Acteplume

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Duo de Cath avec Mimi (Couleur Pradoline)


  « Fleur de lys » et « Tendre rêveur » se sont croisés sur un site de rencontre peu fréquenté : Mythique for love. Après une semaine d'échanges de mails, ils ont décidé de se découvrir à la terrasse d'un café, dans le Paris désert de ce début août. 


  La terrasse ensoleillée accueille Elodie qui prend place dans un joli fauteuil. Elle commande un café...

Quelques passants la regardent. Jolie femme profite de sa quarantaine rayonnante, attend, mais attend vraiment, le prince charmant. Elle l'a sorti des milles et un écrans du Net, ne connaît pas son prénom. Il lui a tout de même révélé son âge : cinquante ans.

Une fleur de lys blanche orne les cheveux d’Elodie. Comment pourrait-il ne pas la reconnaître ?

Le temps de lever le regard sur l'ombre qui assombrit la table ... Il est là, sauf qu'en lieu de cinquante il a visiblement soixante ans. Que faire ? Sourire, dire bonjour, le laisser s’asseoir, et parler.

Bonjour, heureux de vous voir, moi aussi (tu parles !), vous êtes bien jolie, vous êtes élégant (il a un bouton en moins à sa chemise, ne soigne pas ses mains et il parle et il parle ..!)

"Faut que je m'en aille, je n'en peux plus", pense-t-elle. Alors elle dégaine son téléphone portable et s'exclame : comment, mais ma pauvre chérie, mais c'est terrible, non, si, vraiment, j'arrive !

Elle le regarde, si désolée, déçue. Le Prince n'était pas au rendez-vous ...

Il a entendu qu'elle devait s'en aller. Il griffonne sur un papier son numéro de téléphone, et son prénom. Maurice, il s'appelle Maurice. Elle bafouille un merci presque inaudible, saisit le papier, l'abandonne devant son demi tiède.

Mythique, mythique, vous avez dit ... mythique ?

par Cathouche publié dans : Duos de Cath avec... communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (3)   
Zoom sur cette fermeture éclair.
Encore un cran vers le bas.
Encore un de ces petits crochets définitivement séparés.
Des mots en trop.
Inattendus entre deux personnes qui devraient s’aimer.
Qui avaient dit s’aimer.
L’entropie.
Oh, non, pas seulement !
Gravité. Des mots.
Vers le bas. Tirée vers le bas.
Destins parallèles.
En Y. Puis, destin en V.
Accélération.
Parfois un cran vers le haut.
Mais cinq ou six perdus.
C’était il y a longtemps.
Maintenant
les crans du
haut sont rouillés,
inutilisables.
Remontée impensable.
Friche industrielle
en lieu et place
de crans chrysés.
Le métal s’est effrité,
des copeaux d’espoir.
De colère.
Puis d’indifférence.

Il ne reste
plus que
le cran
du
bas.
Celui
de
l’habitude. Oui, celui-là. Il tient tout seul. Par ma fille sûrement.
Je vis, comme je vivrais chez qui veut. Voire moins.


Et j’ai vu sa fermeture éclair à elle. Je n’y ai pas cru. Ouverte. Pour moi. Celle que je voulais. Sans le savoir. Impossible. Délirant. Ebloui. Elle a connecté elle-même les premiers crans. Elle a soudé un à un les premiers mots. Belle avec son casque de soudeur. Déterminée. Envoûtée et visionnaire. J’ai glissé ma main dans sa fermeture éclair et j’ai remonté, descendu, connecté avec les miens. De nouveaux crans. Je ne savais même pas que je les possédais ! Les crans de fer se sont sertis d’acier, puis de titane, d’adamantine même. Les crans sont montés d’eux-mêmes. Se sont soudés vers le haut. Par le haut. Je ne sais plus. J’adore jouer avec la fermeture éclair de sa jupe, de ses pantalons. Elle adore jouer avec la mienne. Nos mots se soudent toujours, s’encastrent à la perfection !

Ah oui, il manque un cran! Celui du bas. Il viendra.
par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (5)   

  Duo de Cath avec Pierre-Luc



Je me sens si bien, je chante juste ton nom.
Façade à peine éclairée, rue déserte. Pas un promeneur, des gens qui sortent et qui rentrent chez eux, sous la pluie. Une nuée d’oiseaux dans le désert.
 



Doit-on dire bar ? Ou pub écossais. Même écossais au pub. Le public discute et boit de la Gordon Scotch. Une personne lève les yeux, parfois deux. Les tablées indifférentes à l'orchestre parlent, rient.
Magie ? L’espace se déchire, l’air tremblote un peu, bruit sec. Dans un nuage de fumée l’orchestre se délite. Un homme en costume bleu prend le micro. Cravate jaune, chemise, baskets blanches, il chante. L’orchestre encore flou émerge du néant.
A la table du fond, un vieil écossais, moustache rousse, casquette à carreaux, levait le coude. Le geste suspendu, la chope reste bloquée en instantané.
Le synthé synthétise, la batterie bat son tempo contre des moulins, le guitariste encordé n’accroche pas sa barbe, les trompettes éclatent de quatre noirs, ils fendent le vent, dansent de conserve, crèvent l’écran de leurs grands ronds cuivrés.
Deux personnes frappent des mains, les regards se croisent, étourdis, les têtes se tournent, presque le silence, le monde est debout, la sueur perle, le rythme contamine. Tous se dirigent lentement vers la scène.
Ils ingurgitent en cadence la chanson de Phil Collins, Sussudio. C'est dans leurs tripes.
Deux personnes, seules dans un décor de brume, ventres cadencés, ventres rythmés, vivent, frappent dans leurs mains, vivent,ne regardent pas autour, ne voient pas les autres, costume bleu, moustache rousse, deux qui se regardent comme ça, guitare du diable et les cors assassinent l’espace, ça danse, ça rêve, deux comme ça... ça crève l'écran.
 

 

par Cath & Pierre-Luc publié dans : Duos de Cath avec... communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (4)   

 Duo de Cath avec Patrick G. Delay    

  J'aurais voulu être un artiste.
Bon, ça n’est pas bientôt fini ce vacarme !
Incompris ! Gratte papier dans la journée, je n’aspire qu’à une chose, aboutir mon œuvre. Je suis musicien… dans l’âme.

Tous les soirs je m’entraîne, fais des gammes, puis donne libre cours à mon esprit créatif et pas à pas, construis l’admirable, le fantastique. Tout irait bien si le voisin du dessus, cet ignare, pouvait enfin admettre la chance qu’il a, d’habiter dans ce petit immeuble de banlieue, là même où l’artiste, c’est moi, crée son œuvre au destin immortel. Mais non, l’homme est ainsi fait qu’il ne voit que la fange dans laquelle il se meut. Ce soir encore, il frappe à ma porte, pour m’insulter.

- S’il vous plaît, monsieur, pourriez-vous avoir l’obligeance de faire moins fort !

Je le toise de toute mon importance.

- Appelez-moi Maître !

Je lui referme la porte au nez. Qu'il retourne à sa batterie de cuisine !
Je pose la guitare électrique. Je pourrais plier la partition mais je gratte sans.
Déconcentré, enervé, je m'installe sur la chaise à roulettes face à l'ordinateur. L'écran noir, pas celui de mes nuits blanches mais de mes jours en points d'interrogation, m'invite au voyage. Inutile. Si j'allume je sais que le bout du monde n'est pas loin, ni pour cette fille ni pour moi. Je suis le musicien de son âme. Je fais danser ses mots. Un seul de ma part suffirait pour qu'elle m'appartienne. Là-bas, elle n'est à personne. Là-bas, ici, avec elle, je serais le roi de l'univers.

Il y a un type au-dessus qui n'a rien compris. Il y a une gitane à la plume qui me voit mieux que toi qui vit à mes côtés. Il y a encore des choses à dire.

Et si ce n'était pas un rêve ?

http://fr.youtube.com/watch?v=ys42KgxU8Y8




par Cath, Cathouche publié dans : Duos de Cath avec... communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   

  le-rouleau-de-Litz-bleu-copie-1.jpgDuo de Cath avec Pierre-Luc

 

Elle : Tu dessinerais ma muse ?

Lui : Celle de la phase où il faut écrire à tout prix ?

Elle : Oui. L'expulsion.

Lui : Oufff, et tu me demandes son apparence ?

       C'est un grillon... Un ange gardien...

Elle : Justement. Pas exacte l'apparence.

Lui : Un petit diable, Pinocchio pour le grillon ?

Elle : Une cithare ?

Lui : Un objet avec une âme...

Elle : Pas un objet.

Lui : Une partition blanche...

Elle : L'idée du grillon.

Lui : Qui se remplit de notes chaque matin. D'abord la portée. Avec les clés. Le rouleau de Litz...

Elle : Partition inlassable...

Lui : Les silences...

Elle : Oh oui, les clés...

Lui : Et tous les signes musicaux. Et les notes arrivent. Se bousculent.

Elle : Tu dessinerais les silences ?

Lui : Possible si tu le demandes...

       Mais après la partition est pleine. Et elle veut que tu joues. Et tu n'as pas toujours le bon instrument... Avec ta petite flûte tu influences tout un orchestre, ou l'inverse.

      Drôle de muse... Tu me la prêtes, dis...

Elle : Si je pouvais...

Lui : Le silence. Je peux dessiner une partition genre rouleau très long, "chargé", à la Litz. Et ensuite, plus rien sur la feuille que la portée. Puis vraiment rien. Puis la portée et la musique reprennent. Genre rouleau.

Elle : C'est le rouleau de l'été.

Lui : Rouleau de hiéroglyphe ou cuneiforme. Rouleau de la voix de son maître.

Elle : Ca rappelle le sexe aussi.

Lui : C'est l'écriture et la voix.

Elle : Sexe ?

Lui : Rouleau compresseur ? Les vagues et les rouleaux de la mer. Au bout du rouleau des fois. Mot très riche en peinture : le rouleau...

       C'est pas dans le vide. C'est par rapport à ta muse.

Elle : Franchement quand on s'y met...

Lui : En même temps...

Elle : Et là, sur une simple question de moi, et regarde encore ce que ces mots si humbles portent comme sens, tu as presque tout fait...

Lui : N'empêche. Tu vois ta muse, c'est un peu le rouleau de Litz...

 

par Cath, Cathouche publié dans : Duos de Cath avec... communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (3)   
L’amour ça se construit, je n’en suis qu’au début,
L’amour c’est un partage
Et je me trouve un peu seul dans ce voyage

Je ne t’aime pas.
L’amour est désintéressé
Et moi je suis aveuglé par mon désir
L’amour est don de soi
Et moi je te vole ton sourire, tes rires, tes caresses, tes baisers
L’amour est généreux
Moi je suis égoïste, je ne pense qu’à moi, en te voyant c’est mon plaisir que je vois..

Je ne t’aime pas
Je ne sais pas me limiter à ce qui est bon pour toi
Je ne sais pas me contenter de t’offrir mon amitié
Je ne peux m’empêcher d’en vouloir toujours plus
Je veux te forcer à modifier ta ligne de conduite
Je veux te forcer à me donner plus que tu ne peux 

Je veux, je veux , je veux

Je ne t’aime pas
Car je ne m’efface pas quand il le faudrait
Parce que j’use de mon côté « sympathique » pour te violer,
J’abuse de ta patience, de ta bonté...

Et pourtant....
Te voir me comble,
Tu me communiques une chaleur, une joie de vivre qui me font fondre.
Tes sourires, tes rires me rendent heureux
Quand je te tiens dans mes bras, malgré tes subtiles réticences, j’ai comme l’impression qu’un peu de ton amour m’est destiné... Je me sens revivre

Même si cela semble n’être pas possible...
Je rêve de construire quelque chose avec toi, 

Je voudrais tant pouvoir t’aimer....
par Cath, Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! ajouter un commentaire commentaires (3)   

   Moi je... veux faire l'amitié avec toi. Construire des cathédrales de rires, accepter ta liberté insolente, dans trente ans poser encore ma tête sur ton épaule, et te prendre en l'état, comme au premier jour.

A faire, l'amour n'est pas difficile, les corps exultent, les âmes pour quelques heures se perdent et jouissent, mais quand l'amour et l'amitié se dressent en majuscules, avoue, mon cher amour, mon cher ami... Avoue...

Moi je veux ... être l'amie particulière, veiller sur toi avec tendresse, brider ma fougue née de la couleur de tes yeux, modérer l'envie de ta cuisse dure, mais en avoir envie quand même et le témoigner moins pour ne pas te gêner.

Je ne te donnerai pas à voir les soirs quand tu me manques, les gestes agacés quand un autre se risque à approcher mes pensées, à enserrer ma taille, je ne te donnerai pas à entendre de reproches, j'ai trop souffert de les subir moi-même.

L'amitié si tu la fais je la fais avec toi.

Faisons l'amitié. Nous nous accorderons la confiance, nous inventerons chaque jour un nouvel horizon. Faisons l'amitié mais qu'à l'amour elle se mêle, qu'à l'amour elle s'emmêle en des noeuds si tenus, si impossible à démêler, qu'à l'amour elle se donne.

Rendons-nous à l'évidence : une histoire aussi belle que la nôtre ne saurait négliger l'amitié.

Je veux mon histoire avec toi. Pas une passagère, qu'on oublie au fil du temps. Pas une en disputes que l'on détruit à force. Pas une en tiraillements et en sous-entendus et en jalousies voilées. Pas une en silences si longs que les mots n'oseraient plus la dire.

Je veux l'histoire de deux personnes qui se regardent aimablement.

Je veux encore les mots bleus chuchotés, dans tes yeux .

Moi je... respire quand tu me parles. Je suis vivante quand tes doigts sur la guitare esquissent une musique plus belle chaque nuit et chaque jour.


Je te l'ai dit pour la couleur de tes yeux, je te l'ai dit pour le grain doux de ta voix, je te l'ai dit pour l'ombre effacée sur ton visage, je te l'ai dit pour la lumière. Je te le dis pour ta beauté intérieure, je te le dis pour ce phrasé impéccable, pour cet humour parfait, pour ta connaissance du monde, pour la passion quand tu en parles, pour ton rire qui cristalise la nuit, l'enchante et la surprend, tu es ma vision d'un lendemain qui chante.

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (3)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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