Acteplume

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0e3c54fac1eb4e8021c73289edc14e4f.jpgPortrait par Miriam Naïli  http://chezmimidup.blogspirit.com



  Et pourtant...


  Ne pas regarder ses yeux…
Elle a la couleur de l’automne, sa bouche sait goûter les saveurs de l’été, les fraises des sous-bois, dire cela, oui, remarquer comme ses traits sont fins, glisser ici le printemps que sa peau semble respirer, mais surtout… ne pas se laisser happer par ce regard. Ne pas plonger avec lui.
Pas le cœur. Qui bat pourtant maintenant à tout rompre. A te casser.
Alors, tu la regardes. A ton corps défendant. Elle ne te voit pas. Elle est ailleurs. Tellement en elle. Tellement toi.
Alors, tu la combats. Tu sais que là où elle est, tes blessures sont. Et se réveillent. Te lacèrent.
Il ne faut pas.
Souligne le cou gracile, ce port altier, attendris-toi sur cette mèche échappée. Pense à cette fille du soleil qui
Mais voilà…
Tu plonges.
Le front est grisé. Le regard, que l’on devine pur, est sidéré ; Au dedans, là, derrière ce front, dans les pensées submergées par cette immense tristesse.
La femme ne parle pas. Plus. Elle est figée. Dans ce souvenir et dans ce tableau.
Et toi, tu ne diras rien non plus.
A jamais.
A chacune son silence.
Hurlantes.

Superbes esquisses croisées de mots et d'images, regards de femmes, mondes de Co errante et de Miriam viennent souffler en brise légère sur Acteplume. Merci ne sera jamais suffisant pour un tel cadeau...

par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (8)   
  Juste un sillage d’écume


  Oui, je suis la grande route qui avale et qui trace. Avec un aller simple, sans billet de retour. Mais aussi le chemin qui serpente au lointain. Et reste derrière vous, collant sur vos talons jusques à la maison.

Oui, je suis le lampadaire qui étincelle dans la ruelle sombre. Mais aussi la blanche lumière, brûlante et aveuglante, qui sait vous éblouir, juste de temps en temps.

Oui, dans ces moments-là, vous réapprenez à vivre. Dans ces moments-là, vous vous donnez encore et encore. Et dans ces moments-là, vous réapprenez à aimer. Puis, dans ces moments-là, vient le temps, encore et encore.

Oui, je suis l'aube nouvelle et un ciel tout neuf où j'accroche des étoiles à la nuit. Et moi, malgré tout, je me sens comme écartelée avec juste ici, une cassure, un divorce intérieur.

Dois-je rester, continuer et tracer mon chemin ? Ou m'embarquer au loin, sur ce sillage d’écume et tout laisser sombrer ?
par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (3)   
Pour mes "longues vacances" sur mon île déserte, j'emmènerais :

Un ouvre-boîte
Une aiguille et sa meule
Un Kway et son parapluie
Un bout de la mère Michel
Une langue de Belle-Mère
Un Tiger l'osmose
Un rayon de lune
Un croissant de soleil
Une barrette mémoire 16K octets
Un chat tigré
Une souris et son tapis volant
Paméla Anderson
Un Big Bang
Une Super Novae
Un trou noir
Un puits et son seau
Un câble Ethernet
Un autre Tiger l'osmose
Un timbre neigeux
Un volucraire
Un atome de fluor
Une galaxie spirale vue de profil
La photo d'un clerc de notaire
Un système top solaire
Une adresse internet valide
Des petits grains, grains par grains, pour ma besace

Et... Brad Pitt

Google … c'est tout … j’ai de quoi planter ma tente…
par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (1)   

Extrait.

  Elle voulait voir la mer avec moi. Pas toute seule comme depuis toujours. Pas toute seule malgré les hommes de fortune et les femmes qui passent, qui passent ... Les merveilleuses femmes.

Elle voulait voir la mer se refléter dans mes yeux. Elle voulait voir mes yeux. Je lui ai dit vous savez, ils n'ont rien de terrible ou d'exceptionnel, ce sont des yeux, ils regardent, oui, ils regardent.

Je lui ai donné un rendez-vous. Elle avait proposé : Ecrivons ensemble sur le thème du rendez-vous, quel joli thème, ne trouvez-vous pas ?

Quand elle a vu mes yeux, elle s'est sentie petite. J'ai eu l'impression qu'elle se posait dedans comme pour s'assoir ou se coucher, comme la chatte quand elle s'installe sur mes genoux. Quand la chatte vient, je fais attention car elle est craintive et tremble au moindre grondement, au moindre agacement.

Je lui ai offert un café. Elle a avoué m'aimer depuis très longtemps, savoir qu'un chat échaudé craint l'eau froide mais que si je voulais bien goûter l'eau douce, chaude sans jamais brûler ...

J'ai alors précisé n'avoir rien à offrir. Elle a répondu je ne demande rien, je prendrai ce que vous voudrez bien.

Elle voulait voir mes yeux. Poser sa tête sur mon épaule pour flairer ma peau. La chienne fait ça, elle enfourne sa truffe tiède au creux de votre bras, docile, inconditionnelle.

Elle a voulu passer ses doigts légers dans mes cheveux et les a trouvés doux. Elle a posé sa main sur ma jambe et elle l'a trouvée ferme. Elle a passé son pied autour de mon mollet et elle s'est sentie bien. Ce n'était pas encercler, c'était caresser, effleurer.

J'écrirais bien le reste mais elle a dit restons pudiques.


(...)

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles ajouter un commentaire commentaires (10)   

Seul,
Au milieu de la foule,
Je suis mal dans ma peau,
Et les gens qui m'entourent
Ne sont que des fantômes.
Invisible,
On s'agite tout autour
Indifférent je vais
Personne ne me voit
Je suis seul et j'ai froid.
Quête,
Où es tu toi que j'aime
Ou que je crois aimer
Mais qui pour sûr me manque
A m'en rendre malade.
Envoi,
Moi qui te cherche en vain,
Aveugle, désemparé,
Ne peux-tu donc me voir
M'entendre, me secourir,
Ne peux-tu donc m'aimer.

C'est un lac de montagne,
Rieur sous le soleil.
Un endroit qui devient
Sinistre sous la pluie,
Une atmosphère pesante,
L'hiver, lorsque la nuit
Impose son froid silence,
Qui ‚étouffe la vie.
Aujourd'hui c'est l'hiver,
Il pleut et je m'enfonce
Dans la nuit et j'ai froid.
Mais soudain devant moi
Une flamme vacille
Une douce musique,
Une douce chaleur,
La flamme devient soleil,
Et je ne vois plus qu'elle
La musique me berce
Et je n'entends plus qu'elle
Tu es là, et je suis
Dans tes bras tout blotti
Tu me réchauffes, je vis
De l'assurance je prends
Je te serre à mon tour
Et mes yeux dans tes yeux
Et ma bouche sur ton front
Et tes lèvres sur mes lèvres...
Je t'aime.

 

 

 

par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (5)   
  Acidulée, amère, douce ? Verte, jaune, rouge ?

  A croquer, à boire, en compote ?

  Toi, ta pomme, comment tu l'aimes ?

  Tu croques une reinette un soir de juillet au coeur d'une crique ensommeillée. Elle est douce et petite, sa peau brille qui vit bien au soleil.

S'il reste du jus autour des pépins, ainsi qu'un peu de chair, une compote sucrée égaiera à nouveau tes papilles.

Trois gouttes de suc et nous ferons du cidre.

Passent les Grany Smith qui d'habitude ont plus de charme à ta bouche. Sans doute ce petit goût acide. Attention, ça bascule vite au aigre ou à l'amer, ça se croque mais avec le restant tu ne peux même pas obtenir un bon jus.

La Grany, tu n'en fais pas une bonne poire après le café, et faut reconnaître que le pousse-café pour terminer
la soirée, moi la première, j'aurais regretté de m'en passer !

Quoi qu'il en soit la pomme étant biodégradable, si tu balances le trognon sous les pins, personne ne t'en tiendra rigueur !

Tout ça pour dire que je connais une crèperie dans laquelle on boit du très bon cidre. Si ça te dit ...



par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles ajouter un commentaire commentaires (2)   
  A la Mi-Carême d'autres ont jeuné.

A la mi-juillet le matador fit tourner la poupée dans la boîte à musique. Médiator à chaque doigt, il avait tous les droits, il fit vibrer la belle, l'anima en arpèges.
Elle respira.

A la mi-août elle caressa les chats, deux noires pour une blanche, accepta de taire les mots, ils n'avaient plus de charme, qu'y pouvait-elle s'il ne les voulait pas, comprit que jamais elle n'avait cessé d'être rien. Elle joua les pauses. Et les silences.

Savoir être impuissante c'est être un peu moins petite.

A la mi-nuit elle sut qu'il l'avait oubliée. Elle leva le menton, dessina un sourire.

Puisque.

Quand vous la croiserez en automne, vous la trouverez mignonne et bien sage, elle vous dira que la vie est belle, et c'est vrai, partagera sa musique, le jazz et Georgia on my mind.

Alors, son petit minois vous offrira, le doux mensonge, son joli moi de septembre...
par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles ajouter un commentaire commentaires (1)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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