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« Fleur de lys » et « Tendre rêveur » se sont croisés sur un site de rencontre peu fréquenté : Mythique for love. Après une semaine d'échanges de mails, ils ont décidé de se découvrir à la terrasse d'un café, dans le Paris désert de ce début août. |
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Acteplume... Voyage en mots bleus...
"L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau
cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire."
L'acte plume, Co errante
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« Fleur de lys » et « Tendre rêveur » se sont croisés sur un site de rencontre peu fréquenté : Mythique for love. Après une semaine d'échanges de mails, ils ont décidé de se découvrir à la terrasse d'un café, dans le Paris désert de ce début août. |
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Je me sens si bien, je chante juste ton nom.
Façade à peine éclairée, rue déserte. Pas un promeneur, des gens qui sortent et qui rentrent chez eux, sous la pluie. Une nuée d’oiseaux dans le désert.
Doit-on dire bar ? Ou pub écossais. Même écossais au pub. Le public discute et boit de la Gordon Scotch. Une personne lève les yeux, parfois deux. Les tablées indifférentes à l'orchestre parlent,
rient.
Magie ? L’espace se déchire, l’air tremblote un peu, bruit sec. Dans un nuage de fumée l’orchestre se délite. Un homme en costume bleu prend le micro. Cravate jaune, chemise, baskets blanches, il
chante. L’orchestre encore flou émerge du néant.
A la table du fond, un vieil écossais, moustache rousse, casquette à carreaux, levait le coude. Le geste suspendu, la chope reste bloquée en instantané.
Le synthé synthétise, la batterie bat son tempo contre des moulins, le guitariste encordé n’accroche pas sa barbe, les trompettes éclatent de quatre noirs, ils fendent le vent, dansent de
conserve, crèvent l’écran de leurs grands ronds cuivrés.
Deux personnes frappent des mains, les regards se croisent, étourdis, les têtes se tournent, presque le silence, le monde est debout, la sueur perle, le rythme contamine. Tous se dirigent
lentement vers la scène.
Ils ingurgitent en cadence la chanson de Phil Collins, Sussudio. C'est dans leurs tripes.
Deux personnes, seules dans un décor de brume, ventres cadencés, ventres rythmés, vivent, frappent dans leurs mains, vivent,ne regardent pas autour, ne voient pas les autres, costume bleu,
moustache rousse, deux qui se regardent comme ça, guitare du diable et les cors assassinent l’espace, ça danse, ça rêve, deux comme ça... ça crève l'écran.
Duo de Cath avec Patrick G. Delay
J'aurais voulu être un artiste.
Bon, ça n’est pas bientôt fini ce vacarme !
Incompris ! Gratte papier dans la journée, je n’aspire qu’à une chose, aboutir mon œuvre. Je suis musicien… dans l’âme.
Tous les soirs je m’entraîne, fais des gammes, puis donne libre cours à mon esprit créatif et pas à pas, construis l’admirable, le fantastique. Tout irait bien si le voisin du dessus, cet ignare,
pouvait enfin admettre la chance qu’il a, d’habiter dans ce petit immeuble de banlieue, là même où l’artiste, c’est moi, crée son œuvre au destin immortel. Mais non, l’homme est ainsi fait qu’il
ne voit que la fange dans laquelle il se meut. Ce soir encore, il frappe à ma porte, pour m’insulter.
- S’il vous plaît, monsieur, pourriez-vous avoir l’obligeance de faire moins fort !
Je le toise de toute mon importance.
- Appelez-moi Maître !
Je lui referme la porte au nez. Qu'il retourne à sa batterie de cuisine !
Je pose la guitare électrique. Je pourrais plier la partition mais je gratte sans.
Déconcentré, enervé, je m'installe sur la chaise à roulettes face à l'ordinateur. L'écran noir, pas celui de mes nuits blanches mais de mes jours en points d'interrogation, m'invite au voyage.
Inutile. Si j'allume je sais que le bout du monde n'est pas loin, ni pour cette fille ni pour moi. Je suis le musicien de son âme. Je fais danser ses mots. Un seul de ma part suffirait pour
qu'elle m'appartienne. Là-bas, elle n'est à personne. Là-bas, ici, avec elle, je serais le roi de l'univers.
Il y a un type au-dessus qui n'a rien compris. Il y a une gitane à la plume qui me voit mieux que toi qui vit à mes côtés. Il y a encore des choses à dire.
Et si ce n'était pas un rêve ?
http://fr.youtube.com/watch?v=ys42KgxU8Y8
Duo de Cath avec Pierre-Luc
Elle : Tu dessinerais ma muse ?
Lui : Celle de la phase où il faut écrire à tout prix ?
Elle : Oui. L'expulsion.
Lui : Oufff, et tu me demandes son apparence ?
C'est un grillon... Un ange gardien...
Elle : Justement. Pas exacte l'apparence.
Lui : Un petit diable, Pinocchio pour le grillon ?
Elle : Une cithare ?
Lui : Un objet avec une âme...
Elle : Pas un objet.
Lui : Une partition blanche...
Elle : L'idée du grillon.
Lui : Qui se remplit de notes chaque matin. D'abord la portée. Avec les clés. Le rouleau de Litz...
Elle : Partition inlassable...
Lui : Les silences...
Elle : Oh oui, les clés...
Lui : Et tous les signes musicaux. Et les notes arrivent. Se bousculent.
Elle : Tu dessinerais les silences ?
Lui : Possible si tu le demandes...
Mais après la partition est pleine. Et elle veut que tu joues. Et tu n'as pas toujours le bon instrument... Avec ta petite flûte tu influences tout un orchestre, ou l'inverse.
Drôle de muse... Tu me la prêtes, dis...
Elle : Si je pouvais...
Lui : Le silence. Je peux dessiner une partition genre rouleau très long, "chargé", à la Litz. Et ensuite, plus rien sur la feuille que la portée. Puis vraiment rien. Puis la portée et la musique reprennent. Genre rouleau.
Elle : C'est le rouleau de l'été.
Lui : Rouleau de hiéroglyphe ou cuneiforme. Rouleau de la voix de son maître.
Elle : Ca rappelle le sexe aussi.
Lui : C'est l'écriture et la voix.
Elle : Sexe ?
Lui : Rouleau compresseur ? Les vagues et les rouleaux de la mer. Au bout du rouleau des fois. Mot très riche en peinture : le rouleau...
C'est pas dans le vide. C'est par rapport à ta muse.
Elle : Franchement quand on s'y met...
Lui : En même temps...
Elle : Et là, sur une simple question de moi, et regarde encore ce que ces mots si humbles portent comme sens, tu as presque tout fait...
Lui : N'empêche. Tu vois ta muse, c'est un peu le rouleau de Litz...
Moi je... veux faire l'amitié avec toi. Construire des cathédrales de rires, accepter ta liberté insolente, dans trente ans poser encore ma tête sur ton épaule, et te prendre en l'état, comme au premier jour.
A faire, l'amour n'est pas difficile, les corps exultent, les âmes pour quelques heures se perdent et jouissent,
mais quand l'amour et l'amitié se dressent en majuscules, avoue, mon cher amour, mon cher ami... Avoue...
Moi je veux ... être l'amie particulière, veiller sur toi avec tendresse, brider ma fougue née de la couleur de tes yeux, modérer l'envie de ta cuisse dure, mais en avoir envie quand même et le témoigner moins pour ne pas te gêner.
Je ne te donnerai pas à voir les soirs quand tu me manques, les gestes agacés quand un autre se risque à approcher
mes pensées, à enserrer ma taille, je ne te donnerai pas à entendre de reproches, j'ai trop souffert de les subir moi-même.
L'amitié si tu la fais je la fais avec toi.
Faisons l'amitié. Nous nous accorderons la confiance, nous inventerons chaque jour un nouvel horizon. Faisons l'amitié mais qu'à l'amour elle se mêle, qu'à l'amour elle s'emmêle en des noeuds si tenus, si
impossible à démêler, qu'à l'amour elle se donne.
Rendons-nous à l'évidence : une histoire aussi belle que la nôtre ne saurait négliger l'amitié.
Je veux mon histoire avec toi. Pas une passagère, qu'on oublie au fil du temps. Pas une en disputes que l'on
détruit à force. Pas une en tiraillements et en sous-entendus et en jalousies voilées. Pas une en silences si longs que les mots n'oseraient plus la dire.
Je veux l'histoire de deux personnes qui se regardent aimablement.
Je veux encore les mots bleus chuchotés, dans tes yeux .
Moi je... respire quand tu me parles. Je suis vivante quand tes doigts sur la guitare esquissent une musique plus belle chaque nuit et chaque jour.
Je te l'ai dit pour la couleur de tes yeux, je te l'ai dit pour le grain doux de ta voix, je te l'ai dit pour l'ombre effacée sur ton visage, je te l'ai dit pour la lumière. Je te le dis pour ta beauté intérieure, je te le dis pour ce phrasé impéccable, pour cet humour parfait, pour ta connaissance du monde, pour la passion quand tu en parles, pour ton rire qui cristalise la nuit, l'enchante et la surprend, tu es ma vision d'un lendemain qui chante.
Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)
Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)
Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)
On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)
Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.
(Marguerite Duras, C'est tout)
S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)
Traduire dans une autre langue ? C'est possible...
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