Acteplume

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Commentaires

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  Tu pousses le caddie, au milieu des rayons, au milieu d'une foule incertaine, tu t'en moques, tu ne la vois pas, tu t'en moques, tu n'es pas vraiment là, c'est toujours toi l'automate, la poupée déglinguée, une bambola désarticulée, mine de rien.

  Café, chocolat, croquettes pour les bêtes, une dame choisit des petites boîtes, elle sourit, un homme te regarde, un autre, deux kilos de brugnons, carottes, pour le lapin blanc, pour toi, où est son gousset, t'es pas Alice, il n'y a pas de pays de merveilles...

Produits laitiers, plus de ballerines à ta pointure dans le rayon chaussons, tu poses ta main sur le visage qui t'interroges, tu es debout et c'est elle qui te tient, la fillette brune, c'est elle qui te tient, tu te pares de ta dignité, tu la chatouilles un peu, dedans tu es mandoline esquintée, ça ne se voit pas la crinoline déchirée, ça ne se voit pas...

Tu croises un couple, il parle avec une voix douce, elle est cassante quand elle répond, ça te fait mal, pourtant, c'est pas tes oignons...

Un petit maillot en soldes, la petite brune est ravie, elle se fait belle mon enfant, vite passer l'espace de la musique, je ne veux pas les guitares, je ne veux pas les violons, c'est plus fort que moi, je les entends, dans la nuit quand je dors je les entends, de toute façon...

A la caisse tu déposes les courses et ta douleur qui était coincée entre les barreaux, Elodie, c'est épinglé sur sa chemise, enregistre le bouquin, te remet la douloureuse, tu tiendras bien jusqu'à demain avec les mots, t'oublieras pas mais tu tiendras, alors Elodie dans un ultime bip, la voix joyeuse, te dit : Et un roman de Marguerite Duras !

Oui, et un roman de Marguerite Duras,

C'est tout...

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (3)   
  Beautiful like a rainbow ...

  Je ne voulais plus en parler mais j'ai entendu la chanson.
Elle remplissait l'espace. Je t'assure que j'ai lutté. J'ai fermé les yeux comme pour empêcher tes vraies couleurs de prendre à nouveau possession de moi.

Il y a ce noir, une profondeur. Si elle devient celle des sentiments je suis parfaitement d'accord. Je plongerai dans le noir, dans la nuit, noire. Approche sensuelle. Aussi.

Il y a dans tes yeux ce camaïeu fabuleux qui décline le vert en soleil à l'infini. C'est ma lumière. Je ne trouverai pas le mot juste.

Il y a tous les bleus qui nous vont bien, entre ciel et mer, pour un dream in blue.

Il y a les ocres d'un feu qui ne demande rien d'autre qu'à être animé, qui sait ...

Et le sang bouillon d'un maître d'âme.

Et l'horizon perlé. Nacre. Sublime.

Et.

Au bout du chemin.

Et.

Pendant qu'on chemine.

Il y a ...

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (2)   
  Au détour de l’ancienne mairie, aujourd’hui les souvenirs s’entassent dans les bureaux transformés en archives, il faut bien un lieu pour ça, quand tu te lances après le rond-point, ça encadre la rue Piroddi, dans cette rue il y a mes joies, une douleur, mes joies, mais je n’en parle pas, alors après la boucle à la jetée, deux portes ouvertes sur les gréements proposent aux passants les asticots, les cannes, les combis de plongée. Tu traverses en deux pas, la serveuse te sourit, elle veux bien que tu t’assieds là pour prendre le café.

Aussi loin que je m’en souvienne, cet endroit s’appelle La Sirène. C’est mon berceau. J’entends les gens d’ici le dire : Viens boire un coup à La Sirène... Aussi loin que je me souvienne ma sirène était celle des chantiers, elle chantait le matin, elle chantait le soir, à cinq heures...

Elle battait au coeur de la ville, disait il est midi, s’accordait au clocher de l’église, la grande sur le Vieux Port, elle donnait le rythme, jouait du cor. La Sirène c’est un instrument à vent. Faut du souffle pour l’animer, faut de l’âme.

Il y a eu des moments où je n’en avais plus. J’ai respiré après la fête nationale, me suis remise en apnée, respiré encore un peu, me suis évaporée, la mer est bien trop grande, je suis bien trop petite.

Il y a la sirène qui joue dans mon oreille, ça lui plait bien comme salle de concert, mon âme. Joue petite sirène, joue ... Joue contre joue, joue dans ma joue, parle dans ma gorge, prends ma voix pour dire.

Un jour je t’ai revu, après la fête nationale, j’ai eu un tel souffle que les mots ont explosé, ont eu cette force qu’ils n’ont jamais eu. C’est aussi pour ça que je te réclame encore...

par Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (3)   
  Et tous les soirs pour elle jouera-t-il la java, le jazz et la java ?

  La fille de mots est seule, à jongler, les boules de couleurs, la fille de do est triste, à essouffler, les notes sur un corps d'eau, à dérouler, les sols sur un clavier, à s'enivrer.

  Pas d'âme, et je t'aime le quatorze juillet.

  Cent mille musiciens, pas un qui lui ressemble, cent mille musiciens, pas un qui la rassemble, si ce n'est celui, comme elle, tordu de la musique.

  La fille de mots est grise, des mots mi, des mots si, d'émotion. Du mot laisse aux mots lyre elle s'abandonne pour un song d'accordéoniste.

  Enroulées de mots air, les noires les blanches, crochetées, soupirées, accrochées, les noires les blanches en ronde comme la partition de l'orgue de barbarie.

  Si seulement pour un mot d'elle l'accordeur de lumière venait la délacer...

  Ce serait déjà un mot if...



par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : La gazette des blogs ajouter un commentaire commentaires (7)   
  Oui je sais, sale, écumante, claquante, elle a trempé ma jupe.

 - Fais gaffe à la vague !

Mais je ne veux pas, la vague me plait à moi. J'ai rêvé de cette vague et elle est dans ma tête. Elle a léché ma peau, s'est échouée sur mes lèvres, le vent l'accompagne, il souffle dans mon cou ...

- Fais gaffe à la vague !

Justement non. Je ne retournerai pas sur l'étagère entre la cruche et l'emphore de pacotille. La poupe laisse la crinoline et s'en va voir.

- Non, pas sur l'étagère ... mais la vague, ce serait bien de ...

D'y retourner. La vague a bondi du côté pas autorisé Sur la plage pas domptée, à flanc de rocher, une grille rouille présente le panneau Interdit.

Ici, c'est interdit, vous comprenez, il y a des chutes de pierres, les vagues sont violentes, et même, même, du coup, on peut mourir ...

Je sais quoi répondre au panneau.

On t'a dépassé. Tu nous as entendu rire, tu as vu mon visage respirer son épaule. Tu as saisi les mots de l'homme. J'ai fait pareil.

Ici, vous comprenez, du coup, on peut vivre ...

Ensemble on a regardé le soleil qui se couche.

Ensemble dans le décor bleu. 

Ensemble ce jour-là

- Fais gaffe à la vague, tu prends un risque !

Ne dis pas les mots du panneau.

- I ...

Aïe ?
Oui aïe, mais si je ne connais pas encore la révolution, je connais la résistance ... Et puis l'anglais, ce n'est pas ma langue ...

- Ah, c'est quoi ta langue ?

C'est la nôtre ... Allez, viens me faire le coup de la vague !

 

par Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Le Club des cinq à Marignan ajouter un commentaire commentaires (3)   

   Moi je... veux faire l'amitié avec toi. Construire des cathédrales de rires, accepter ta liberté insolente, dans trente ans poser encore ma tête sur ton épaule, et te prendre en l'état, comme au premier jour.

A faire, l'amour n'est pas difficile, les corps exultent, les âmes pour quelques heures se perdent et jouissent, mais quand l'amour et l'amitié se dressent en majuscules, avoue, mon cher amour, mon cher ami... Avoue...

Moi je veux ... être l'amie particulière, veiller sur toi avec tendresse, brider ma fougue née de la couleur de tes yeux, modérer l'envie de ta cuisse dure, mais en avoir envie quand même et le témoigner moins pour ne pas te gêner.

Je ne te donnerai pas à voir les soirs quand tu me manques, les gestes agacés quand un autre se risque à approcher mes pensées, à enserrer ma taille, je ne te donnerai pas à entendre de reproches, j'ai trop souffert de les subir moi-même.

L'amitié si tu la fais je la fais avec toi.

Faisons l'amitié. Nous nous accorderons la confiance, nous inventerons chaque jour un nouvel horizon. Faisons l'amitié mais qu'à l'amour elle se mêle, qu'à l'amour elle s'emmêle en des noeuds si tenus, si impossible à démêler, qu'à l'amour elle se donne.

Rendons-nous à l'évidence : une histoire aussi belle que la nôtre ne saurait négliger l'amitié.

Je veux mon histoire avec toi. Pas une passagère, qu'on oublie au fil du temps. Pas une en disputes que l'on détruit à force. Pas une en tiraillements et en sous-entendus et en jalousies voilées. Pas une en silences si longs que les mots n'oseraient plus la dire.

Je veux l'histoire de deux personnes qui se regardent aimablement.

Je veux encore les mots bleus chuchotés, dans tes yeux .

Moi je... respire quand tu me parles. Je suis vivante quand tes doigts sur la guitare esquissent une musique plus belle chaque nuit et chaque jour.


Je te l'ai dit pour la couleur de tes yeux, je te l'ai dit pour le grain doux de ta voix, je te l'ai dit pour l'ombre effacée sur ton visage, je te l'ai dit pour la lumière. Je te le dis pour ta beauté intérieure, je te le dis pour ce phrasé impéccable, pour cet humour parfait, pour ta connaissance du monde, pour la passion quand tu en parles, pour ton rire qui cristalise la nuit, l'enchante et la surprend, tu es ma vision d'un lendemain qui chante.

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs ajouter un commentaire commentaires (3)   

Extrait.

  Elle voulait voir la mer avec moi. Pas toute seule comme depuis toujours. Pas toute seule malgré les hommes de fortune et les femmes qui passent, qui passent ... Les merveilleuses femmes.

Elle voulait voir la mer se refléter dans mes yeux. Elle voulait voir mes yeux. Je lui ai dit vous savez, ils n'ont rien de terrible ou d'exceptionnel, ce sont des yeux, ils regardent, oui, ils regardent.

Je lui ai donné un rendez-vous. Elle avait proposé : Ecrivons ensemble sur le thème du rendez-vous, quel joli thème, ne trouvez-vous pas ?

Quand elle a vu mes yeux, elle s'est sentie petite. J'ai eu l'impression qu'elle se posait dedans comme pour s'assoir ou se coucher, comme la chatte quand elle s'installe sur mes genoux. Quand la chatte vient, je fais attention car elle est craintive et tremble au moindre grondement, au moindre agacement.

Je lui ai offert un café. Elle a avoué m'aimer depuis très longtemps, savoir qu'un chat échaudé craint l'eau froide mais que si je voulais bien goûter l'eau douce, chaude sans jamais brûler ...

J'ai alors précisé n'avoir rien à offrir. Elle a répondu je ne demande rien, je prendrai ce que vous voudrez bien.

Elle voulait voir mes yeux. Poser sa tête sur mon épaule pour flairer ma peau. La chienne fait ça, elle enfourne sa truffe tiède au creux de votre bras, docile, inconditionnelle.

Elle a voulu passer ses doigts légers dans mes cheveux et les a trouvés doux. Elle a posé sa main sur ma jambe et elle l'a trouvée ferme. Elle a passé son pied autour de mon mollet et elle s'est sentie bien. Ce n'était pas encercler, c'était caresser, effleurer.

J'écrirais bien le reste mais elle a dit restons pudiques.


(...)

par Cath, Cathouche publié dans : micronouvelles ajouter un commentaire commentaires (10)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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