèvres salées de Johnny Baywatch, la tension commença à monter. Il sentit comme une colonie de fourmis grimper du bas du dos jusque dans le cou. Au fil des minutes qui s’égrenaient, le maillot rouge de la déesse se réduisait à une peau sans chagrin. Lorsque Pam posa ses mamelons tendus sur le corps de l’Adonis oint à l’huile de coco, le désir de Marcel enfla tel un œdème. Irrépressiblement, son sexe se durcit comme un pain rassis de chez Carouf. Sans fléchir une seconde, il s’en saisit dans un geste mêlé de fougue de douceur et d’impatience. Et lentement, il commença à se caresser. Il suivait le rythme des gloussements de Paméla de plus en plus excitée sur les 42 pouces de son écran plasma. Plusieurs minutes de va et vient au creux d’une main experte, actionnée par une huile de coude pressée à chaud … son corps ne résistait plus… C’est alors qu’un cri rauque, proche du feulement de savane, sortit de sa bouche en cœur. En même temps, la semence blanchâtre jaillit. Son faux tee-shirt Diesel, acheté 3 euros sur le marché d’un patelin du Gâtinais, était constellé telle la voie lactée. Marcel saisit un Kleenex et essuya avec amour les petites traces odorantes. Il aimait conserver ce genre de souvenirs qui ne manquait jamais d’évoquer son enfance. C’était son secret, à Marcel. En quelque sorte une madeleine proustique. Paméla gigotait encore en cadence sous l’étreinte de Johnny, quand Marcel commença à fermer les yeux. Repu, il s’endormit comme un bienheureux. »
Bulles de champagne. Je suis saoule ! Ma tête penchée, joviale. Mes rires inattendus glissent sur le velours jaune de mon ivresse.
Dis, tu vois rien dans ta coupe ?
Si, je t’assure ! Je suis prisonnière !
En boule dans la bulle large au milieu des bulles petites ! Ca pétille et ça danse et ça tourne et ça tangue et ça bullotte et ça pétille encore et ma tête tourne et mon corps tangue en boule dans la bulle !
Tu bois pas ta coupe, hein ! Promis ? Y a des limites ...
Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)
Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)
Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)
On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)
Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.
(Marguerite Duras, C'est tout)
S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)
Traduire dans une autre langue ? C'est possible...
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