Acteplume

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Commentaires

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 C’est aujourd’hui  le 14 juillet

Ce soir c’est le bal des pompiers

Je n’ai pas envie de faire la fête

Mais essayez de dire ça à Paulette

 

Nous nous asseyons à une table

Pour passer une soirée agréable

Paulette me parle de ses conquêtes

Le mauvais vin me fait tourner la tête

 

Un pompier au regard de braise

Me demande si je suis à mon aise

Il m’allume, ce pompier pyromane

Mais il se conduit en gentleman

 

Il me propose de danser avec lui

Et Paulette, complice, me sourit

Il me fait tourner sur la piste

En me serrant fort, l’opportuniste

 

Les feux d’artifice embrasent le ciel

Et tonnent dans la nuit si belle

A l’abri dans les bras de mon soldat du feu

Je sens mon cœur qui se consume peu à peu

par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (8)   
   Le melting potes, c'est évoquer, rappeler, sans dévoiler l'intime. Chaparder les mots et les exposer hors contexte. Et si jamais c'est gagner un sourire, alors... 


Tu voudrais me suivre ?

 

Et si je viens ?

Tu prends un risque.

 

Ne doute jamais des effets de ton écriture. Regarde, je suis là.

 

Tu connais le film Le temps des gitans ?

Tu connais les violons tziganes ?

 

J'ai écrit, ils ont répondu ne pas savoir comment te joindre. Même à Stéphane C. l'imprimeur, j'ai écrit.

 

Faut dire que j'ai pas laisser ce qu'il faut pour qu'on me joigne.

 

Et si je ne reviens pas ?

Je veux juste ton bonheur.

 

Il est temps que tu changes de métier, par exemple, il y a le roman jeunesse, c'est un marché.

 

C'est l'endroit où on trouve le plus de gens de moins de trente ans, c'est jeune et dynamique.

 

L'alcool y est bon marché dans les bars mais il est frelaté.

 

Faut que tu me dises de dégager.

Je ne vais pas le dire comme ça : S'il te plait, laisse-moi partir.

Je laisse partir un homme que je ne connais pas et je l'aime. J'aime un homme que je ne connais pas.

Comme tu y vas...

 

Attention, je suis givrée.

Mais moi je respecte ça, j'ai beaucoup de respect pour ça.

 

Il faut donner à ceux qui jouent de la musique dans la rue. 

 

Dedans y a des gens qui vivent aujourd'hui. Ils doivent être heureux.

 

Je ne sais pas faire grand chose. Je sais faire vivre une maison. Faire entrer l'air.

 

Ma maison c'est ma voiture.

Moi aussi, si j'avais une voiture ce serait ma maison.

 

Ne commence pas. Je ne sais pas combien de temps je vais rester. Une heure ou plus.

 

Je suis bien là, je suis dispo. On est pas pressés.

 

C'est une femme de langue anglaise. Elle a appris le français pour moi.

 

Voyage. Il faut que tu voyages. Prends ta fille et partez comme deux copines pour découvrir le monde. 

 

Django Reinhardt a joué dans ce casino. J'étais fier quand je l'ai appris.

 

Toi aussi tu as les yeux verts.

Mais laisse-moi te dire aussi !

 

Je ne me sens pas de repartir pour une heure et demie de conversation. Je te l'écrirai.

 

Penses-y bien. Là-bas y a pas la mer. 

Là-bas il y a des fruits impressionants, d'énormes pêches au goût extra.

 

Et comme tu peux le voir, je n'ai pas d'appareil photo.

 

Tu as vu le film Amélie Poulain ?

 

 

 

par Cathouche publié dans : Melting potes communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (5)   
   A partir de la proposition de la communauté Ecriture ludique... Liste de mots n°1...

1)désastre, folie, perdurer, chercher, s'envoler, s'effondrer, se relever, se noyer, offrande, sacrifice, déchiqueter, coups, exploser, profondeur, sang, eau, lumière, feu, terre, cercueil, emmurer, poison, noir, éclatant, brulures

2)humain, paroxysme, massacre, animal, tumeur, dévaster, âme, corbeau, cadavre, survivant, catastrophe, brume, poudre, crâne, survivre, meurtrier, cruauté, implorer, victime, destruction, barbare, éternité, vertige, vacarme, carnassier

Comme d'habitude, il est demandé d'utiliser au moins 15 mots sur les 25 que compte la / les liste(s) sur la/lesquelle(s) vous souhaitez écrire, selon une des propositions suivantes :

a) écrire un texte sur la première liste
b) écrire un texte sur la deuxième liste
c) écrire un texte en deux parties distinctes, se suivant vraiment mais pouvant être éventuellement lues indépendamment, chaque partie utilisant une des deux listes, le texte complet utilisant les deux.
d) écrire deux "versions" de la même histoire (deux points de vues, deux personnages différents qui racontent, etc), chaque version utilisant une des listes..."
 



                                   Le journal de ma folie

 

 

  Le 13 juillet, ou peut-être le 11, enfin, aux alentours, vous recevez un SMS, exactement celui-ci :

«  Qu'est-ce que je fais pour les vacances ? Et toi ? »

  http://fr.youtube.com/watch?v=pKnyN4cElSw

  Vous restez pantoise, un rien interdite, vos fesses remuent sur le fauteuil à roulettes, mais à peine, vous hésitez, y croyez-vous, ça n'explose pas encore dans votre tête mais ça ne saurait tarder. Y croyez-vous ? Ce n'est pas grand chose. L'artificier se manifeste ? Préparer le feu ? La fête nationale ? Un truc dans le genre.

Y croyez-vous ? Ne cherchez pas, c'est juste un rêve, vous risqueriez de vous effondrer si vous commenciez à imaginer que la lumière puisse s'envoler d'un téléphone portable...

  Le 15 juillet, ou le 16, si vous préférez, à moins qu'on ne change de mois et même de moi si ça vous égaye...

Il ne faut plus entrer dans la boîte à magie, il ne faut plus entrer dans la boîte à magie, il... 

Il est noir dedans. Je connais les couleurs les plus éclatantes, surtout le bleu, je le décline, celui de l'eau, la bienfaisante, mer mère, prépare-toi, prépare-nous, il va revenir, il revient, il vient, il foule la terre des origines. La chanson qui vous obsède alors, c'est Mathilde. 

  http://fr.youtube.com/watch?v=PUJvsxv1yyI  

Comme le grand Jacques, vous ne saurez refuser l'aubaine, puisque le v'là, allez, sonnez les mâtines, vous êtes complètement dingue... 

  Ce qui perdure ce sont les mots, ce qui perdure ce sont les mots, ce qui perdure,
« Et mon amour dessus
Comme une bête nue », Eluard...
 

Emmurée, libérée, ancien sacrifice, désuète offrande, vous vous relevez, les yeux interrogent ce drôle de cercueil surfait, la boîte à bijoux, dans sa profondeur, vous seule savez, reposent les mortes colères. Et les espoirs fous. Et les vieilles brûlures. Les promesses lointaines : je ne me noierai plus dans le plaisir d'amour. 

Tenez, tenez. Il faut toujours tenir ses promesses. On vous l'a pas appris quand vous étiez petite ? 

  Le 17 juillet ou le 18, ou, on s'en moque de la date, c'est un mardi, parce que le mardi c'est permis annonce le slogan de M6, et le lundi c'est ravioli, mais c'est un autre film... 

Pour la musique, vous nous serviriez bien Les jeux interdits, seulement c'est d'un triste, alors ok pour L'hôtel de la plage. I have never forgotten. Evidemment qu'il y a des étés de porcelaine... 

http://fr.youtube.com/watch?v=PQVtEsm6N4g

Un jour j'ai revu la plage et j'ai joué le brouillon de mon automne. Enfin du nôtre, on l'a joué en duo. Quelqu'un peut appuyer sur la touche on ? Play again, please play again... 

Après le poison l'élixir, après le poison l'élixir, après... 

Faut-il toujours qu'il y ait un après ? 

Regardez-moi, je suis une médiathèque : à partir d'une phrase je retrouve un roman, et même depuis l'exergue je reconnais un livre. Et après ? Un vrai juke box. Christian Delagrange fredonne sur les vynils de ma mémoire, Sans toi je suis seul... Ne cherchez pas le lien, évitons les désastres, celui-ci on vous l'épargne. Sans toi, sang toi. 

Après. Dame down. Down town.

Après et même avant. Vous jetez à la poubelle vos anciens tests amants et déchiquetez toutes ces promesses que vous n'avez pas honorées. Sauf une. Parce que le livre vous l'écrivez. 

Et. 

Malgré vous. 

Cette mauvaise chanson qui trotte trotte ma jument, Les jeux interdits, On a pris le monde pour quelques secondes mais on ne vit pas d'un amour défendu... Mais. D'une mauvaise romance on peut faire un bon rock. Maestro...

 http://www.dailymotion.com/video/x38rne_marcel-dadi-jf-lalanne-jeux-interdi 

  Voilà. Vous êtes la femme de l'homme de trois minutes. Le temps d'une chanson. Le temps d'une vie. Comme le temps passe... 

Quelqu'un peut appuyer sur la touche on ? 

Car tous les coups sont permis. 

Bang bang ?

Non, un bon swing plutôt. Quand j'étais petite, mon chat s'appelait...

 

par Cathouche publié dans : Musique communauté : Ecriture Ludique ajouter un commentaire commentaires (10)   
yemen1-copie-2.jpg
 Les mosquées de San’a, fort de pierre opulent

Clinquant sous le soleil d’ocres et blancs ciselées

Surplombant les montagnes et les déserts brûlants

Invitent les bédouins aux bazars étalés

 

Non loin de la cité autour de la citerne

Entouré de ses femmes Abdallah te reçoit

Et de cruches en fagots en fantômes si ternes

Les voiles enfin s’agitent alors que tu t ‘assois

 

Ce regard millénaire empreint du fond des âges

Posé dans la fraîcheur de la grotte aux alcôves

Boit son lait de chamelle au goût de miel sauvage

Oubliant sa jambia et sa kalachnikov

 

Sous son turban d’hermine en éclair Abdallah

L’air interrogateur pointu comme un poignard

Décrypte l’avenir, devine sa smala

Demain en grandissant être fier montagnard

 

Aux terrasses des champs près la pluie scintillantes

Aux grands troupeaux de mules et d’ânes et de chameaux

Aux falaises trop sèches, aux arêtes accueillantes

Aux chemins tortueux, Yémen aux mille mots

par Cathouche publié dans : Ils, elles, dessinent ou photographient pour Actep ajouter un commentaire commentaires (8)   
  Un homme regarde une femme... 


  Un diable frisé, appelons-le Diabolo, m'entraîne à la bibliothèque, mais oui dit-elle, la maîtresse a dit que. Bref, dans le sillage d'un tourbillon volubile, cotisations réglées, cartes en main, je me retrouve happée par les rayons comme au temps studieux de mes vingt ans, sauf que là, j'en ai presque trente-neuf, j'ai rien demandé, la maîtresse ses idées elle se les met où je pense...

Bien sûr ma chérie aux jolies boucles, bien sûr je suis ravie... Une mini moi montée sur ressorts sautille au milieu des BD, j'ai flairé Duras, Delerm, Woolf, Solers, un truc érotique de Desforges, L'orage, et vous moquez pas, parce que pour l'avoir lu ce truc, mine de rien, aux Editions Blanches, je vous assure que Desforges est un écrivain...

Et là, le titre d'un roman aux Editions du Seuil m'attrape et me dévore, à l'avance, y a des bouquins comme ça...

Un homme regarde une femme.

C'est pas d'hier, le prix indique 90 Frs. Il y a la photo du romancier. Paul Fournel. Ce type a un vrai regard. Un à regarder une femme.

Quant à l'histoire, celle d'un amour qui lutte contre la tristesse d'une femme qui pleure, comme d'habitude, je ne vous la raconterai pas. Je ne vous montrerai pas la tristesse dans le récit. Non. Lisez plutôt.

« J'étais transpercé, mon gilet et ma chemise collaient à ma peau, l'eau ruisselait dans mes manches. Tu pleurais. En caressant tes joues, je faisais la part des gouttes chaudes et des gouttes froides »

« Comment veux-tu que je ne sois pas terrorisé à l'idée de t'aimer ? »

« Te regarder n'est pas te prendre. Te prendre n'est pas te prendre non plus. Avoir la main posée sur ta cuisse pendant que tu conduis n'est pas te prendre. Avoir mon sexe, mes doigts, ma langue dans toi n'est pas te prendre. Goûter ce que tu as dans ton assiette au restaurant n'est pas te prendre. Je stocke tous tes leurres pendant que tu vagabondes. »

Un homme écrit une femme.

« Ton cul a moulé mon ventre à sa forme. Ils varieront ensemble et resteront emboîtés comme chaque soir où tu es dans le lit et où, à l'instant de dormir, tu niches ton cul dans le creux fait exprès de mon ventre .»

« Tu joues. Pour tout le monde tu es un bel orchestre qui joue à l'unisson. Moi, je sais que tu me gardes un petit instrument dans un coin : le violon de ta main gauche, la clarinette de ta nuque, ou la belle contrebasse de ta cuisse. »

Et au final,

« Partout, je cherche ce qui prolonge ton image. Regarder un buisson, le soir, est-ce encore te regarder ? Regarder la mouette, est-ce encore te voir, toi ? Je te trouve dans une pivoine que, longtemps, je détaille : le bien-lisse et le bien-rouge qu'elle donne à voir. Quelques heures plus tard alors qu'elle s'est ouverte, le bien-foisonnant, le bien-bouillonnant, le bien- sexuel, le bien-variant. Elle a penché sa grosse tête sur le bord du vase, et, bientôt, ses pétales dessineront ton visage sur le plateau ciré de la vieille commode. »

Un homme décrit, écrit, regarde, joue une femme.

par Cathouche publié dans : Bouquins communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (2)   
  Ma fille fait des trains avec les pincettes. La loco rouge a du mal à filer droit. Les wagons aux couleurs alternées désobéissent et elle, elle râle parce que rien ne tient comme elle voudrait, et en plus le wagon de queue, le bleu, s'est pris dans ses cheveux !

Je détache le petit objet pour accrocher son shorty en bas de l'étendoir.

Non ! Non ! La bleue, j'en ai besoin ! M'explique sa frimousse qui grimace devant ma logique défaillante. Tiens ! Prends plutôt celle-là !

Je n'ai pas le temps d'accepter sa proposition : une pince à linge jaune attrape le vêtement. Et le tour est joué !

J'accroche les chaussettes avec les blanches un peu vieilles qui font grise mine, les tricots avec les jaunes, parce que les rouges, les bleues, les vertes, ça non, c'est impensable, elles servent à créer des maisons qui dégringolent, des triangles et des carrés ...

Son père demande : t'as pas des jouets ? C'est ... Tu comprends, on a fait une deuxième lessive et il risque d'en manquer ... Les pinces ...

Oui, je sais, elle répond, mais y'a pas de vent, il tient le linge, là, sur le fil, et je joue pas, je fabrique !

Comment ne pas capituler ? C'est tellement évident !

Il s'éloigne, amusé, la bassine vide sous le bras prête à accueillir le linge fraîchement tourné.

Ca sent l'assouplissant à la lavande. Ca sent la plénitude.

Elle rêve, allongée sous les serviettes étendues. Elle crée des formes, imbrique, clique, défait pour refaire ...

Il revient avec un bouillon de draps propres sous son nez et un petit panier en plastique qui contient... des pinces en bois.

Il me sourit. Il est beau quand il me sourit. Doucement il dépose le tout sur le sol.

Draps tirés d'un bord à l'autre du fil claquent, étalent blancheur et fraîcheur, impudiques. Des oreilles de bois clair leur donnent une drôle d'allure !

Il n'a pas vu une petite main plonger dans le panier et en extraire quatre ou cinq pincettes en bois. Il regarde les roses en bouton et les jeunes aubergines s'épanouir au soleil.

Elle est ravie. Elle murmure voilà, ça c'est la rose et ça c'est la orange. Et puis il me manquait la marron ...

Elle lève vers moi son beau regard. Elle me sourit. Elle est si jolie quand elle me sourit. Elle m'interroge. Et celle-ci tu vois Maman, elle n'est ni rose ni orange, sa couleur c'est entre les deux, je l'imagine, mais je trouve pas le mot ... Regarde, d'après toi ...

Je saisis, l'air attentif, l'objet beige en bois râpeux, je l'observe un bon moment ...

Eh bien je dis, c'est saumoné on dirait ! Hum ! C'est saumoné !

L'échafaudage repart. Moi, je divague. Mon attention s'égare dans les aubergines.

Flash back. Dans notre maison de ville Maman accrochait les pulls au fil tendu sous les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue calme.

Tu m'en passes une autre mon amour ?

Je lui tendais les jaunes, gardais les bleues et les vertes et celles en bois, mes préférées.

Installée sur le sol frais de la grande pièce calme, j'inventais des figures et des histoires. C'était bon, c'était grand.

Tu m'en passes une autre Mam' ?

Ils ont noté mon absence et ils se sourient. Ils sont si beaux quand ils se sourient. C'est bon, c'est grand.

Ca sent l'assouplissant à la lavande. Ca sent la plénitude.

par Cathouche publié dans : La fille aux longues boucles de châtaigne communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (4)   
  - Bandol, Maman ! On va à Bandol ?

Il paraît qu'il y a le marché le soir ! On y vend des bijoux, des objets, des peintures ! On peut acheter des robes et des maillots ! En plus j'y suis jamais y allée ! 

  - On dit : je n'y suis jamais allée ! 

Elle trépigne. Excitée, ivre de sa joie. Et moi de ses yeux qui brillent. 

Tout émoustillée elle répond : 

  - C'est ce que je viens de dire ! 

Je lui précise qu'elle n'en a peut-être pas gardé le souvenir mais qu'elle a déjà vu ce marché nocturne. Je ne vois aucune objection toutefois à y retourner.

Contact. On démarre ! 

  - J'avais quel âge ?

  - Pardon ?

  - Le marché avec moi le soir, c'était quand ? 

Les arbres défilent au bord de la route, je ne me presse pas. Des petits chênes, des grands pins. Nuit douce vient assombrir le bleu du ciel de son velours léger, constéllé de pites blanches. Un peu de musique dans la radio, beaucoup de publicités. 

  - Ce n'est pas très précis comme image dans ma tête. Une anecdote  ...  Un soir d'été bien sûr. Une ballade en famille. Tu devais être encore petite puisque Marraine te portais quand tu peinais. Tes boucles serrées descendaient à peine en dessous de tes épaules. Des anglaises vaporeuses, brillantes...

  - Mais on y va quand même là ?

  - Oui, on y va ...  

  - Et   alors, l'anecdote ?

  - On marchait le long de la promenade. Tu donnais la main à Marraine. Amusée, je t'observais. Tu avais l'air ébahie ! Marraine te conduisais fièrement dans cette découverte ! Ses grands yeux verts pétillaient.

  - Elle portait quoi ? De beaux habits ?

  - Forcément ! Toujours bien mise ! 

  - Bon, et après ?

  - Beaucoup de dames te regardaient lorsque nous les croisions. Les dames adorent regarder les enfants ! L'une d'elle s'est arrêtée quelques secondes et a dit : Quelle merveilleuse petite fille ! Quels cheveux !

Tout en s'exclamant elle a caressé tes ressorts bruns, de la plus gentille façon...

  - Et là ?

  - J'ai vu l'eau calme gronder et s'agiter, remuer jusqu'à en devenir dorée, dans les pupilles de ma soeur, ta marraine. Un moment de colère suspendu dans la foule qui allait et venait, emportait au loin la dame et sa caresse !

La voix de ma soeur s'est faite tonnerre et entre ses dents j'ai perçu ses mots grommelés... Non, mais c'est pas un caniche ma filleule ! Mais où elle se croit celle-là ! Non mais !

Si tu savais comme j'ai ri ! Pas longtemps je te l'accorde ! Un regard malachite a eu tôt fait de me transformer en passante modèle ! 

  - Oh là là ! T'as dû te faire minuscule ! Eh mam' ! C'est encore loin Bandol ? 

Elle n'a rien saisi du paysage qui changeait. N'a pas vu le port, les tartanes amarrés, les réverbères accueillants, les traits de peinture au sol qui délimitent les emplacements. 

  - Nous sommes arrivées ! Y'a même une place libre pour se garer ! Jolie promenade ? 

Elle s'étire, détache sa ceinture, baille un peu et m'avoue : 

  - Jolie histoire...

par Cathouche publié dans : La fille aux longues boucles de châtaigne communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (1)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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