Acteplume

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Commentaires

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Le melting potes c'est... 

J'ai donné la définition dans le précédent. Celui-ci est différent, il chaparde les mots, les sort du contexte, respecte l'intime, mais il ajoute mon regard, accepte ma couture...


Perdue,
perdure,
accord à corps perdu,
pendue à ton court défendant,
défendu...

Il n'est pas là pour être beau ou pour être gentil. Que ne remarque-t-elle l'homme sage et prudent. Il observe, il apprend, il dit c'est cette année que.

Elle, elle ne sait pas beaucoup, juste elle a quelques notions pour l'ombre et la lumière.

Regarde comme c'est beau, la nuit qui approche et ces lumières au loin !

C'est moi la lumière !

Comme tu te la pètes !

Si on se presse, on peut voir plusieurs fois ce coucher de soleil, si on arrive avant lui, si on se déplace.

On se déplace ?

Mon téléphone sert à téléphoner, il n'a pas d'options particulières. Sauf le traducteur.

Et si tu as envie de prendre une photo ?

J'utilise un appareil photo.

Il fait nuit, les marches...

Avec ton téléphone, éclaire...

Des doigts croisés.

La rondelle de citron, tu ne la manges pas ? T'aimes pas quand c'est acide ?

Si, le pamplemousse, le matin.

Le froissement des vagues.

J'ai mis pour deux heures dans le parcmètre. Je sais ce que je fais.

Elle remarque. Son regard doux mais si autoritaire qui invite le serveur à s'enquérir. C'est rare un tel charisme. Elle voit.

Tu ne bois jamais ?
Y a un pub irlandais par ici ?
Mais tu me fais du pied là...

Je me suis baigné ce matin.

Où ? A la mer ?

Dans une piscine.

Elle se demande de quelle couleur est son caleçon de bain. C'est incongru comme question. N'empêche qu'elle se la pose.

Je travaille. Tout le temps. Je dors trois ou quatre heures par nuit.

Comment s'appelle ta fille ?

Moi aussi j'aime le café. 

Mon frère, deux jours, après, ça lui était arrivé, la même chose, dans le même quartier...

Tu veux manger quelque chose ?

Tu sais ce que c'est cet énorme bâtiment sur la mer, au bout du quai ?

J'aimerais recontacter mon professeur de musique. Lui dire que j'en ai fait mon métier.

Veux-tu que je le fasse ?

Elle pense à ce livre, Moderato cantabile.

Prends soin.

Ne mets pas cinq ans.

Pourquoi cinq ans ?

Pour dire de ne pas tarder trop à donner des nouvelles.

Le bâtiment, depuis, elle s'est renseignée. C'est pour la réparation navale.

Y a quoi dans ton sac ? Il pèse une tonne !

Normal, elle pense. C'est celui de Mary Poppins.

J'ai pas le visa.

Oh si c'est seulement une question de papier, elle va rester sur Terre, en situation irrégulière, parce que si ça se trouve, ça vaut La Lune.

Le risque, c'est de ne pas prendre le risque.

Le risque. C'est de ne pas le prendre. Le risque.

Le risque est de ne pas le prendre. Ce risque.

T'aimes pas les légumes ?

C'est de la mauvaise musique des années '80.

Non, ça non. 

I'm just afraid of loosing you. 

Ecoute...

http://fr.youtube.com/watch?v=tJ4X53bYnWI
par Cathouche publié dans : Melting potes communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (2)   
   Le melting potes, c'est évoquer, rappeler, sans dévoiler l'intime. Chaparder les mots et les exposer hors contexte. Et si jamais c'est gagner un sourire, alors... 


Tu voudrais me suivre ?

 

Et si je viens ?

Tu prends un risque.

 

Ne doute jamais des effets de ton écriture. Regarde, je suis là.

 

Tu connais le film Le temps des gitans ?

Tu connais les violons tziganes ?

 

J'ai écrit, ils ont répondu ne pas savoir comment te joindre. Même à Stéphane C. l'imprimeur, j'ai écrit.

 

Faut dire que j'ai pas laisser ce qu'il faut pour qu'on me joigne.

 

Et si je ne reviens pas ?

Je veux juste ton bonheur.

 

Il est temps que tu changes de métier, par exemple, il y a le roman jeunesse, c'est un marché.

 

C'est l'endroit où on trouve le plus de gens de moins de trente ans, c'est jeune et dynamique.

 

L'alcool y est bon marché dans les bars mais il est frelaté.

 

Faut que tu me dises de dégager.

Je ne vais pas le dire comme ça : S'il te plait, laisse-moi partir.

Je laisse partir un homme que je ne connais pas et je l'aime. J'aime un homme que je ne connais pas.

Comme tu y vas...

 

Attention, je suis givrée.

Mais moi je respecte ça, j'ai beaucoup de respect pour ça.

 

Il faut donner à ceux qui jouent de la musique dans la rue. 

 

Dedans y a des gens qui vivent aujourd'hui. Ils doivent être heureux.

 

Je ne sais pas faire grand chose. Je sais faire vivre une maison. Faire entrer l'air.

 

Ma maison c'est ma voiture.

Moi aussi, si j'avais une voiture ce serait ma maison.

 

Ne commence pas. Je ne sais pas combien de temps je vais rester. Une heure ou plus.

 

Je suis bien là, je suis dispo. On est pas pressés.

 

C'est une femme de langue anglaise. Elle a appris le français pour moi.

 

Voyage. Il faut que tu voyages. Prends ta fille et partez comme deux copines pour découvrir le monde. 

 

Django Reinhardt a joué dans ce casino. J'étais fier quand je l'ai appris.

 

Toi aussi tu as les yeux verts.

Mais laisse-moi te dire aussi !

 

Je ne me sens pas de repartir pour une heure et demie de conversation. Je te l'écrirai.

 

Penses-y bien. Là-bas y a pas la mer. 

Là-bas il y a des fruits impressionants, d'énormes pêches au goût extra.

 

Et comme tu peux le voir, je n'ai pas d'appareil photo.

 

Tu as vu le film Amélie Poulain ?

 

 

 

par Cathouche publié dans : Melting potes communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (5)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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