Acteplume

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  A une amie…

  Elle est entrée dans ma vie à la fin de l’été, comme un courant d’air frais, agréable.

  Nos conversations étaient teintées de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

  Lorsque les pâles devenaient trop présentes, ensemble nous les ravivions.

  Lorsque les éclatantes se mettaient de la partie, nous écrivions la même chose en même temps.

  Quel plaisir lorsque la petite fenêtre s’ouvrait, je savais que j’allais vivre un vrai moment d’amitié.

  Un air de guitare enchantait nos mots, nos phrases. Nos doigts dansaient sur le clavier.

  Si vous la rencontrez, n’hésitez pas, allez vers elle.

  Elle a l’âme d’une tzigane.

  Mais faites attention, elle est fragile comme le cristal.

  Dans mes pensées, elle sera toujours présente comme un petit soleil.

Merci à toi, C… , d’être entrée dans ma vie.

par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (6)   
1) Un fulgure est un texte de 1500 caractères, avec un prologue et une chute, cf Fulgures.com.
2)Ce dialogue comporte plus de 6000 signes, c'est une scène, un scenario)
3) Marylin a souhaité le publier ici. Pourquoi pas ?) 
 
Elle : Je peux dire de mémoire ce que tu dis de toi : des yeux verts
 
Lui : Point barre...

Elle : De grandes mains, des qui travaillent, des fortes

Lui : C'est ça
 
Elle : Les bras qui vont avec donc

Lui : Oui

Elle : De la patience

Lui : Oui

Elle : Pas curieux

Lui : Non

Elle : Un jardinier 
        un qui soigne

Lui : Oui plus ornement now

Elle : Qui veille
        Un amateur d'art

Lui : Qui écoute

Elle : Oui qui écoute 
        Qui observe

Lui : Qui mémorise pas toujours ce qu'il faut

Elle : Ca je ne sais pas

Lui : Tu l'as dit

Elle : Peut-être...
        Avec des épaules

Lui : Chinois

Elle : Qui portent
        Supportent
        Parfois
        s'écroulent un peu
        parce que c'est trop lourd

Lui : Tes mots
       je les grave

Elle : Des mains qui écrivent
        qui créent
        Pour en faire quoi tu les graves ? 

Lui : Dans mon cerveau

Elle : Ce que tu ne dis pas
        sensible
        mais qui le sait

Lui : Pour les regarder
       ensuite

Elle : On peut en faire un fulgure...
        Amoureux du beau
        Mais qui en doute ?
        Les jambes
        elles vont avec les bras et les mains
        puissantes

Lui : Oui

Elle : Le torse
        accueillant

Lui : Oui

Elle :Le sourire
       celui d'un Don Juan ?

Lui : J'ai pas dis Don Juan

Elle : Je sais

Lui : J'aime les deux sens

Elle : Pas la conquête à tout prix 
        mais la conquête
        un peu non ?

Lui : Pas assymétrique

Elle : Assymétrique ?

Lui : Les conquêtes symétriques

Elle : Aimant l'amour

Lui : Oui

Elle : Les femmes, certaines, les très féminines
        un peu fragiles
        un peu coquines

Lui : Oui

Elle : Un peu mutines

Lui : Oui

Elle : Et effrontées

Lui : Mmmm

Elle : Mais sages au fond

Lui : Oui

Elle : Un peu geisha d'intérieur
        Qui sait ce qu'il veut

Lui : Pas mal
       du tout
       je relis
       et je grave grave

Elle : J'ai pas fini...
        Qui aime l'exception 
        Pas le banal

Lui : Oui
       Non

Elle : Qui aime la vie simple aussi

Lui : Oui
       aussi
       mais pas morne

Elle : Qui aime plaire
        et être séduit

Lui : Oui
       symétrie


Elle : Les coupes au carré c'est symétrique
        Qui aime le vin nouveau
        la vigne les vrilles les ceps

Lui : Oui j'adore cette plante 
       j'en mets partout
       vigne vierge
       à raisins

Elle : C'est ma préférée

Lui : Pis ça habille

Elle : Qui aime le goût de la peau

Lui : Même les feuilles se consomment

Elle : Un carnassier
        Un prédateur
        Qui regarde passer les biches

Lui : De la peau oui
       Biche ma biche
       J'ai pas la peau rugueuse

Elle : Un agneau le soir
        Un lion le matin
        Ou l'inverse

Lui : Agneau ?

Elle : Moi non plus, ma peau est douce

Lui : Lion le soir et le matin aussi

Elle : Je m'en doutais

Lui : Juste dormir entre deux

Elle : L'agneau, c'est l'autre

Lui : Un lion à peau douce
       Pour l'amour je veux dire

Elle : Une bête furieuse quand "il sait qu'il y aura
de l'amour et du vin"

Lui : Oui

Elle : Tu vois je te vois
        Un gastronome

Lui : Incredible

Elle : Pour une gourmande

Lui : Je cuisine quand je suis motivé

Elle : Un qui gourmande pour le plaisir
        un qui commande

Lui : Pas que

Elle : Je suis une qui n'obeit pas, je dis ça comme ça

Lui : J'aime bien

Elle : Mais qui commande pas

Lui : J'aime pas les agnelles 
       j'aime les panthères
       douces dedans

Elle : Une agnelle parfois, en apparence 

Lui : Ce que je viens de dire

Elle : Oui

Lui : Une deuxième couche 
       à qui sait la trouver
       Chats
       chattes 
       c'est beau un félin

Elle : Oui

Lui : Dur et doux

Elle : C'est ta bête
        celle en toi

Lui : Oui
       vigne et chats

Elle : Colette

Lui : Ca délimite un peu

Elle : Moi aussi 
        vigne et chats

Lui : Sous la tonnelle
       on s'allonge un peu 
       avec les chats

Elle : Un qui aime dominer

Lui : On mange du raisin

Elle : Mais ne le montre pas
        ça pourrait passer

Lui : On boit un peu de vin

Elle : Pour du machisme

Lui : Et on caresse

Elle : Un qui décide que quand l'heure de la caresse 
        est venue
        on ne s'échappe pas

Lui : C'est ça

Elle : Et si on tente ?

Lui : Le fulgure ?
 
Elle : Non 
        de s'échapper

Lui : Ben je retente encore 
       mais ça se sent si c'est l'heure
       et donc en général pas de fuite

Elle : Mais si, par jeu qui sait, il y a la tentative  ? 

Lui : Oui j'insiste 
       c'est ce que je pensais un jeu
       pas de choses trop faciles
       c'est plus "motivant" 
       plus exitant en fait

Elle : C'est motivant pour les deux 
        être une prisonnière
        un peu

Lui : Oui
       mais après cela peut changer 
       deux heures c'est long

Elle : Oui...

Lui : L'autre est prisonnier et dominé à son tour

Elle : Ca va être le fulgure le plus chaud de l'histoire......

Lui : Va remplacer SKOUIK, ce fulgure si populaire
        Puis quand on s'endort l'un contre l'autre toute domination 
        disparaît
        mais le lendemain matin, mâtin ! 
        qui se réveille en premier

Elle : Oh là...

Lui : Quoi on dépasse les 1500 ?

Elle : Non j'arrangerai
        t'inquiète 
        ou y'en aura 2

Lui : J'entends ton crayon 
       qui crisse
       qui gratte
       qui crisse sur ta peau

Elle : Tatouage
        Un sur ton épaule un dans le creux de mon cou,
        un à la  naissance d'un sein 
 
Lui : Chinois
       oui des tatouages

Elle : Une calligraphie
        des signes de sorcière

Lui : Sur l'épaule bonne idée 
       mmm
       une marque une gravure
       un écrit quoi

Elle : Un crayon qui crisse et fend la peau
        jusqu'au sang
        et boire un peu 
        cannibales

Lui : Je veut goûter
       un peu
       il est salé

Elle : C'est un échange
        les dents les plus aiguisées 
        serviront la bouche la plus heureuse

Lui : Si tu te coupes
       je te soigne
       je souffle

Elle : Je le sais

Lui : Je bise 
       je goûte

Elle : Alors j'en tremble
        mais ce n'est pas de la peur

Lui : Non pas de la peur des frissons
       les dents les plus aiguisées
       serviront la bouche la plus heureuse
 
Elle : Que te disent les femmes quand elles t'enjôlent ?

Lui : Je sais pas viens
       y'a pas de phrases types

Elle : Non pour te séduire en te parlant de toi, louent-elles tes yeux ?

Lui : Oui

Elle : Et puis ?

Lui : Mes mains quand je caresse

Elle : Ah oui les mains

Lui : Et ma peau quand c'est l'inverse

Elle : Quand les leurs se posent sur tes jambes, que disent-elles ?

Lui : Qu'elles sont musclées et douces en même temps
       et je frissonne
       que je suis sensible
       au toucher

Elle : Sensible... sensuel

Lui : Oui
       bella
       regarde ta montre
       moi j'ai pas d'heure
       mais toi ?
 
Elle :  moi... il faut que je dorme un peu oui

Lui : Ce serais mieux pour une panthère
       jolie panthère
       douce panthère
       ça ronronne les panthères ? 
       oui 
       j'entends
       sous mes caresses
       partout
       sur ta peau
       sur ton corps 
       sur tes bras
       sur tes jambes
       dans tes cheveux
       pas les oreilles
       mais autour loin
       les mains et la bouche
       n'arrêtent pas
 
Elle : N'arrête pas

Lui : cherchent et trouvent
       les appats
       en boucle
       en spirale
       hors du temps
       longtemps

Elle : Or du temps
Lui : Temps doré et fougeux  comme celui des feuilles de platanes
Elle : Comme celui qu'il fait dans mes cheveux, parfois
 
Lui : Oui je crois

Elle : Quel goût a ta bouche ?

Lui : On y revient
       on me mord les lèvres 

Elle : On les aspire ?

Lui : On cherche ma langue
       si je me retiens
Elle : Est-ce qu'on la trouve ?

Lui : Pas toujours au début
       je joue

Elle : Mais ça ennerve ça hérisse
        ça fait les yeux étirés

Lui : Oui mais je le sens et alors je la donne

Elle : Tu donnes et que prends tu ?
 
Lui :  Ca fait les yeux étirés ????

Elle : Oui qui s'étirent, comme ceux des chats

Lui : Chinois
       ah
       oui

Elle : Chinoise

Lui : Je donne et je prends

Elle : Gei... chat

Lui : Je prends la bouche
       je prends les seins
       je les ennerve
       l'un puis l'autre 
       chacun son tour

Elle :On se cambre alors

Lui : Puis si c'est très dur

Elle : On est monture presque
        un peu roulure

Lui : Je prends plus bas 
       tout
       je prends tout
       et tout se donne
       symétriquement

Elle : Est-ce qu'on résiste ?

Lui : Oui car il faut doser 
       si c'est trop rapide elle résiste
       alors on calme, mais on revient
Elle : Est-ce qu'on se tend ?
 
Lui : Ca dépend
       pas trop
       il faut dépasser cela

Elle : Non, se tendre comme on cambre
       comme on attend
       comme on espère

Lui : Ah oui oui

Elle : Comme on lutte
       résiste

Lui : Quand c'est bon oui

Elle :Cède

Lui : C'est la réaction

Elle : Et se soumet un peu

Lui : Ben là c'est déjà cèdé

Elle : Et accepte les déferlements du plaisir

Lui : Ma langue
       c'est doux
       et je roule doucement les seins
       en même temps
       donc cambrée oui
Elle : il faut mordre
        laisser des marques
        des bleues
        des rouges

Lui : Des suçons ?

Elle : Des rondes
        des morsures
 
Lui : Mmmm

Elle : Et saisir les cheveux
        à pleines mains fermes
        maîtriser
        il me faut dormir...
par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (2)   
  Devant elle, quelques feuillets étaient chiffonnés en boules rageuses.

  Elle suçait machinalement son crayon. Elle aimait écrire au crayon, le grattement de la mine de graphite sur le papier entraînait son imagination. L'odeur du bois lui rappelait l'école, des images d'enfance : des cahiers soulignés de rouge, des buvards roses tachés d'encre, l'odeur de colle, celle du bois brûlé dans le poêle de la classe, les fillettes en chaussettes blanches…

  Elle habitait la campagne alors. C'était avant… La vie avait passé si vite !


  Une vie est remplie de mille futilités et, soudain, on s'aperçoit qu'on a oublié l'essentiel, la structure qui aide à rester debout, à ne pas sombrer.

  Elle s'était dispersée, comme les autres. Mais, au fond, c'était peut-être cela vivre : des années passées à se laisser conduire, guider, instruire. Des années de soumission, même si en soi la colère, toujours présente, grondait. Des années à attendre une lettre ou l'été, la pluie ou l'amour.

  Elle avait été comme les autres, enchaînée à la routine, au nécessaire, à l'obligé. Elle avait été le témoin de sa vie, rarement l'actrice. Assoiffée d'infini, ivre d'absolu, toujours en équilibre entre le monde et ses rêves, elle avait laissé les autres décider pour elle. Ses parents l'avaient longtemps conseillée. Elle n'osait pas encore prendre une décision importante sans leur en parler.


  Elle avait décidé, pour la première fois, de forcer un peu le destin, elle rédigeait aujourd'hui une petite annonce à paraître dans le journal publicitaire local.

  Elle devait, en quelques mots justes, résumer sa personnalité, son attente.


  JF. 1m65, 60 kg, all.sportive, cheveux courts bouclés…

  Quelle marchandise était-elle donc pour se vendre ainsi au poids ou au mètre ? Non, elle devrait plutôt se mettre en valeur, parler de ses qualités.


  Ceci conviendrait peut-être mieux :

JF. 35 ans, modeste, assez timide, taille moy., pds. moy…

Quelconque en somme ! Qui aurait envie de rencontrer une telle fille ?


  Ou alors :


  JF. cél., douce et aimante, non fum., aimant les voyages…

  "Il" allait penser qu'il devrait lui payer des voyages ! Impossible de commencer comme cela !


  Que cherchait-elle au juste ?

  Une présence ? De la tendresse ? Une aventure ou la durée ? L'amour ? Ce mot était tellement vide de sens ou plutôt, il en avait trop. La romance les yeux dans les yeux, un besoin vital ou tout simplement l'union la "bête à deux têtes par quatre pieds finis" de Cocteau ?


  Certes oui, une faim profonde, violente, un désir de fusion totale, un désir charnel partagé par deux êtres avides de retrouver l'unité originelle…

  L'appétit sexuel, la complicité des corps, la faim de l'autre…

  JF. 35 ans, tjrs cél., désire renc. H. en vue satisf. bes. vitaux…


  Misérables désirs ! Épuisants désirs, épuisante recherche de l'autre ! Quelle fatigue, quelle perte de temps et d'énergie ! Que dire de cette angoisse récurrente de ne pas être assez bien, de ne pas répondre aux souhaits de cet Autre mythifié ?


  JF. 35 ans, assez jolie, enjouée, tim., souh. renc.H. âge corres. en vue procréation…

  Hum ! C'était un peu tard à 35 ans et surtout pas très sincère.


  Ce qui lui importe, c'est l'attirance physique, puis la satisfaction d'un désir longtemps réprimé. Ce qui lui importe, c'est de trouver l'ami de cœur mais aussi celui de l'âme, du corps. L'homme idéal… Pauvre midinette !

  JF. 35 ans, cél. ch. H âge en rapp. pour fusion tot., vampirisante, étouffante…

  Pourquoi pas ? C'est ce que tu cherches, non ? As-tu peur de la vérité ? As-tu honte de ton désir ?


  URG ! JF. 35 ans, cél. grd. bes. d'union physique imméd. et tot. ch. H âge en rapp., m. rech…


  Impossible ce soir encore de trouver les mots justes, ceux qui exprimeraient la véritable raison de sa recherche : son ras le bol de cette solitude sclérosante, invalidante. Elle voulait un partenaire qui répondrait à son besoin impérieux de se donner, de s'unir par la chair et par l'esprit si possible.

  Elle rassembla tous les essais de rédaction, les jeta dans la corbeille à papier.

  Demain, peut-être…



  Le miroir de la salle de bain reflétait un visage "moyen", aux traits "normaux", sans grand relief… Elle appliqua doucement ses doigts au bas de ses tempes et enfonça lentement mais avec détermination ses ongles. Puis, tout en maintenant une forte pression, elle descendit jusqu'au menton, traçant de longues lignes de désespérance, des traits rouges qu'elle ne pourrait pas masquer demain…

par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (9)   
  Largué par Wanda, je noyais mon chagrin dans le whisky jusqu’à ce que cette créature me tombe entre les mains…



  Dieu qu’elle est belle !

  Elle est chaussée d’escarpins en cuir rouge. J’ai un faible pour les talons aiguilles. Du haut de son piédestal, elle m’offre ses longues jambes musclées.

  Mon doigt remonte lentement le long de la couture vers ses cuisses fermes et appétissantes. Il s’arrête sur la jarretière, hésite entre la dentelle et la chair, s’attarde un peu. Mon imagination, elle, vagabonde sous la jupe. Coup de chaleur. J’abandonne le bas et continue mon ascension vers son ventre plat, couleur chocolat. Je fonds. J’ai envie de goûter. Je me mords la lèvre. Je dois résister, il est encore trop tôt. Si elle était nue sous sa jupette ? La tension monte. Un goût de sang dans la bouche. J’avale sans un mot : j’ai la gorge sèche. La vision de son petit top moulant embrouille encore plus mes pensées. Mon index se perd dans le creux de son cou. Ses épaules luisent sous la lumière crue du néon. Je suis en nage.

  Je lui caresse la joue. Elle est glacée. Je m’en fous, j’ai chaud pour deux. Bordel ! Je suis complètement excité ! Je fais sauter les boutons de mon pantalon d’une main et j’empoigne le coin de sa jupe de l’autre. Je tire d’un coup sec. La page se déchire.



par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (5)   
  Vahiné, c’est gonflé : Eve croqua la pomme, et Adam, le pauvre, s’exécuta.


  Cinq années de mariage déjà, et un couple d’amis. Avec une grande attirance réciproque pour deux d’entre nous. Du "pourquoi pas si ça leur fait plaisir", pour les deux autres, une beauté des îles et un parisien bien terne. Samedi soir, un dîner arrosé puis une partie de tarots ennuyeuse. Cette nuit, nous sauterons le pas - la première fois pour nous. Hugo reste chez moi avec mon épouse. Et moi, le petit parisien un peu anxieux, je m’éclipse vers son appartement au bras de Suzie, son ange inaccessible, belle comme une vahiné, jolie comme un cœur. Bientôt, nous dansons nus tous les deux. Elle rit à chaque fois qu’elle se regarde au fond de mes yeux.

  Elle m’offre ses lèvres. Je résiste. Timidité ? Désir de contrôler la situation ? Peur de me lancer ? Soudain je pense à nos tendres moitiés qui ne lisent pas Victor Hugo. Alors, je la jette sur le divan. "Prends-moi, dis-moi des mots sauvages ! " Avec cet accent-là ces mots-ci me rendent fou. Or au fond de moi pointe un petit problème, et plus j’y pense moins ça s’ébranle.

  Alors on s’essaye à tout. En vain. Résignés, nous nous endormons enlacés. Soudain, je sens un baiser suave comme un letchi bien mûr, pimenté comme un rougail de mangue. Je me dégourdis à brûle-pourpoint.

  A ce moment, un cliquetis bafouille dans sa serrure. "Mais bon sang, qu’est-ce que vous faisiez pendant tout ce temps, faut pas vous gêner non plus !…" Et les cartes tombent, tombent aux sons envoûtants des ségas, tard, tard jusqu’au petit matin.


par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (4)   
  Tout petit déjà…

  Bien élevé… Dans la bouche de mes parents, cela sonnait comme une tare :
« C’est de naissance… Il a le syndrome du cervolant… Toujours la tête en l’air. C’est pas comme ça qu’il avancera dans la vie ! »

  Toujours à contre-courant, oui. C’est ainsi. Le monde ne m’accroche pas. Les vents m’emportent ailleurs.

  Ce bateau auquel je m’amarre, je le vois tout autant ivre… doucement ivre… et j’aime m’y suspendre et déposer des mots dans sa cale. Douillettement calés. Entre terre et mer.
Je me balance sur ce brin d’herbe qui me susurre un vent de liberté. Entre sol et là.
Cette pierre sur laquelle je me fixe me raconte l’origine des temps. Ici. Hier. A la seconde.
Je prends l’air avec l’oiseau que je suis dans son vol. Je plane. Ailleurs.
Je me croche aux notes. Air musique.
Je plonge dans un regard, je suis une démarche, je m’attache à un geste. N’importe où, n’importe quand. Peu importe.
Je me cramponne à ce dernier verre. Je m’embrume. L’alcool lève les vents contraires.
Je me suspends au cou du poète. Pour le meilleur et le pire.

  Oui, souvent, je me laisse porter par les nuages. Ces merveilleux nuages…
Je décroche.
Je respire.
C’est mon essence.

  Et je m’accroche sans regrets aucuns à ma tare.
  C’est l’essen…ciel.


par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (3)   
  Entre autres signes

  Laisse-moi capter ta nuit.

  Laisse-moi mettre mes pas dans les tiens, mon ombre dans la tienne, dans ces mêmes rues glauques, à la rencontre de tes fantômes. Je n’aurai pas peur. Mes propres fantômes sont déjà mon bouclier.

  Laisse-moi te suivre au fond de ce café et m’asseoir à tes côtés ou même un peu plus loin. Je sais ces moments de plongeon dans les tréfonds, et de soi, et des autres.

  Laisse-moi poser mes lèvres dans ton trop plein d’alcool, sur ton trop plein de silence, sur le trop plein de mots vains. Je connais ces non-dits, ces trop bus, ces gouttes qui font déborder le blues, ces coups qui font déborder les larmes.

  Laisse-moi me poser au bord des mêmes eaux, plonger dans le même sombre remous du temps qui file, sous un ciel plein de nuit et de promesses réservées à d’autres, aux étoiles filant trop vite, beaucoup trop vite pour qu’on puisse même penser s’y accrocher. Je connais ces moments de flottement et je sais ramer.

  Laisse-moi me retrouver sur la même lune, pour oublier ce qui se trouve un peu plus bas, tout en bas, dans l’enfer des pieds sur terre, des pied-à-terre, des va-nu-pieds, des va-t-en guerre. Je connais des pieds de nez.

  Laisse-moi remettre mes pas dans les tiens, jusqu’à ta demeure. A pas de loup, je ne fais pas de bruit.

  Laisse-moi enfin m’allonger près de toi et partager même tes cauchemars. Je saurai t’enlacer et ainsi lasser tes pires démons.

  Et si tu veux alors m’enlacer... laisse-moi te capter dans ma nuit. Je saurai te libérer.


par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (3)   

Livre



         

  La Ciotat, Le Bec de L'Aigle

Merci Clara pour la photo de couverture de mon livre que l'on peut désormais retrouver ici : link  

La rose d'encre en audio


TITEFEE, plume talentueuse qui publie sur Oniris, a pris ma nouvelle, La rose d'encre  link
pour l'animer de sa voix. Merci TITEFEE.

Musique de fond : Romance, Mozart.

                                                    


Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


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