Acteplume

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  Longtemps j'y ai cru et je réagis encore aux histoires féeriques qui font rêver les enfants.

La petite souris, toute blanche, une expression coquine dessinée sur son museau, visitait, la nuit, le dessous de mon oreiller. Elle prenait, soigneuse, délicate, ma dent de lait nacrée et déposait des pièces en guise de trésor échangé. Jamais elle ne manquait ce rendez-vous.

Comment les petites souris savent-elles que les dents sont tombées ? Je ne crois pas m'être posée la question ! Certaines choses un peu magiques ne s'expliquent pas !

Une main dans les cheveux décoiffés ma fille passe devant moi pour aller déjeuner.

Elle m'embrasse en route, dissimule à peine un grognement dans son demi-sourire.

- Peluche ! Je dormais bien ! C'est bonne heure encore !

Je suppose que la chatte douce est à l'origine de ce réveil ... Vaporeuse, elle roucoule et danse autour de ma gracieuse à moitié plongée dans le placard à biscuits.

- Euh bonjour Mam' !

- Salut petit vampire !

Elle répond c'est pas drôle en se servant un bol de céréales. Elle ajoute tiens Peluche, ton pain de mie ! Et elle me lance je vais voir ce qu'elle m'a apporté !

Quelques secondes plus tard, entre agacement, reproche et surprise feinte, elle crie :

       - Elle est pas passée ! 
              -  Comment ça, elle est pas passée ? Incroyable ! Elle devait en avoir du travail ! Pas eu le temps je pense.

Sans plus de manière le petit pyjama s'affaire à construire une ville de poupées où les princesses soignent les poneys roses à crins jaunes scintillants et s'installent sans chaussures sur des chaises bleues autour d'une table de camping.

Quelqu'un sait-il pourquoi les escarpins et les bottes de poupées ne vont jamais par deux et ce qui pousse les fillettes à les laisser pieds nus ?

Pour palier mon oubli j’attrape plusieurs pièces de monnaie qui traînent devant les livres du secrétaire et me rend mine de rien jusqu'au lit défait de ma chipie. L'air joueur, je me jette dans la couette en bouillon, froissée, et glisse mes doigts sous le traversin.

       - Un câlin ?

- Après oui ! Je construits la salle de bain ! Ah ! Elle veut sortir !

Sauvée par la chatte en mal d'air frais ! Je me lève, sors de la chambre et traverse le séjour pour ouvrir la porte. Pffuit ! Peluche s'engouffre, frissonne et se pâme sous le soleil matinal.

Je m'apprête à revenir à la charge sur le sujet du jour... tandis qu'une chevelure ébouriffée explique à ma sœur au téléphone :

- Tu te rends compte Marraine, elle est pas passée ! Toi, elle passait à l'heure, non, quand t'étais petite ?

Je l'entends de là lui répondre bien sûr, mais c'est inadmissible, comment peut-elle se permettre, la petite souris se prend de ces libertés, ah je vous jure !

Quand ce dialogue est fini, ma brunette laisse le téléphone à l'endroit où elle raccroche. J'attendrai qu'il sonne pour le retrouver !

Je suggère de vérifier sous le traversin parce que si on y réfléchit à deux fois, on a regardé sous le coussin, mais sous le boudin il ne me semble pas ...

Fébriles les petites mains s'affairent, fouillent et trouvent le butin escompté.

- Enfin ! Finalement j'avais pas bien cherché !

Je réponds certes, mais tout de même, tu as douté ...

Tu penses qu'elle existe, toi ?

Elle rit pour toute réponse et dans un clin d’œil réplique ensuite :

- Dis pas de bêtise, Mam', si elle t'entend, elle va se vexer, et là, vraiment, elle risque de plus passer ! 

 

par Cathouche publié dans : La fille aux longues boucles de châtaigne communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (2)   
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Commentaires

Comme tu sembles pressée, petite souris de Cathie... qui oublie aussi une phrase restée esseulée tout en bas du texte.
;-)
J'adore cette petite souris !
commentaire n° : 1 posté par : co errante le: 23/12/2007 22:38:22
Gloups ! Heureusement que tu es vigilante jolie plume ! Quelle étourdie je suis ! J'aime quand tu passes par ici, furette joyeuse  ! 

:)
réponse de : Cathouche (site web) le: 23/12/2007 23:07:20
Profite profite de ces tendres moments, ils grandissent si vite nos enfants !
j'aime ces textes  qui témoignent de l'amour au quotidien !

Bises chrystelyne
commentaire n° : 2 posté par : chrystelyne (site web) le: 03/01/2008 19:04:29

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Dimanche 23 décembre 2007

Livre



         

  La Ciotat, Le Bec de L'Aigle

Merci Clara pour la photo de couverture de mon livre que l'on peut désormais retrouver ici : link  

La rose d'encre en audio


TITEFEE, plume talentueuse qui publie sur Oniris, a pris ma nouvelle, La rose d'encre  link
pour l'animer de sa voix. Merci TITEFEE.

Musique de fond : Romance, Mozart.

                                                    


Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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