(Nous l'avions écrit pour Le Monde qui Momite...)
Et je remis mon mouchoir dans ma poche. Vous savez, le film n’était pas terriblement dramatique. C’est que je suis très sensible, faut dire. Ça peut paraître étrange, l’émotion masculine, mais c’est ainsi, je ne suis pas une brute sauvage, plutôt un émotif...
C’est là que j’ai remis dans ma poche le mouchoir, après cette scène où l’actrice, quasi hollywoodienne avec ses cheveux blonds, sa cambrure, sa gorge ample et déployée...
Pas que j’y tenais à ce carré de papier souple, une sorte de Kleenex bon marché de chez Super U, sorti d’un paquet sans prétention, lui-même issu d’un pack de vingt. Non, c’est pas que j’y tenais, mais je suis un gros bêta sentimental, alors je l’ai conservé, ici, tout près de l’aine ... pour garder la comédienne dans mes rêves les plus intimes, protéger mes secrets.
Presque, j’en aurais écrit une histoire qui eut commencé par cette phrase :
« Et il remit son mouchoir dans sa poche ».
La suite aurait dit ceci :
« Dommage, car Marcel n’avait même pas vu la fin du film. Quand Pamela se mit à titiller de sa bouche pulpeuse les lèvres salées de Johnny Baywatch, la tension commença à monter. Il sentit comme une colonie de fourmis grimper du bas du dos jusque dans le cou. Au fil des minutes qui s’égrenaient, le maillot rouge de la déesse se réduisait à une peau sans chagrin. Lorsque Pam posa ses mamelons tendus sur le corps de l’Adonis oint à l’huile de coco, le désir de Marcel enfla tel un œdème. Irrépressiblement, son sexe se durcit comme un pain rassis de chez Carouf. Sans fléchir une seconde, il s’en saisit dans un geste mêlé de fougue de douceur et d’impatience. Et lentement, il commença à se caresser. Il suivait le rythme des gloussements de Paméla de plus en plus excitée sur les 42 pouces de son écran plasma. Plusieurs minutes de va et vient au creux d’une main experte, actionnée par une huile de coude pressée à chaud … son corps ne résistait plus… C’est alors qu’un cri rauque, proche du feulement de savane, sortit de sa bouche en cœur. En même temps, la semence blanchâtre jaillit. Son faux tee-shirt Diesel, acheté 3 euros sur le marché d’un patelin du Gâtinais, était constellé telle la voie lactée. Marcel saisit un Kleenex et essuya avec amour les petites traces odorantes. Il aimait conserver ce genre de souvenirs qui ne manquait jamais d’évoquer son enfance. C’était son secret, à Marcel. En quelque sorte une madeleine proustique. Paméla gigotait encore en cadence sous l’étreinte de Johnny, quand Marcel commença à fermer les yeux. Repu, il s’endormit comme un bienheureux. »

Je ne connais pas La Bretagne, tu ne connais pas La Provence. Montre-moi la marée, je t'offre tous les bleus, des plus
sombres aux plus éclatants...
Duo de Cath avec Pierre-Luc






Commentaires