Acteplume

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( Nouvelle retenue et publiée par Liroli en 2006, concours, "un fait banal éclairé par un regard nouveau")


Extrait.
 

On m'a donné de ses nouvelles.
Un hasard qui fait bien les choses.
Justement, je me demandais : que fait-il? Comment est-il ? ça fait combien déjà ? Trente-six moins quinze... vingt- et un ans... Tant que ça!
Je me la posais, non, cette question, récemment, c'était... C'était dix ans plus tôt.
 
Dernièrement, ma mère aux beaux yeux bleus m'a interrogée. (Faut-il que les mères devinent tout, et lisent systématiquement dans nos pensées ? Mince ! C'est privé tout de même !)
- Tu te souviens de...? Tu l'aimais bien. Qu'est-il devenu ?
-Journaliste Maman. Il est sûrement tout boursouflé, vieilli, il fume, il boit, il...
- A embelli ! Est encore mieux ! Très séduisant ! Une sorte d'aventurier avec des ridules au coin des yeux...
J'ai changé de sujet (Il a pas un peu grossi le chien ?) pour terminer cette conversation rieuse et protéger mes secrets.
En vérité j'en savais davantage et je l'ai gardé par-devers moi...
 
***
-Si je te racontais la bringue d'hier soir avec les Dupont ! Tu vois de qui je parle ? Tu étais au lycée avec leurs enfants...
Il suffisait de ne pas demander ! Il suffisait d'aller travailler, d'ouvrir le bureau, d'attendre...
Attendre que ce professeur de français, adorable, amie de ses parents, des miens, vienne joyeusement me conter sa soirée.
- Ah oui ? ai-je répondu aimablement. Et... ils sont dans quoi, leurs enfants?
- Eh bien, je vais te dire...
 
Et elle m'a dit.
 
Aprés, j'ai allumé l'ordinateur. Sur internet, j'ai sélectionné le meilleur moteur de recherche, je lui ai donné des mots, des noms, comme une bouteille à la mer. Une bouteille fine, cristalline, parfumée, entêtante, remplie d'un vocable doux, évocateur, merveilleux, de destinations inconnues... J'ai déchiffré chaque indice, déjoué les pièges des pages qui se dérobaient, refusaient de s'ouvrir. J'ai commencé par ses articles en France, publiés dans le journal d'une lointaine région (pourquoi diable s'était-il exilé là-bas ?). J'ai bu ses phrases, tout mon soûl, goûté à ses idées, flairé ses virgules, franchi ses archives... celles du passé. Ensuite, pour apprivoiser sa réalité, j'ai visité son actualité. 

(...)
 

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (2)   
 
Mon père joue aux boules avec ses amis. Il a refait sa vie. Il a une autre femme. Y'a longtemps, il m'emmenait au boulodrome. C'est fini aujourd'hui. Il a jamais joué à être mon papa.
Ma mère et mon petit frère sont ma famille. Elle est pas souvent tendre, Maman. Elle croit que, comme ça, elle remplace mon père. Elle s'est pas remise avec un homme. Elle travaille dur. J'ai tout ce qu'il me faut, elle dit, Maman.
Quand je mets mon pouce dans la bouche, quand je suçote un vieux chiffon de soie, elle se met en colère. Y'a des choses qu'elle capte pas.

- Pourquoi t'es gothique, Lucas ? C'est laid ce style !

T'es furieuse. Je t'aime. Je voudrais un câlin. Un gâté pour enfant petit. Je voudrais recommencer mon histoire.
Pardon Maman. Je suis si noir dedans. Je suis pas le seul. Ma copine Amélie, du noir, elle s'en met partout. Elle c'est pour le style. Moi, c'est pour de vrai.

Avec mon cutter, j'incruste des signes sorciers dans ma peau ... ça fait trop mal.
Je le montre à tout le monde parce que j'arrive pas à le dire. Même à toi, Maman-mon-amour, j'arrive pas à te le dire. J'ai que douze ans. Depuis dix ans mon père joue aux boules avec ses amis. J'aimerais être comme mon frère. Lui, il y pense pas. Toi, tu peux rien y faire, tu travailles tant pour nous. C'est pas comme moi. Je travaille mal à l'école. T'es si belle. T'as toute la place dans mon amour.

Mais tu sais Maman, si jamais ça marche les trucs de magie noire, je veux un gâté pour enfant petit. Que ça.
par Cath, Cathouche publié dans : textescourts ajouter un commentaire commentaires (1)   
 

De la liberté d'expression.

Petit texte sur ma page perso totalise huit lectures supplémentaires aujourd'hui. Petit tableau de mots danse sous les tiens qui commentent, dessinent ton regard attentif.

Des phrases libres de papier, vivent, respirent. Mes phrases espèrent chanter à ton oreille.

Et tu es plusieurs. Tu te multiplies, renouvelles tes clics sans claques, tes mics et tes macs, et ressources ma source.

Petites nouvelles autour de ma signature frémissent sous une caresse d'éditeur. Des histoires d'un jour s'impriment en cinq cents exemplaires. Les trois quarts ne se vendront pas.

Alors mes mots étouffent, se bousculent, figés sur le grain.

Ce n'est pas du sable, le vent ne t'en apporte pas.

Récits perdus ? Moments, souvenirs, inventions, fantasmes dans un sarcophage d'exclusivité.

Le petit texte, lui, vogue sur mes pages persos, de site en site, et de cyber espace en téléchargement gratuit, il rit, jouit, t'aime, vous aime.

Mes petits textes vous sourient.

Reste en ligne ! 600 lectures ...
 

par Cath, Cathouche publié dans : textescourts ajouter un commentaire commentaires (3)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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