Portrait par Miriam Naïli http://chezmimidup.blogspirit.com
Et pourtant...
Ne pas regarder ses yeux…
Elle a la couleur de l’automne, sa bouche sait goûter les saveurs de l’été, les fraises des sous-bois, dire cela, oui, remarquer comme ses traits sont fins, glisser ici le printemps que sa peau semble respirer, mais surtout… ne pas se laisser happer par ce regard. Ne pas plonger avec lui.
Pas le cœur. Qui bat pourtant maintenant à tout rompre. A te casser.
Alors, tu la regardes. A ton corps défendant. Elle ne te voit pas. Elle est ailleurs. Tellement en elle. Tellement toi.
Alors, tu la combats. Tu sais que là où elle est, tes blessures sont. Et se réveillent. Te lacèrent.
Il ne faut pas.
Souligne le cou gracile, ce port altier, attendris-toi sur cette mèche échappée. Pense à cette fille du soleil qui
Mais voilà…
Tu plonges.
Le front est grisé. Le regard, que l’on devine pur, est sidéré ; Au dedans, là, derrière ce front, dans les pensées submergées par cette immense tristesse.
La femme ne parle pas. Plus. Elle est figée. Dans ce souvenir et dans ce tableau.
Et toi, tu ne diras rien non plus.
A jamais.
A chacune son silence.
Hurlantes.
Superbes esquisses croisées de mots et d'images, regards de femmes, mondes de Co errante et de Miriam viennent souffler en brise légère sur Acteplume. Merci ne sera jamais suffisant pour un tel cadeau...
Extrait.
Elle voulait voir la mer avec moi. Pas toute seule comme depuis toujours. Pas toute seule malgré les hommes de fortune et les femmes qui passent, qui passent ... Les merveilleuses
femmes.
Elle voulait voir la mer se refléter dans mes yeux. Elle voulait voir mes yeux. Je lui ai dit vous savez, ils n'ont rien de terrible ou d'exceptionnel, ce sont des yeux, ils regardent, oui, ils
regardent.
Je lui ai donné un rendez-vous. Elle avait proposé : Ecrivons ensemble sur le thème du rendez-vous, quel joli thème, ne trouvez-vous pas ?
Quand elle a vu mes yeux, elle s'est sentie petite. J'ai eu l'impression qu'elle se posait dedans comme pour s'assoir ou se coucher, comme la chatte quand elle s'installe sur mes genoux. Quand la
chatte vient, je fais attention car elle est craintive et tremble au moindre grondement, au moindre agacement.
Je lui ai offert un café. Elle a avoué m'aimer depuis très longtemps, savoir qu'un chat échaudé craint l'eau froide mais que si je voulais bien goûter l'eau douce, chaude sans jamais brûler
...
J'ai alors précisé n'avoir rien à offrir. Elle a répondu je ne demande rien, je prendrai ce que vous voudrez bien.
Elle voulait voir mes yeux. Poser sa tête sur mon épaule pour flairer ma peau. La chienne fait ça, elle enfourne sa truffe tiède au creux de votre bras, docile, inconditionnelle.
Elle a voulu passer ses doigts légers dans mes cheveux et les a trouvés doux. Elle a posé sa main sur ma jambe et elle l'a trouvée ferme. Elle a passé son pied autour de mon mollet et elle s'est
sentie bien. Ce n'était pas encercler, c'était caresser, effleurer.
J'écrirais bien le reste mais elle a dit restons pudiques.
(...)
par Cath, Cathouche
publié dans :
micronouvelles
10
Seul,
Au milieu de la foule,
Je suis mal dans ma peau,
Et les gens qui m'entourent
Ne sont que des fantômes.
Invisible,
On s'agite tout autour
Indifférent je vais
Personne ne me voit
Je suis seul et j'ai froid.
Quête,
Où es tu toi que j'aime
Ou que je crois aimer
Mais qui pour sûr me manque
A m'en rendre malade.
Envoi,
Moi qui te cherche en vain,
Aveugle, désemparé,
Ne peux-tu donc me voir
M'entendre, me secourir,
Ne peux-tu donc m'aimer.
C'est un lac de montagne,
Rieur sous le soleil.
Un endroit qui devient
Sinistre sous la pluie,
Une atmosphère pesante,
L'hiver, lorsque la nuit
Impose son froid silence,
Qui ‚étouffe la vie.
Aujourd'hui c'est l'hiver,
Il pleut et je m'enfonce
Dans la nuit et j'ai froid.
Mais soudain devant moi
Une flamme vacille
Une douce musique,
Une douce chaleur,
La flamme devient soleil,
Et je ne vois plus qu'elle
La musique me berce
Et je n'entends plus qu'elle
Tu es là, et je suis
Dans tes bras tout blotti
Tu me réchauffes, je vis
De l'assurance je prends
Je te serre à mon tour
Et mes yeux dans tes yeux
Et ma bouche sur ton front
Et tes lèvres sur mes lèvres...
Je t'aime.
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