Café, chocolat, croquettes pour les bêtes, une dame choisit des petites boîtes, elle sourit, un homme te regarde, un autre, deux kilos de brugnons, carottes, pour le lapin blanc, pour toi, où est son gousset, t'es pas Alice, il n'y a pas de pays de merveilles...
Produits laitiers, plus de ballerines à ta pointure dans le rayon chaussons, tu poses ta main sur le visage qui t'interroges, tu es debout et c'est elle qui te tient, la fillette brune, c'est elle qui te tient, tu te pares de ta dignité, tu la chatouilles un peu, dedans tu es mandoline esquintée, ça ne se voit pas la crinoline déchirée, ça ne se voit pas...
Tu croises un couple, il parle avec une voix douce, elle est cassante quand elle répond, ça te fait mal, pourtant, c'est pas tes oignons...
Un petit maillot en soldes, la petite brune est ravie, elle se fait belle mon enfant, vite passer l'espace de la musique, je ne veux pas les guitares, je ne veux pas les violons, c'est plus fort que moi, je les entends, dans la nuit quand je dors je les entends, de toute façon...
A la caisse tu déposes les courses et ta douleur qui était coincée entre les barreaux, Elodie, c'est épinglé sur sa chemise, enregistre le bouquin, te remet la douloureuse, tu tiendras bien jusqu'à demain avec les mots, t'oublieras pas mais tu tiendras, alors Elodie dans un ultime bip, la voix joyeuse, te dit : Et un roman de Marguerite Duras !
Oui, et un roman de Marguerite Duras,
C'est tout...







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