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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 09:01
Parfois il faut raconter l'histoire des mots. Un peu de jaune dans les yeux verts est le fruit de ma lecture du poème d'Isfranco, dont j'ai repris le titre avec son accord. J'appelle ça un cadeau. Je dois aussi à ce talentueux auteur d'avoir écrit Comme un ange kiss à partir d'une phrase qu'il m'avait dite : "Toi, t'es comme un ange qui s'prendrait pas les ailes". 
Aujourd'hui nous réunissons nos poèmes sur la même page. Et ça aussi je le prends comme un cadeau.
Pour Isfranco et pour Mary sa compagne, pour leurs enfants et pour tous ceux qui les aiment.
Salam et namasté.  

Isfranco, Un peu de jaune dans les yeux verts

J'ai accroché mes yeux
- ils sont verts, un peu de jaune aussi -
À une croix qui m'appelle, qui m'interpelle.
 
La fille qui la porte
Se courbe sous son poids,
Déchirée, dans son ventre,
De passions impossibles.
 
Quand j'ai le cœur trop vide,
L'Irlande se rappelle,
Verte, à mon souvenir
D'une morte, sous les autels
D’églises oubliées…
 
Ô ! la peau des amants
Par lesquels je vécus
Cette croix partagée
Qui me sera confiée.
 
Mes souhaits improbables
Et mes yeux torturés,
Écorchures de rien,
Oublient jusques aux bleus
De l'ombre de mes mains.
 
Bleus - turquoise de mon encre
Qui se croit tout permis -

Pauvre fou,
Vaste idiot,
Qui blesse s'il a mal !
 
Un peu de jaune dans mes yeux verts.
Regarde : une larme qui coule…



Et voici ce que mes mots avaient répondus : 

Un peu de jaune dans les yeux verts (slam)

"Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur comme un peu de soleil dans l'eau froide" Paul Éluard

J'ai accroché à tes yeux verts
Les mots de miel
Et ses cheveux
Un peu de blond et c'est Venise
Mais sur l'Arno tu improvises

J'ai décroché de tes yeux jaunes
Un fil de vert
Un fil d'Ariane
Une fille
Le temps le temps le temps n'est rien
Le cordon limé élimé éliminé
Des passions prévisibles

J'ai crocheté entre tes lèvres
Un canevas de trois brins d'herbe
Soleil voilé ou dévoilé
Un regard sur la toile
Le point de croix
Au point de croire
La chanson engagée
Sur ton air dégagé
Tis the last rose of summer *

Tu avais un poème
En Irlande

À cette fille tu souris

J'ai écorché au nom du slam
Du verre et du bel esprit
Les veines mauves sous ta peau
À Dar es Salam **
La lumière inonde les couleurs
Que la paix soit avec vous

J'ai raccroché entre les lignes
L'encre blessée de tes secrets
Suis-je ainsi folle
Une démente
À démentir les beaux amants
À oublier jusqu'aux yeux verts
Jusqu'aux ombres de la main
Qui blesse en bord de mal
Douleur bordée abordée débordée
Regarde
Au creux de l'ongle j'ai pris ta larme

J'ai accroché tes yeux
À mes mots
À nos voies
Faut-il tant de chemins

Tes yeux ses yeux tous les yeux verts
Les yeux soleils les yeux solaires
Un peu de jaune et c'est Byzance
Un brin de paille sur la langue
Un mot perdu entre les lèvres
Des arcs-en-ciel sur les chakras
Is your heart belongs to her
Que la paix soit avec toi
Namasté ***



* The last rose of summer, Thomas Moore – "Tis" est un terme irlandais, contraction de "it is".

** « Maison de la paix »

*** « Je salue le soleil qui est en vous »


Par Cathouche - Publié dans : textes courts - Communauté : papierlibre
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Les textes cadeaux

Un texte de co errante, L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.


Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.


co errante,

Pour Cathy / Acteplume


Un texte de Blue Jam, Bleu

Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.


Un texte de Mimi, Cathounille

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie… 


cathoune.JPG 


Un texte de Chrystelyne, Du bleu à l'âme


Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !

 

  Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume !  Ça piaille  en tout sens ! Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?

 

J’ai des bleus à l’âme, moi !  Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan  et d’espace  outremer !  Alors ventrebleu !   Du balai !   Et allez voir ailleurs  parbleu que je puisse offrir  mes services à cath !

 

Laissez- moi me nourrir du chuchotement  topaze  de ses soupirs, du murmure cobalt  de ses rêves, de sa respiration marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !

 

Et je décrocherai pour elle l’azur du  ciel  et je le  plongerai dans le turquoise méditerranéen  et j’en ramènerai sur des vagues de papier  aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête,
des mots bleus !




 

Mes nouvelles en audio

  Sur le site Bonnes nouvelles, Nicole Hamann lit J'étais à la fenêtre et je vous ai vus, une de mes rares nouvelles policières, présentée au concours ACLA 2007, lue au théâtre d'Antibes à cette occasion (en ligne également sur L'Etre).

                      Pour écouter, c'est ici :
link

 

                           
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