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Dimanche 30 septembre 2007
  Je regarde la route, il ne va pas tarder. Enfin, je crois.

De l'autre côté de la route, la voie ferrée charrie des trains rares bourrés d'improbables marchandises, de voyageurs anonymes. Des choses, des gens, qui passent, de loin en loin, ne s'arrêtent pas, ponctuent le paysage, gris.

C'est ici que je l'attends, sur le perron d'une ancienne chaumière, à l'endroit exact où il m'a laissée avant de partir en voiture sur cette voie qui n'en finit pas d'être vide. Grège et anthracite. Le bitume ne me lasse pas.

J'étais petite, ses baisers ont claqué sur mes joues et je n'ai pas versé de larmes. Ses yeux gentils ont assuré je reviendrai. Je reviens vite. Demain je reviendrai.
Demain est arrivé sans lui.

Les yeux rivés sur le vieil asphalte, je me balance. La chaise à bascule dans son mouvement régulier épouse le vent humide. Il fait rarement beau. Un temps pluvieux, un rocking chair, un ciel qui ne se plombe pas, je ne connais pas le bleu, une herbe verte, sombre, grasse derrière la maison, l'horizon est sans issue, terne, la vie toujours la même, à attendre, patienter, espérer. Qu'il arrive.
Je vais revenir. Je reviens. Demain je reviendrai.
Demain, depuis, est une notion extensible.

Ma tête est pleine, les images n'ont pas bougé.
Je me souviens, c'était une salle de jeu, joyeuse et ensoleillée.

Passe-moi la locomotive Ma Chérie. Oui, tiens Papa. Merci Beauté, maintenant surveille les aiguillages. Tchou tchou ! Cassis, Cassis ! Dix minutes d'arrêt !

Il prenait bien l'accent, pourtant nous n'étions pas de ce pays provençal, dans nos voix pas de cigales, sinon forcées, sinon inventées.

Les voyageurs en direction de Marseille sont priés de
se dépêcher ! Attention à la fermeture automatique des portières !

J'imaginais des messieurs en costumes qui s'installaient dans le pullman confortable et luxueux. Sur le flanc de ce wagon azuré, on pouvait lire JOUEF inscrit en lettres d'or. Les convois se croisaient, lourds de richesses, de rêves, nous dessinions des destinations sans cesse différentes.

Mon père, solitaire, méfiant qui sait, ne fréquentait personne.
Je n'allais pas à l'école, il s'était engagé auprès de l'Inspecteur d'Académie à pourvoir à mon éducation, à assurer les enseignements.
Petite, je n'ai pas eu d'amis, mais les yeux de mon père, miroir édifiant, disaient que j'étais belle, que j'étais celle, unique.
Nous étions lui et moi. Il n'y avait pas de femme, il n'y avait pas ma mère. Dans la salle lumineuse, j'ai appris à lire, écrire, compter, jouer avec les trains. A me passer d'Elle que je n'ai pas connue, de son giron sensible, chaud, de ses baisers doux, des caresses comme dans les films, les livres, quand les mères endorment les filles, des bras qui calment et bercent.

Je sais la patience, et l'absence.

Il a dit je reviens, vite.
La chaise ondule, on croirait qu'elle observe la route.

Une fois il m'a promis qu'on irait voir la mer. J'ai songé à un bleu épais, éclatant, aux vagues et à l'écume, aux roches brunes ou blondes, aux calanques découpées sous un ciel sans nuage. J'ai demandé les bords de la Méditerranée.

Mon père a dit que j'étais prête pour m'amuser avec les trains grandeur nature. Au bout du compte ce n'était pas difficile, une déviation, modifier l'aiguillage ...
Il a parlé d'une frontière sans préciser laquelle, de billets de banque, de convoi spécial. Je crois que contrairement à l'accoutumée, il n'a pas oeuvré seul.
Il ne m'a pas montré la Méditerranée, il a préféré les côtes opales, au nord. Le jour où j'ai vu la mer, elle était grise, presque bise. Sous un soleil qui répandait sa lumière de perle, je me suis occupée de l'aiguillage. Assise quelque part dans un terrain plat, morne, je surveillais l'heure. Les rails constituaient ma distraction. La petite aiguille sur le huit, la grande sur le douze, le train s'est engagé dans une autre direction. Je savais que mon père l'attendait les bras ouverts.

Le soir pointait sa lune, dans un sourire enchanteur il est venu me récupérer. Là où il m'avait postée. Nous sommes riches, il a murmuré. Nous allons vivre bien. A table il a ajouté qu'il devrait s'absenter pour ne pas être repéré. Tu vas m'attendre ici, je te laisse de quoi t'approvisionner au village voisin, surtout ne parle pas, ne parle à personne.
Je reviendrai te chercher ici, exactement ici.

Depuis, les yeux accrochés à la route, je regarde si je vois passer quelqu'un. Peut-être lui.

N'empêche, matériellement, je n'ai pas manqué. Eau, électricité, chauffage, radio, télévision qui grésille désormais, mais télévision.
C'est bien mon père qui a dû s'occuper de tout cela, non ? Alors pourquoi ces dix ans de silence ? Chaque jour, cette question.
Et la route. Et les trains. Je rêve d'un long courrier qui pourrait me donner de ses nouvelles, comme un petit héritage, un cadeau, et une adresse où lui écrire ... Facteur, transmettez-lui mon amour.
Juste transmettre, communiquer, offrir, à lui, mon amour.

Je regarde la route, il ne va pas tarder. Enfin, je crois.
Ici, le monde est gris mais pas comme la mer qui même bise était belle. Ici le monde n'a pas d'horizon ondulé, mes frontières sont proches et j'en étouffe. Parfois un train, qui passe. Je ne parle pas, je ne parle à personne, sauf au marchand à qui j'achète
ma nourriture. Dans le voisinage, on m'appelle la folle, la simple,
je l'entends. Et la pauvre, quelquefois. J'aimerais connaître le pays de mon père, son pays d'aujourd'hui.

Passe-moi la locomotive, Ma Chérie. Tiens Papa.

Les trains en vrai ne s'arrêtent pas. Est-ce que je dois modifier l'aiguillage ?

La chaise tangue dans ce vent qui me glace. Un rocking chair, l'herbe grasse et sombre, la vie toujours identique, à l'attendre, patienter, espérer notre prochain premier rendez-vous,
nos retrouvailles.
A perte de vue, il n'y a rien. A mes côtés, la chaise à bascule qui danse et tape, toc toc contre le mur, dans l'air froid du soir qui pointera bientôt sa lune.

La patience, l'absence, l'indifférence me sont familières.

Demain je reviendrai, a dit mon père.

Les lendemains, à force, se sont vidés de tout espoir. Je crève de ces jours qui se suivent, se ressemblent, de mes yeux qui cognent contre le bitume. Je tremble. L'idée d'un autre demain, fût-il le seul.

A mes côtés, la chaise, danse, m'invite à d'étranges épousailles.
J'hume le parfum léger des fraises retombantes, en suspension,
encordées à la charpente de la terrrasse couverte qui borde l'entrée. Mon luxe, ma couleur, ma tache rouge.

Je sais la patience, l'espoir, le desespoir, l'attente, l'absence, l'abnégation, la solitude, le silence, le gris, une fois j'ai vu la mer, passe-moi la locomotive Ma Chérie, demain je reviendrai, je reviens vite, ici, exactement ici.

Il ne reviendra pas.

Et je m'en balance. Comme les fraises.

Au bout d'une corde.

Par Cath, Cathouche
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Mercredi 19 septembre 2007

 

Il pleut. J’aime bien travailler sous les voitures avec une averse constante en guise de musique. Ils ont annoncé une tempête pour ce soir à la météo. Pas que chez nous d’ailleurs. Je n’ai pas peur du vent et de la pluie. Je leur trouve des vertus apaisantes. Ça commence à souffler sous la tôle ondulée. Des sifflements longs traversent l’air. J’ai soif. Je fais glisser le chariot, j’en ai fini avec les roues de la 206.

 

Et je la vois. Je ne vois qu’elle.

 

Elle vient de rentrer sa caisse.

 

La maîtresse de mon mari me fait l’honneur d’une visite. Sait-elle seulement qui je suis ? Je la regarde sortir de l'habitacle, déplier son grand corps et tendre son chemisier beige sur sa poitrine presque absente. Ses cheveux tristes sont teints en rouge. Mornes et lisses, ils pleurent sur ses épaules minces. Cette teinte elle l’a probablement choisie pour lui, qui apprécie tant les rousses.

 

Jules, mon patron, me lance :

 

- Dorofeïa ! Une cliente pour toi ! Je dois partir, c’est vendredi, on va au resto et au cinéma avec ma femme !

 

T'inquiète mon gars, je viens. Je finis mon lait fraise et je vais m'occuper de son châssis…

 

Avec l’index de ma main droite j’essuie mes commissures. Un coup d’œil dans le miroir ébréché fixé au mur du minuscule bureau, le temps de nettoyer mon visage avec une serviette éponge, d’enlever un peu de ce noir qui recouvre mes mains et j’entre en scène. Dans mon tee-shirt blanc un peu sale collé à mes seins menus, mais ronds et fermes, j’aborde la grande fille et lui demande ce que je peux faire pour son service.

 

- Plaquettes de freins, elle répond, et j'ai du jeu à l'arrière...

 

Campée sur ses deux quilles interminables, elle me toise. Mains dans les poches de son pantalon noir. À pinces.

 

Incroyable comme elle est impeccable : elle a dû passer dix ans à repasser son futal pour obtenir un pli pareil sur chaque jambe. On dirait le mannequin en plastique d’une boutique de fringues.

Je la contourne, mine de rien, de m'intéresser à la voiture. Mes yeux se perdent sur sa croupe un peu large. Il y a quelque chose de carré dans la morphologie de cette fille. La chute de reins, je pense. N'empêche, le fessier de toute évidence est joli, un peu rempli. Une offense. Elle se tourne, penche vers moi son visage rond, une sorte de lune diaphane sans véritable grâce, plonge ses pupilles marron dans les miennes. Ensuite elle évalue mon buste, sans se presser.

 

Je suis mal à l'aise à cet instant parce que je lui trouve un air curieux. Ça me déstabilise. Surtout qu'elle se cambre et me jette à la figure une sorte de sourire amical auquel je ne puis répondre. Une insulte produirait sur moi pareil effet.

 

Du jeu à l'arrière...

 

Je vois, c'est sûrement ça qu'il vient sonder en fouillant tes dentelles mon bonhomme, ton jeu à l'arrière... Et puis toi, greluche, t'es venue reluquer de près celle qu'il n'a pas l'intention de quitter pour ton train bombé...

 

- Faudrait pas lambiner, ma petite, elle ajoute. Ce soir, j'ai de la route. Et pour la facture, on va éviter les frais, ça arrange toujours les garagistes. Pas de TVA, pas de facture !

 

Je réponds :

 

- No problemo. Revenez dans deux heures. Marcel va m'aider...

 

Marcel, au garage, il travaille dur. Et c'est un ami. Il ne me dit jamais non. Quelqu'un de fiable. Ça fait mille ans au moins qu’il bosse pour Jules. Je crois qu’ils prendront leur retraite ensemble. Quand j’ai débuté ici, je venais tout juste de décrocher mon C.A.P. J’avais bien passé un baccalauréat l’année précédente, mais il était trop général et je rêvais de vie active. C’est comme ça que ça m’est venu l’idée du certificat d’apprentissage. Bref, j’ai bossé sans me soucier des heures.

 

Marcel était déjà dans la boîte. Il m’a appris mon métier. Ensemble, on a retapé des voitures, et on en a bousillé. Histoire de donner des leçons qui marquent à ses potes, ceux qui lui devaient du fric. Eh bien à chaque fois, j’ai participé sans rechigner, et volontiers.

 

Avant qu'elle ne s'éloigne, rapidement je défais mon chignon pour qu'elle contemple ma toison auburn. Ma chevelure souple et épaisse épouse mon dos. Je sais le pouvoir de fascination de mes cheveux. Cela ne tient pas à la couleur mais au volume. Je pourrais faire de la publicité pour les shampooings, tant ils sont beaux.

 

(Une chance d'avoir ça, vu qu’avec mon boulot j’ai pas souvent l’occasion d’être féminine. Et c’est pas avec mon petit corps tout nerveux, si svelte, qu’on me verra demain en couverture des magazines ! J’ai rien d’une Marilyn, on ne m’attend pas chez Cosmo pour une séance photo ! )

 

Du revers de ma main que le cambouis a souillé, je ramène en arrière une mèche rebelle. Elle affiche une mine déconfite. Trente secondes. Après elle dégaine son téléphone portable.

 

- Passe me prendre à l'angle de la rue des Marins, j'ai deux heures...

 

Elle raccroche. Vient de donner rendez-vous à l'homme de ma vie. Celui qui rentre tard le soir à cause des heures supplémentaires. Celui que j'ai vu bécoter cette femme sur le parking d'un supermarché dans la voiture que je m'apprête à réparer. Ce jour-là, j'étais en panne de lait fraise...

 

Mes lèvres tombent sous l'estocade. Je bloque sur les siennes, pulpeuses. Bouche large pas maquillée. Dents blanches parfaites. Bouche évocatrice à souhait. Bouche ennemie approche mes lèvres, puis recule et triomphe ostensiblement.

 

Je pense : « Maîtrise-toi, Feia ! Qu'elle en profite des deux heures, ce sont les dernières... »

 

Doucement j'attrape les clefs qu'elle agite sous mon nez avant qu'elle n'aille lui présenter ses fesses. Rien ne transpire de mon visage. Je voile mes sentiments et plante un faux regard amène dans ses iris bruns.

 

Je ne voudrais pas les imaginer, c'est à devenir folle. Alors je cherche à me concentrer pour ne pas autoriser mes tripes à prendre le dessus.

 

Impossible. Je ne connais personne qui puisse se contrôler à ce point.

 

Des flashes traversent mon esprit. Ses lèvres charnues embrassent celles de mon mari. Il lui offre le baiser qu’elle espère. Oh, pas un contact fugace, non, un patin dans les règles de l’art, long, langoureux. Dans le genre de ceux qu’il me refuse. Il la tient dans ses bras et il la tripote. Et il la caresse avec amour. Et il respire son parfum. Tout ça dans notre vieille bagnole, une R18 grisâtre et solide que j'entretiens moi-même, celle qu’il conduit tous les jours, qu’on prend le dimanche pour aller promener ou voir des copains.

 

Heureusement, elle s’impatiente. L'appel du mâle... La carte grise posée sur l'établi, elle part. Je la mate. Sa démarche, pas élégante mais aérienne, m'agace. Elle est réellement très grande. Un mètre quatre-vingt, facile. Elle est rapide, ses jambes happent le trottoir d'en face. Elle tourne et c'est fini.

 

La carte grise est posée sur l'établi. Elle est partie. J'ouvre le document. Coraline, elle s'appelle Coraline. On a le même âge, vingt-cinq ans. Elle va lui rouler une pelle comme on prend l'apéro. Et pour la suite des festivités, c’est clair que ça va être du repas trois étoiles...

 

Je vais chercher Marcel. Il est plus expert que moi. Pas besoin de lui expliquer, il a deviné. Méthodique, il prépare les outils, les pièces. Il va faire de la belle ouvrage... Il ne se pose pas beaucoup de questions, Marcel, c’est pas son style les états d’âme. Et puis quand il a eu besoin, j’ai jamais hésité. On forme une bonne équipe.

 

Je chuchote, prends des gants aussi... Moi, je vais m'occuper de sa note. Ni TVA, ni facture... Je griffonne le prix de nos prestations sur une petite feuille quadrillée de carnet. Les détails n’apparaissent pas. Un total en euros qu’elle règlera en espèces, je le sais. Un tarif juste, sans exagération ni ristourne.

 

Depuis le bureau j’observe Marcel qui manipule le maître-cylindre comme personne. De ma vie je n’ai jamais autant aimé cette espèce de bocal à poissons et ses trois bouts de tuyaux…

 

Je refuse de penser qu’elle va revenir un peu défaite, les cheveux rouges légèrement ébouriffés. Heureuse aussi.

 

Sauf que c’est plus fort que moi.

 

La pluie redouble. Le vent fait tournoyer les gouttes. Les gouttes épaisses passent sous l’abri. Elles s’écrasent un peu partout. La pluie me gifle. Le tonnerre gronde et des éclairs d’acier transpercent le ciel si lourd. Je suis en colère. Mes poings serrés enferment ma rage contenue. Il l’embrasse. Les nœuds de ma gorge sont comme une corde dure. Il dégrafe le chemisier beige, mordille les seins juvéniles.

La corde encercle mon cou, serre et m’étouffe. Son sexe est dur. Il la saute. La pluie me rend dingue. Le vent aussi. Des gouttes de sueur coulent dans mon cou. Et il jouit comme un diable. Et elle jouit comme une folle. La corde n’en finit pas de juguler ma gorge.

 

Faut que je sorte ces images de ma tête, ce mauvais film. Desserrer l’entrave, projeter plus loin ma pensée, sur une route, si possible avec des virages.

 

Marcel a fini. Il pose sur mon épaule des doigts complices, rassurants.

 

Marcel s’en va.

 

Je la vois qui traverse, rapide, abritée sous un large et noir parapluie. Elle lutte contre le souffle violent qui soulève la toile. J’ai l’air calme, je le sais, presque avenante. Une pro du self-control.

 

Radine-toi, ma cliente, approche. Ma vieille bagnole vient d’abriter tes ébats mais la tienne va devenir mon alliée qui dans les virages perdra bientôt l'usage de ses freins. Qui dans les danses sinueuses d'une départementale ne t'accordera pas le temps de te souvenir de ses baisers, de tes langueurs. Qui, je le souhaite, dans ses tonneaux, cabrioles aériennes, fracas de tôles, explosion de joie, feu d'artifice, ne te fera pas souffrir. Je ne te veux pas de mal. Mais que tu t'en ailles. Qu'il t'oublie.

 

Ce soir je rentrerai la bouche en cœur. Je poserai, indulgente, une main tendre sur la R18 que j'aime tant.

 

Il ne voudra pas de moi. Pas grave. J’ai tout le temps devant nous.

 

Le sourire de la mécanicienne que tu n’as pas eu en acompte, j’accepte maintenant de te l’offrir, et on sera quittes.

 

Si j’avais mauvais esprit, je dirais que les bons comptes font les bons amis, mais je n’ai pas mauvais esprit.

 

 Alors bonne route, Coraline…

 

Par Cath, Cathouche
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Lundi 2 juillet 2007


  Je t'écris, je te crée, je façonne ce qu'à jamais tu seras, et je construis ta vie, ton univers immobile, ton éternité malgré toi. Tu ne connaîtras que moi, tu n'aimeras rien d'autre que le moment où je prendrai la plume pour ériger ton corps, pour m'engloutir avec toi dans notre prison libre, ensemble en sentinelle près du coeur.

  Je t'écris et tu es belle. Les pages blanches dans lesquelles nous coulons tous les deux ressemblent à la lumière des soleils inconnus. Je t'écris et tu te lèves. Les pages blanches sont à mes regards d'homme des déserts péremptoires aux reflets d'aveline.

Je t'écris et tu marches. Les pages blanches font à mes folies d'homme des fiefs de dolences et des amours diverses. Tes yeux sont désormais empreints d'une douceur imparfaite, à peine mélancolique. Le brun de tes cheveux, non, je me ravise immédiatement et je les sais déjà d'une blondeur scandinave, caresse tes pommettes hautes et cache tes jolis yeux d'amande, ni clairs, ni sombres. Je dessinerai plus tard ton corps. Je te moulerai un monde verdoyant, des arbres splendides avec des écureuils, et tu ne sauras que le printemps et l'été. Je te peindrai enfin une maison charmante, assez grande pour deux personnes ; assez grande pour toi et moi. Demain, je te donnerai un nom ; demain, nous nous connaîtrons mieux. Ce soir, tu dormiras sur les pages blanches, fragile comme une rose, un peu fripée encore comme un coquelicot...

Ce matin je te retrouve et tu es toujours belle. As-tu bien dormi ? Les pages blanches sont à mon coeur de poète la marque des souffrances insidieuses des artistes. Est-ce une vision ? Tu flottes comme une apparition. Ta chevelure inonde mon écriture et tes épaules dessinent des ombres majestueuses sur mes feuilles. Tu ondules, silhouette incertaine, vaporeuse, et cependant immobile.

Tes yeux soulignés de khôl brun me regardent aimablement. J'imagine caresser tes lignes, souligner le galbe de ton visage de moins en moins diaphane. Les pages blanches laissent sur ma bouche d'homme des traces indélébiles et indigentes, des traces pernicieuses. Es-tu réalité ? 

Ta main s'élève sous mes doigts et j'ébauche des fleurs de toutes les couleurs.

Ma main se pose sur tes doigts et j'improvise les gestes de toutes les langueurs.

Tes contours s'affirment sous mes regards indiscrets, appuyés, et tu te réalises.

Je conçois les lignes de ton corps, je les remplis de chairs blondes, désirables,

presqu'aussi blanches que tes cheveux enneigés. Tu ne verras jamais la neige, tu pourrais te geler les mains à vouloir trop la caresser. Tes mains sont douces et tes doigts sont longs, j'ai mis du vernis pêche sur tes ongles.

Tes cheveux sans mouvement descendent loin sur tes jambes dures, tes jambes...

Les pages blanches nouent dans ma gorge sombre les encres de la peur. Es-tu

l'évanescence ? Je ne crois pas. Tu es belle et tu souris. Tes lèvres entrouvertes m'offrent l'effleurement inattendu d'un baiser amoureux. Les pages blanches meurent aux silences des sillons noirs de l'encre. Puis-je désormais t'inventer une histoire ?

Je ne peux me résoudre à te présenter des compagnons qui te ressemblent. Les pages blanches sont mon domaine préservé. Que dirais-tu d'un petit renard doré ? Que dirais-tu d'une rose ? Voudrais-tu un joli mouton ? Je lis la satisfaction dans tes yeux de personnage nouveau-né et je te les offre tous immédiatement.

Je t'apprivoiserai et tu apprendras à m'aimer. Nous nous habillerons le coeur ensemble.

Progressivement, les pages blanches m'abandonnent leurs virginité, docile sous la caresse tendre de la plume... 


Progressivement, tu m'abandonnes ta... docile sous la caresse tendre...

Là .... doucement... prends ton temps... éveille-toi... Je ne t'ai donné ni impératif, ni tabou, ni vice. Je ne veux que ton bonheur.

Je pose une aventurine au centre de ton jardin, et j'efface le mot contusion de ton dictionnaire. Prends ton temps. J'ai omis de placer une horloge dans notre salle de séjour. Regarde-moi... cramponne-toi à mes yeux verts et oublie ce qui n'est pas moi.

Je t'aime, tu es belle. J 'ai le temps de t'écrire, les minutes n'ont plus d'importance dès que je plonge auprès de toi.

... D'un seul jet... Je ne reviendrai pas sur mes phrases...

Tu brosses tes cheveux au soleil et ils brillent, clairs, chatoyants. L'écureuil, le renard, te regardent aimablement. Prends garde à ce que le mouton ne mange pas ta rose. Je n'en suis plus responsable maintenant. Bientôt, tu pourras parler : nous nous saurons encore mieux...

Que dis-tu ? Si j'aime ? Si j'ai aimé avant toi ? Ne t'inquiète pas, je n'ai jamais aimé que toi, même quand tu n'existais pas, même si tu ne me crois pas.

Je ne vis plus dans la réalité, mon univers à présent n'est qu'onirisme, je te vois, tu me vois, et miracle, je te touche, je passe ma main dans tes cheveux lissés. Je te donne un prénom : Rose...

Tu m'as apprivoisé, et je t'ai conquise. J'ai encore tout à apprendre, j'ai encore à remplir ta bibliothèque... Ouvre la porte, laisse entrer chez nous l'écureuil, le renard, le mouton... Nous ferons une serre à ta fleur...

Rose, je ne suis plus ton écrivain mais ton am...

Est-ce un songe ?

Ne tremble pas. A ton réveil, je t'écrirai. Chaque matin, je t'écrirai. Je te modèlerai à l'orée de mes nuits. Je vais t'aimer.

Par Cath, Cathouche
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Samedi 3 mars 2007

(Nouvelle remarquée au concours ACLA 2007 et retenue pour être lue au théâtre à Antibes)

 

Dorofeïa s’en va-t-en guerre. C’est fou ce qu’une femme jalouse peut déplacer comme montagnes.
 
Elle porte ses nerfs dans son ventre Feïa. Bien sûr, ça ne se voit pas sous son petit tee-shirt anthracite. Un rictus abîme sa bouche pendant quelques secondes. Bouche hier en cœur ne sourit plus. Bouche blessée, en harmonie avec le reste.
 
Quelque chose de grisâtre et de noir émane de son visage las. N’empêche qu’elle marche vite. Malgré la fatigue. L’exaspération la rend saoule.
 
Elle se dit :
 
― Je vais la tuer, je vais le tuer aussi. Je n’ai pas eu besoin de chercher loin. Mes soupçons étaient fondés. Oui j’ai fouillé. De fond en comble. Portefeuille, sac, boîte à gants, poche de jeans, de veste. Et téléphone portable. Des SMS éloquents m’ont appris la trahison et offert les éléments pour les surprendre. Les heures et les lieux des rendez-vous, la teneur de leur relation … Des «  Je t'aime » en veux-tu en voilà, auxquels répondaient, douloureux, les « Tu es tout ce que j'ai dans la vie ... »
Et, prétextant que les mots étaient exagérés, il a nié. A refusé que je la rencontre. N'a pas accepté que l'on forme un trio dans l'intimité. Dommage car je voulais voir les choses en face, comparer son désir d'elle à son envie de moi ...
 
Elle jure qu’elle va se venger. Dans le journal elle a relevé les coordonnées d’un détective. C’est pour ça qu’elle marche d’un pas pressé. Pour se réfugier dans l’antre du découvreur d’adultère. Et elle trouve sans difficulté la rue, l’immeuble. Sauf qu’elle passe, lit la pancarte, pas vraiment une enseigne, Gérard Dupont, Affaires privées, et ne s’arrête pas.
C’est bien beau, elle pense Feïa, mais j’ai pas vraiment les moyens. Tant pis. Je conduirai cette recherche moi-même … Tu vas l’avoir ma fille ta preuve, tu vas l’avoir … Ce n’est pas loin chez elle, j’ai l’adresse.
 
 
 
 
Elle marche. Marche et son cœur tambourine. Colère partout en elle. Démesure.
C’est à ce moment-là qu’elle l’aperçoit, dix mètres plus loin. Sa haute stature le dénonce. Il va, d’un pas tranquille. On pourrait croire qu’il sifflote.
 
« Le hasard fait bien les choses, songe Dorofeïa, je tiens mon homme, ou bien le sien ... Il est si beau. Est-il trop beau pour moi ? »
 
Elle a chaud. La sueur perle dans son cou, entre ses cuisses. Elle entortille sa chevelure cinabre en un gros chignon et le maintient grâce à un stylo bic. Bleu le stylo.
Elle a chaud parce qu’elle est tendue. Elle a chaud parce que c’est l’été. Elle a chaud parce qu’il vient de s’immobiliser devant la maison de cette femme. L’autre.
Coup de sonnette. Ouverture de la grille. Ses grandes jambes avalent les trois marches qui vont au petit jardin. Une maison de ville. Fleurs de saison en bordure. Une maison pas fermée pour que l’air circule. Fenêtres ouvertes sur la rue aussi. Rideaux de voile rouge anglais en guise de moustiquaires permettent à Feïa d’observer la scène.
 
Elle ne se cache pas et ils ne la perçoivent pas.
 
Il caresse cette femme longue et brune vêtue d’un simple grand tee-shirt. Blanc le tee-shirt. Il soulève ce tee-shirt, découvre des seins petits tendus de désir. Il mordille. Il aspire. Ils sont en sueur, comme Feïa, mais ce n’est pas la même sueur, non, c’est terriblement différent. Feïa, elle sue en désespoir de tout.
Sans broncher elle regarde toutes les étapes. Son sexe à lui qui s’érige pour l’autre, musclée et brune de peau aussi, épilée parfaitement, croquante à souhait.
Son pantalon glisse. Il la plaque contre le mur. Lui fait l’amour un bon quart d’heure. Une éternité. Mille ans et plus. Après, il l’embrasse un peu, jette un coup d’œil à la montre, lui sourit et se rhabille.
Feïa se dissimule à l’angle de la rue voisine. Elle est meurtrie. Elle a la haine et le chagrin.
 
Il sort et cette fois se hâte. Pour rentrer. Rentrer et prendre une douche.
 
Elle retourne chez elle. Il est là. Elle prend une douche. Il la rejoint. Caresse ses gros seins fermes. Mordille. Aspire. Fait l’amour. La fait jouir tout aussi bien que l’autre.
Elle fait l’amour, se laisse mordiller, aspirer et prend son pied. Elle crie fort, un plaisir comme jamais. Et la rage revient. Il traîne un rasoir à côté du savon. Avec le rasoir, elle met un point final à l’histoire. Et avec le savon elle efface le mot faute.
 
Ça ne l’empêche pas de gerber dans les toilettes. Elle dégueule sur ses mains rougies. Trace légère de sang et vomissure sur son bras.
 
 
 
 
 
Elle devient folle. S’essuie à peine la bouche quand elle lève la tête de la cuvette. Du vomi en coulure sillonne sa joue comme un ruban. Un suivez-moi-jeune-homme.
 
Elle veut partir. Saisit le trousseau de clefs, sort et va démarrer la voiture.
 
Elle roule, la sueur entre les cuisses. Elle dit in petto je voudrais connaître le goût des seins de l’autre, coincer ma main dans le doux de son sexe chaud à elle. Et mordiller. Et aspirer. Et sentir comment elle prend du plaisir. Et la faire suer. Et lui dire qu’il ne viendra plus.
 
Feïa s’engage sur la bretelle d’autoroute, musique à bloc, un disque qu’il a laissé dans l’autoradio. Son rock à lui. Passe la cinquième. Double et double encore.
 
Dans son rétroviseur, une Twingo écarlate. Brillante comme un sou neuf. Elle reconnaît l’autre au volant, la brune aux petits seins. Elle porte un débardeur fin, presque transparent. Feïa voit les seins qui pointent, comme victorieux. Augmente la vitesse. A l’impression qu’elle va s’envoler tellement elle va vite. Et l’autre suit, et l’autre se rapproche.
 
Alors là, Dorofeïa, comme elle en a marre de la sueur et des raisons de cette sueur, froidement, elle freine. Elle freine à fond...
 
 



Par Cathouche
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Livres

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Un texte de co errante, L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.


Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.


co errante,

Pour Cathy / Acteplume


Un texte de Blue Jam, Bleu

Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.


Un texte de Mimi, Cathounille

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie… 


cathoune.JPG 


Un texte de Chrystelyne, Du bleu à l'âme


Du bleu à l’âme pour entretien d’embauche !

 

  Sacrebleu ! Silence les muses ! On ne s’entend plus sur Acte Plume !  Ça piaille  en tout sens ! Comment voulez-vous que je me fasse une petite place ?

 

J’ai des bleus à l’âme, moi !  Je suis la muse solitaire et je m’abreuve de solitude cyan  et d’espace  outremer !  Alors ventrebleu !   Du balai !   Et allez voir ailleurs  parbleu que je puisse offrir  mes services à cath !

 

Laissez- moi me nourrir du chuchotement  topaze  de ses soupirs, du murmure cobalt  de ses rêves, de sa respiration marine, de son bonheur saphir, du séisme indigo de ses renoncements, de ses colères bleues !

 

Et je décrocherai pour elle l’azur du  ciel  et je le  plongerai dans le turquoise méditerranéen  et j’en ramènerai sur des vagues de papier  aigue marine, des mots doux, des mots espoirs, des mots tempête,
des mots bleus !




 

Mes nouvelles en audio

  Sur le site Bonnes nouvelles, Nicole Hamann lit J'étais à la fenêtre et je vous ai vus, une de mes rares nouvelles policières, présentée au concours ACLA 2007, lue au théâtre d'Antibes à cette occasion (en ligne également sur Oniris et sur L'Etre.

                      Pour écouter, c'est ici :
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  Sur le site Oniris, Titefee lit La rose d'encre.

                      Pour écouter, c'est ici  :
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  Titefee lit Gazel oriental, toujours sur Oniris. 

                      Pour écouter, c'est ici :
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                            Merci Titefee et Nicole d'avoir prêté vos voix à mon écriture.
                            Je recommande particulièrement ces sites de grande qualité.

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