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La fille aux longues boucles de châtaigne

Dimanche 23 décembre 2007
  Ma fille fait des trains avec les pincettes. La loco rouge a du mal à filer droit. Les wagons aux couleurs alternées désobéissent et elle, elle râle parce que rien ne tient comme elle voudrait, et en plus le wagon de queue, le bleu, s'est pris dans ses cheveux !

Je détache le petit objet pour accrocher son shorty en bas de l'étendoir.

Non ! Non ! La bleue, j'en ai besoin ! M'explique sa frimousse qui grimace devant ma logique défaillante. Tiens ! Prends plutôt celle-là !

Je n'ai pas le temps d'accepter sa proposition : une pince à linge jaune attrape le vêtement. Et le tour est joué !

J'accroche les chaussettes avec les blanches un peu vieilles qui font grise mine, les tricots avec les jaunes, parce que les rouges, les bleues, les vertes, ça non, c'est impensable, elles servent à créer des maisons qui dégringolent, des triangles et des carrés ...

Son père demande : t'as pas des jouets ? C'est ... Tu comprends, on a fait une deuxième lessive et il risque d'en manquer ... Les pinces ...

Oui, je sais, elle répond, mais y'a pas de vent, il tient le linge, là, sur le fil, et je joue pas, je fabrique !

Comment ne pas capituler ? C'est tellement évident !

Il s'éloigne, amusé, la bassine vide sous le bras prête à accueillir le linge fraîchement tourné.

Ca sent l'assouplissant à la lavande. Ca sent la plénitude.

Elle rêve, allongée sous les serviettes étendues. Elle crée des formes, imbrique, clique, défait pour refaire ...

Il revient avec un bouillon de draps propres sous son nez et un petit panier en plastique qui contient... des pinces en bois.

Il me sourit. Il est beau quand il me sourit. Doucement il dépose le tout sur le sol.

Draps tirés d'un bord à l'autre du fil claquent, étalent blancheur et fraîcheur, impudiques. Des oreilles de bois clair leur donnent une drôle d'allure !

Il n'a pas vu une petite main plonger dans le panier et en extraire quatre ou cinq pincettes en bois. Il regarde les roses en bouton et les jeunes aubergines s'épanouir au soleil.

Elle est ravie. Elle murmure voilà, ça c'est la rose et ça c'est la orange. Et puis il me manquait la marron ...

Elle lève vers moi son beau regard. Elle me sourit. Elle est si jolie quand elle me sourit. Elle m'interroge. Et celle-ci tu vois Maman, elle n'est ni rose ni orange, sa couleur c'est entre les deux, je l'imagine, mais je trouve pas le mot ... Regarde, d'après toi ...

Je saisis, l'air attentif, l'objet beige en bois râpeux, je l'observe un bon moment ...

Eh bien je dis, c'est saumoné on dirait ! Hum ! C'est saumoné !

L'échafaudage repart. Moi, je divague. Mon attention s'égare dans les aubergines.

Flash back. Dans notre maison de ville Maman accrochait les pulls au fil tendu sous les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue calme.

Tu m'en passes une autre mon amour ?

Je lui tendais les jaunes, gardais les bleues et les vertes et celles en bois, mes préférées.

Installée sur le sol frais de la grande pièce calme, j'inventais des figures et des histoires. C'était bon, c'était grand.

Tu m'en passes une autre Mam' ?

Ils ont noté mon absence et ils se sourient. Ils sont si beaux quand ils se sourient. C'est bon, c'est grand.

Ca sent l'assouplissant à la lavande. Ca sent la plénitude.

Par Cathouche
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Dimanche 23 décembre 2007
  - Bandol, Maman ! On va à Bandol ?

Il paraît qu'il y a le marché le soir ! On y vend des bijoux, des objets, des peintures ! On peut acheter des robes et des maillots ! En plus j'y suis jamais y allée ! 

  - On dit : je n'y suis jamais allée ! 

Elle trépigne. Excitée, ivre de sa joie. Et moi de ses yeux qui brillent. 

Tout émoustillée elle répond : 

  - C'est ce que je viens de dire ! 

Je lui précise qu'elle n'en a peut-être pas gardé le souvenir mais qu'elle a déjà vu ce marché nocturne. Je ne vois aucune objection toutefois à y retourner.

Contact. On démarre ! 

  - J'avais quel âge ?

  - Pardon ?

  - Le marché avec moi le soir, c'était quand ? 

Les arbres défilent au bord de la route, je ne me presse pas. Des petits chênes, des grands pins. Nuit douce vient assombrir le bleu du ciel de son velours léger, constéllé de pites blanches. Un peu de musique dans la radio, beaucoup de publicités. 

  - Ce n'est pas très précis comme image dans ma tête. Une anecdote  ...  Un soir d'été bien sûr. Une ballade en famille. Tu devais être encore petite puisque Marraine te portais quand tu peinais. Tes boucles serrées descendaient à peine en dessous de tes épaules. Des anglaises vaporeuses, brillantes...

  - Mais on y va quand même là ?

  - Oui, on y va ...  

  - Et   alors, l'anecdote ?

  - On marchait le long de la promenade. Tu donnais la main à Marraine. Amusée, je t'observais. Tu avais l'air ébahie ! Marraine te conduisais fièrement dans cette découverte ! Ses grands yeux verts pétillaient.

  - Elle portait quoi ? De beaux habits ?

  - Forcément ! Toujours bien mise ! 

  - Bon, et après ?

  - Beaucoup de dames te regardaient lorsque nous les croisions. Les dames adorent regarder les enfants ! L'une d'elle s'est arrêtée quelques secondes et a dit : Quelle merveilleuse petite fille ! Quels cheveux !

Tout en s'exclamant elle a caressé tes ressorts bruns, de la plus gentille façon...

  - Et là ?

  - J'ai vu l'eau calme gronder et s'agiter, remuer jusqu'à en devenir dorée, dans les pupilles de ma soeur, ta marraine. Un moment de colère suspendu dans la foule qui allait et venait, emportait au loin la dame et sa caresse !

La voix de ma soeur s'est faite tonnerre et entre ses dents j'ai perçu ses mots grommelés... Non, mais c'est pas un caniche ma filleule ! Mais où elle se croit celle-là ! Non mais !

Si tu savais comme j'ai ri ! Pas longtemps je te l'accorde ! Un regard malachite a eu tôt fait de me transformer en passante modèle ! 

  - Oh là là ! T'as dû te faire minuscule ! Eh mam' ! C'est encore loin Bandol ? 

Elle n'a rien saisi du paysage qui changeait. N'a pas vu le port, les tartanes amarrés, les réverbères accueillants, les traits de peinture au sol qui délimitent les emplacements. 

  - Nous sommes arrivées ! Y'a même une place libre pour se garer ! Jolie promenade ? 

Elle s'étire, détache sa ceinture, baille un peu et m'avoue : 

  - Jolie histoire...

Par Cathouche
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Dimanche 23 décembre 2007
  Longtemps j'y ai cru et je réagis encore aux histoires féeriques qui font rêver les enfants.

La petite souris, toute blanche, une expression coquine dessinée sur son museau, visitait, la nuit, le dessous de mon oreiller. Elle prenait, soigneuse, délicate, ma dent de lait nacrée et déposait des pièces en guise de trésor échangé. Jamais elle ne manquait ce rendez-vous.

Comment les petites souris savent-elles que les dents sont tombées ? Je ne crois pas m'être posée la question ! Certaines choses un peu magiques ne s'expliquent pas !

Une main dans les cheveux décoiffés ma fille passe devant moi pour aller déjeuner.

Elle m'embrasse en route, dissimule à peine un grognement dans son demi-sourire.

- Peluche ! Je dormais bien ! C'est bonne heure encore !

Je suppose que la chatte douce est à l'origine de ce réveil ... Vaporeuse, elle roucoule et danse autour de ma gracieuse à moitié plongée dans le placard à biscuits.

- Euh bonjour Mam' !

- Salut petit vampire !

Elle répond c'est pas drôle en se servant un bol de céréales. Elle ajoute tiens Peluche, ton pain de mie ! Et elle me lance je vais voir ce qu'elle m'a apporté !

Quelques secondes plus tard, entre agacement, reproche et surprise feinte, elle crie :

       - Elle est pas passée ! 
              -  Comment ça, elle est pas passée ? Incroyable ! Elle devait en avoir du travail ! Pas eu le temps je pense.

Sans plus de manière le petit pyjama s'affaire à construire une ville de poupées où les princesses soignent les poneys roses à crins jaunes scintillants et s'installent sans chaussures sur des chaises bleues autour d'une table de camping.

Quelqu'un sait-il pourquoi les escarpins et les bottes de poupées ne vont jamais par deux et ce qui pousse les fillettes à les laisser pieds nus ?

Pour palier mon oubli j’attrape plusieurs pièces de monnaie qui traînent devant les livres du secrétaire et me rend mine de rien jusqu'au lit défait de ma chipie. L'air joueur, je me jette dans la couette en bouillon, froissée, et glisse mes doigts sous le traversin.

       - Un câlin ?

- Après oui ! Je construits la salle de bain ! Ah ! Elle veut sortir !

Sauvée par la chatte en mal d'air frais ! Je me lève, sors de la chambre et traverse le séjour pour ouvrir la porte. Pffuit ! Peluche s'engouffre, frissonne et se pâme sous le soleil matinal.

Je m'apprête à revenir à la charge sur le sujet du jour... tandis qu'une chevelure ébouriffée explique à ma sœur au téléphone :

- Tu te rends compte Marraine, elle est pas passée ! Toi, elle passait à l'heure, non, quand t'étais petite ?

Je l'entends de là lui répondre bien sûr, mais c'est inadmissible, comment peut-elle se permettre, la petite souris se prend de ces libertés, ah je vous jure !

Quand ce dialogue est fini, ma brunette laisse le téléphone à l'endroit où elle raccroche. J'attendrai qu'il sonne pour le retrouver !

Je suggère de vérifier sous le traversin parce que si on y réfléchit à deux fois, on a regardé sous le coussin, mais sous le boudin il ne me semble pas ...

Fébriles les petites mains s'affairent, fouillent et trouvent le butin escompté.

- Enfin ! Finalement j'avais pas bien cherché !

Je réponds certes, mais tout de même, tu as douté ...

Tu penses qu'elle existe, toi ?

Elle rit pour toute réponse et dans un clin d’œil réplique ensuite :

- Dis pas de bêtise, Mam', si elle t'entend, elle va se vexer, et là, vraiment, elle risque de plus passer ! 

 

Par Cathouche
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Dimanche 23 décembre 2007
  Le soir, j'endors ma princesse. D'abord, nous jouons un peu.

J'invente des personnages. Une petite fille désobéissante, un petit garçon trop gourmand, un bébé cochon qui parle envahissent son espace et lui font la conversation.  Ils la font rire, lorsqu'ils vont trop loin elle les gronde ... si doucement.  Je les incarne. Elle joue son propre rôle. Ses réparties lui ressemblent.

Pendant dix minutes environ, elle se détend, se délasse. Le beau sourire qui est le sien! Entre deux tirades, je lui chuchote  mes je t'aime, je t'adore, tu es merveilleuse! 

Guillerette, elle répond que toutes les mères disent ça. Oui, toutes, elles disent ça à leurs filles! Aucune ne dit le contraire!

Chahut. Indignation.

Oh! Mais non! Je suis la seule!

Rire. Gloussements. 

Allez, on dort! Non, d'abord,  dans mes bras, des mots câlins encore pour te bercer, te laisser glisser dans le sommeil. Des mots pour que tu aies bien chaud. T'installer dans mon amour et dans ton lit douillet. Le rose fuchsia, les jaunes en mélange, le marine discret de tes draps et duvets. 

Tu bailles, princesse des bisous, tu t'étires.

Je gagne... Sur le soir, les angoisses. Sur tes appréhensions.

Je gagne sur les monstres de la nuit, le monstre du placard, les ombres.

Tes frayeurs. 

Tes petits bras en écharpe sur mon cou fourragent ma tignasse. Je joue, délicate, avec cette boucle qui agace ton visage.

Chatouille retenue d'une mèche coquine. 

Dans mon étreinte sûre tu t'assoupis. Tes rêves seront tendres... J'ai gagné... 

Par Cathouche
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Samedi 15 décembre 2007
  Y a deux sirènes dans ma salle de bains. L'une est rousse, l'autre est blonde.

Une  verte, une rose. Elles ont toutes les deux un énorme élastique couleur bonbon dans les cheveux. Elles prennent le frais et sèchent assises sur les rebords de la baignoire. 

  Y a un serre-tête bariolé dans ma salle de bains. Pas très large, velouté, avec trois cheveux à ressorts qui pendouillent, s'accrochent et s'entortillent. C'est le voisin d'une crème de douche à l'orchidée, fière et droite, qui se moque de sa soeur à la noix de coco et au lait de palme, couchée, qui dégouline un peu. 

  Y a un sacré foutoir dans ma salle de bains ! Dans un petit étui de fille, les perles de bain mouillées ne cessent de ramollir... J'en vois même une, nacrée, qui s'est égarée, flasque, collante, sur le minuscule shorty à carreaux blanc et saumon que ma soeur a rapporté à ma fille du Portugal... ça lui fait deux fesses rondes si menues que j'enrage contre les petits garçons qui pourraient la voir ainsi. Mais ce n'est que délire : il n'entre pas d'intrus dans ce lieu aux mille parfums ! 

  Y a du linge sale, des serviettes humides, des brouillons d'histoires...
mon téléphone et sa game boy.... les grosses chaussures de son père, son after shave et son déo ... le flacon de gel jaune ultra fixant qui danse à la moindre secousse... On dirait de la gelée! Un bouquin corné et la liste des courses (celle de la semaine dernière tombée d'une poche de Jean’S)... 

  Y a une fillette brune, toute longue, qui vient de prendre un bain digne d'une princesse, avec les deux sirènes. Elle gigote, tapote, rit et fait le pitre.

Ses cheveux couvrent ses fesses et pour une fois, tant ils sont lourds et trempés, ne bouclent pas. 

  Ses cheveux marron chaud qui sentent le shampooing aux oeufs et le démêlant à la glycérine. 

  Avec les sirènes, elles se sont beaucoup amusées, et le savon de Marseille à la lavande a servi de cheval des mers. Lui aussi maintenant il dégouline. Il laisse des traces colorées sur la faïence autrefois blanche. 

  Une fillette châtain qui se la joue fille-de-sa-mère-qui-écrit et m'a piqué le dernier Delerm en folio... 

  - Trop bien, Mam', l'histoire de la poubelle ! Il a décrit tout ce qu'il met dedans !

Ses brouillons ! Ses sachets de thé ! Euh... C'est quoi des côtes de melon?

  - La peau, un mot pour dire qu'elle est dure, comme une écorce... 

  Mon bel amour chante dans la salle de bain... Elle est si tiède, elle sent si bon...

Alors vous voudrez bien comprendre que je vous laisse pour aller l'embrasser...

 

Par Cathouche
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Livres

 Et sans les mains te toucher
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Les textes cadeaux

Un texte de co errante, L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.


Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.


co errante,

Pour Cathy / Acteplume


Un texte de Blue Jam, Bleu

Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.


Un texte de Mimi, Cathounille

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie… 


cathoune.JPG 


Un texte de Chrystelyne, Du bleu à l'âme


Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !

 

  Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume !  Ça piaille  en tout sens ! Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?

 

J’ai des bleus à l’âme, moi !  Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan  et d’espace  outremer !  Alors ventrebleu !   Du balai !   Et allez voir ailleurs  parbleu que je puisse offrir  mes services à cath !

 

Laissez- moi me nourrir du chuchotement  topaze  de ses soupirs, du murmure cobalt  de ses rêves, de sa respiration marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !

 

Et je décrocherai pour elle l’azur du  ciel  et je le  plongerai dans le turquoise méditerranéen  et j’en ramènerai sur des vagues de papier  aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête,
des mots bleus !




 

Mes nouvelles en audio

  Sur le site Bonnes nouvelles, Nicole Hamann lit J'étais à la fenêtre et je vous ai vus, une de mes rares nouvelles policières, présentée au concours ACLA 2007, lue au théâtre d'Antibes à cette occasion (en ligne également sur Oniris et sur L'Etre.

                      Pour écouter, c'est ici :
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  Sur le site Oniris, Titefee lit La rose d'encre.

                      Pour écouter, c'est ici  :
link

  Titefee lit Gazel oriental, toujours sur Oniris. 

                      Pour écouter, c'est ici :
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                            Merci Titefee et Nicole d'avoir prêté vos voix à mon écriture.
                            Je recommande particulièrement ces sites de grande qualité.

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