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Ecrire, et laisser des images naviguer sur le web. Bouteilles à la mer ? Pas totalement... N'hésitez pas à donner votre avis grâce aux commentaires pour m'aider à évoluer dans mon écriture et la configuration de mon blog... A vous lire aussi !
Et tous les soirs pour elle jouera-t-il la java, le jazz et la java ?
La fille de mots est seule, à jongler, les boules de couleurs, la fille de do est triste, à essouffler, les notes sur un corps d'eau, à dérouler, les sols sur
un clavier, à s'enivrer.
Pas d'âme, et je t'aime le quatorze juillet.
Cent mille musiciens, pas un qui lui ressemble, cent mille musiciens, pas un qui la rassemble, si ce n'est celui, comme elle, tordu de la musique.
La fille de mots est grise, des mots mi, des mots si, d'émotion. Du mot laisse aux mots lyre elle s'abandonne pour un song d'accordéoniste.
Enroulées de mots air, les noires les blanches, crochetées, soupirées, accrochées, les noires les blanches en ronde comme la partition de l'orgue de barbarie.
Si seulement pour un mot d'elle l'accordeur de lumière venait la délacer...
Il porte la marque passagère des mains qui l'ont caressé. Il en garde aussi parfois une inscription
pérenne. Le crayon gris, la mine grasse ou l'appuyé léger, gratte dans la marge son trait qui arrête le regard du lecteur suivant.
Les livres accusent tous la signature du temps, le grain des pages s'épaissit, la feuille devient crème, un peu jaune. Chez le particulier,
certains ouvrages calés droits dans la bibliothèque, si on les ouvre, révèlent la corne ancienne du chapître sur lequel la lecture s'est momentanment suspendue.
Mais le livre retiré à la bibliothèque a vécu davantage. Comme un chat qui s'invite, un vagabond qui accepte l'hospitalité, il a connu
des maisons différentes, a livré ses secrets au salon, au creux du lit et de la lampe de chevet, au chaud d'un bain qui mousse, un dimanche, juste avant la reprise.
On ne sait pas vraiment mais on imagine ce monsieur dans le fauteuil souple, cette dame que nous surprenons lunettes en bord de nez, le
crayon à papier à la main, cette dame oui. Loin d'être la première à tourner les pages avec son ongle alerte soigneusement verni, peu importe la couleur, un tendre rose, un film transparent, ou
ce velours rouge soutenu, peu importe, elle inscrit un point d'interrogation à l'endroit exact où l'auteur a commis cette faute que l'éditeur laissa glisser : Moustiers Sainte
Marie?(Hautes Alpes). C'est ici que toujours se posera l'oeil du gourmand de mots à venir, qu'il sache ou pas que Moustiers ne se situe pas dans le
05...
In other words baby kiss me
In other words please be true
In other words...
Viens avec moi sur La Lune.
Accompagne mes rêves dans le repère qu'aucun homme
n'a v(i)olé.
La Lune m'accueille quand au détour du regard d'un autre mes pensées me conduisent à toi. Je frôle ton épaule,
le nez qui s'écrase, la bouche s'abandonne, l'oeil se tait
et mon front ne désire rien de plus que cette attache légère.
Je te suivrai sur le sol de la face cachée, je ne la connais pas, je n'irai pas sans toi.
Fly me to the moon. Ecoute la chanson qui raconte le sourire d'une couseuse de mots. Ce n'est rien, c'est juste mon ouvrage ...
D'autres brodent ...
Enfile ton aiguille charmante couturière, enfile ton aiguille et le temps ... C'est la chanson inverse, celle qui ne dit pas vrai.
Viens, ce n'est pas une prière, c'est une invitation. Si tu veux bien l'accepter, je te découvrirai comme on aborde une personne inconnue. Nous jouerons ce jeu pétillant de la première
rencontre.
Salut, que fais-tu ici ?
Salut, j'ai accepté, et ce n'est pas une erreur,
ton invitation ...
Je n'ai pas vu décliner l'automne. L'hiver ce matin collait à ma vitre comme une évidence. Où se cachent les ocres d'hier, les marrons craquelés ?
Lorsque j'étais petite, je fourrageais sous les platanes, les feuilles amoncelées recouvraient mes pieds. J'entourais de mes bras les troncs immenses, frottais mon visage contre le vert et le gris
des écorces, rêvais d'une cabane dans les étages branchés. Je n'étais pas une enfant tourmentée. C'est en partie pour cela que je suis devenue une adulte si compliquée.
Ce n'est pas assez dire que je suis désordonnée. Quand je panique, les idées, les choses, tout m'échappe. Alors, une sorte d'hystérie me gagne qui me pousse hors de moi, et ça me parle au ventre
tandis que c'est à ma tête que cela devrait s'adresser.
C'est avec le ventre qu'on pique des crises de nerfs, par manque de maîtrise, d'amour, de sexe, de nourriture. Affamé, un ventre se met en colère, il veut manger, il veut jouir.
Parfois, je me demande avec quoi je peins. D'où me viennent le sens artistique, le trait, l'esquisse, les nuances, la lourdeur, l'aisance ? Et d'où me vient chaque matin l'irrépressible envie de
gagner l'atelier ?
Il est huit heures moins le quart. Je me gare en bas de l'atelier.
Mes pas gravissent les marches de l'escalier, me conduisent au premier. J'ouvre, j'entre, je m'assieds sur la première chaise qui se présente, je bous, je suis de la boue, souillée, réduite à la
colère, concentrée sur cette chose en moi qui n'est pas bonne :
Ederlezi. Joue pour moi, ça coule sur mon joug, ça gicle dans mes veines, ça suinte dans mon encre en fracas de velours noirs.
Ederlezi. Cri gitan et l'archet ne me fait pas forcemment du bien, ou il m'en fait, mais de l'archet je ne me délie.
Quelqu'un doit arrêter cet air que je respire, ce soupir que je pousse, ce silence entre mes mots. Mais il n'y a pas de mots sans ta musique.
J'avais perdu les larmes, je ne les voulais pas. Il y a des notes, elles inondent ma peau et sans avoir bu je les verse comme une soularde. C'est l'âme slave. Mes crispations l'avaient
muselée.
Quelqu'un doit jouer cette musique pour que je respire et l'expulse en soupirs, lettre après lettre, jusqu'à écrire sans presque plus de mots, entre une pause et trois silences...
Quelqu'un doit. Pour une tzigane de cristal, avant qu'on ne la bouscule autrement et qu'on la casse sans l'avoir brisée en mille éclats de sons.
Quelqu'un doit. Parce qu'il n'y a pas de glu pour la transparence.
Ederlezi. Jeu de cristal.
Et reveiller la joueuse de mots.
Moisissure en mon coeur , une ombre violetée. Bleuie par inadvertance. Poubelle, mais pas tout de suite. Visite du lieu avant toute chose.
De la musique et des paroles d'abord. Aimer à perdre la raison...
C'était une pagaille cet atelier, ça puait la térebenthine à plein nez! Gouache en coulure sur la palette vieille, peinture incertaine... Sur la seule toile propre, un sapin se détachait.
D'un vert unique, sans nuance... Je ne connaissais pas cette teinte, et le nom pour la qualifier me manque aujourd'hui encore. Beauté de ce tableau en devenir. Un simple sapin, touffu, sans
décoration, sans forêt, sans fond.
Et parce que jamais je ne devais revenir ici je ne connaîtrais l'aboutissement de l'ouvrage à peine entamé... Il évoquait la liberté, j'en étais certaine. Ma liberté? Peut-être...
Chaviraient par sa vision mes convictions.
Je pris l'escalier sans me donner la peine de clore l'atelier. Sur le palier du dessous je croisais trois femmes superbes qui riaient et montaient attendre l'artiste certainement. Des
modèles? Que m'importaient ce féminin et ce pluriel qui s'offriraient au peintre un jour ou l'autre?
Demain, je prendrai mes mots et retracerai en quelques lignes ce passage fugace dans l'antre du faiseur de couleurs.
Princesse et bambola,
poupée cassée,
chignon défait,
corset noirci,
jupe à volants,
rêve envolé,
c'est marche ou crève,
la reine de rien...
Mendiante,
manante,
poupe oubliée
à la corde des joutes...
Imaginer
être encore belle ou celle
c'est mine de rien mine de crayon plantée en écharde
dans la peau,
tatouage inopiné à l'opinel,
bibelot bimba,
bambou brisé,
Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)
Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est
venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)
Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)
On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)
Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.
(Marguerite Duras, C'est tout)
S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix
pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)
Traduire dans une autre langue ? C'est possible...
L'acte plume
L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.
L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.
Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs. Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette
simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.
Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.
Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau
cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.
Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est
aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.
Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes,
d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.
La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte. Et cadeau. Même mortel.
Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
Co errante, pour Cathy /Acteplume
Un autre texte cadeau :
Bleu
offert par Blue Jam
Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule
chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se
raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.
Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite.
Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.
La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre
quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.
La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu.
C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.
Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie.
Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !
Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon
choix.
Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.
Un autre texte cadeau :
Cathounille
offert par Mimi Pradoline
Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes
encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
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