Acteplume

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  Par la présente, absente, je me permets de vous recommander de ne pas me recommander. Je suis une avare de mots, pas fine et fainéante, une muse pas marrante, une associée associable, une auteuse malheureuse. Tout en moi vous desservirait. Je n’aime pas m’abaisser pour relever des défis et suis même capable du contraire, à savoir m’élever contre tout  pour foutre en l’air des idées. J’ai la plume dure, rêche, noire et terne, voire s’éternisant sur des sujets peu clairs. J’ai horreur de la flûte traversière, lui préférant les li d’écriture très cons. Je mettrais un point d’honneur, là où vous n’y verriez que fourberies. Et n’écrirais que deux points alors qu’il faudrait en lire beaucoup plus. Ma curiosité est mal placée, je ne trouve toujours que ce qu’il ne faut pas. Vos livres seraient ainsi dénichés et qui sait, ignorés, ou déchirés, ou délogés puis adorés en un gros feu de joie. Je suis dérangée, n’ai aucune notion du temps, du tant, suis toujours dans le trop ou pas assez, ici, ailleurs ou là-bas et aussi là où on ne m’attends pas. Allez donc voir si j’y suis, pour m’éviter, moi qui vous ferais chanter. Pas la peine de me chercher, je ne vous serais d’aucun salut. Là est votre salut.


co errante
http://imprompt-tu.over-blog.org
par Cathouche publié dans : Mes invité(e)s. Pour accueillir vos textes ! communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (6)   

Commentaires

J'adore... ça me rend dingue des mots les gens comme toi.
commentaire n° : 1 posté par : cath (site web) le: 08/05/2008 22:27:58
Voilà de bien beaux jeux de mots. Tu sais te vendre toi au moins ! Quelle promo !
commentaire n° : 2 posté par : Denis le: 08/05/2008 23:43:21
Bon, on se le tient pour dit, on va faire un autodafé de tes oeuvres :)) Beaucoup d'humour dans tout ça !

Amicalement

Théo
commentaire n° : 3 posté par : Théo (site web) le: 09/05/2008 12:39:39

Le Robert ne prend pas de définition pour « un mauvais caractère »…Si….Je viens de les appeler ….Par contre ils m’ont dit que si vous aviez quelque chose pour la flutte traversière ? …Faut les comprendre…Y’a jethro Tull qui leur fait une crise parce qu’il est pas dans le dico des noms propres…Texte à pas mettre entre toutes les "présentations" pour pas risquer la révolution  des profils mais poilant à lire ^^

commentaire n° : 4 posté par : Armagnac (site web) le: 09/05/2008 22:26:38
Cath : "dingue" ? tu vois bien que je ne suis pas recommandable...

Denis : on ne joue pas avec la promo.

Théo : gaffe ! Les amis de mes amis sont mes amis...

Armagnac : vous direz à Robert que j'ai perdu les clés du camion, en plus. Jethro Tull ? Je ferais bien une exception pour juste jouer de l'hélicon avec Anderson, mais c'est bien parce que vous vous appelez Armagnac !

;-)
commentaire n° : 5 posté par : co errante le: 10/05/2008 10:46:58
Je t'invite à jouer chez les équipières.
commentaire n° : 6 posté par : enriqueta (site web) le: 10/05/2008 11:30:23

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Dimanche 11 mai 2008

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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