Acteplume

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  Un homme regarde une femme... 


  Un diable frisé, appelons-le Diabolo, m'entraîne à la bibliothèque, mais oui dit-elle, la maîtresse a dit que. Bref, dans le sillage d'un tourbillon volubile, cotisations réglées, cartes en main, je me retrouve happée par les rayons comme au temps studieux de mes vingt ans, sauf que là, j'en ai presque trente-neuf, j'ai rien demandé, la maîtresse ses idées elle se les met où je pense...

Bien sûr ma chérie aux jolies boucles, bien sûr je suis ravie... Une mini moi montée sur ressorts sautille au milieu des BD, j'ai flairé Duras, Delerm, Woolf, Solers, un truc érotique de Desforges, L'orage, et vous moquez pas, parce que pour l'avoir lu ce truc, mine de rien, aux Editions Blanches, je vous assure que Desforges est un écrivain...

Et là, le titre d'un roman aux Editions du Seuil m'attrape et me dévore, à l'avance, y a des bouquins comme ça...

Un homme regarde une femme.

C'est pas d'hier, le prix indique 90 Frs. Il y a la photo du romancier. Paul Fournel. Ce type a un vrai regard. Un à regarder une femme.

Quant à l'histoire, celle d'un amour qui lutte contre la tristesse d'une femme qui pleure, comme d'habitude, je ne vous la raconterai pas. Je ne vous montrerai pas la tristesse dans le récit. Non. Lisez plutôt.

« J'étais transpercé, mon gilet et ma chemise collaient à ma peau, l'eau ruisselait dans mes manches. Tu pleurais. En caressant tes joues, je faisais la part des gouttes chaudes et des gouttes froides »

« Comment veux-tu que je ne sois pas terrorisé à l'idée de t'aimer ? »

« Te regarder n'est pas te prendre. Te prendre n'est pas te prendre non plus. Avoir la main posée sur ta cuisse pendant que tu conduis n'est pas te prendre. Avoir mon sexe, mes doigts, ma langue dans toi n'est pas te prendre. Goûter ce que tu as dans ton assiette au restaurant n'est pas te prendre. Je stocke tous tes leurres pendant que tu vagabondes. »

Un homme écrit une femme.

« Ton cul a moulé mon ventre à sa forme. Ils varieront ensemble et resteront emboîtés comme chaque soir où tu es dans le lit et où, à l'instant de dormir, tu niches ton cul dans le creux fait exprès de mon ventre .»

« Tu joues. Pour tout le monde tu es un bel orchestre qui joue à l'unisson. Moi, je sais que tu me gardes un petit instrument dans un coin : le violon de ta main gauche, la clarinette de ta nuque, ou la belle contrebasse de ta cuisse. »

Et au final,

« Partout, je cherche ce qui prolonge ton image. Regarder un buisson, le soir, est-ce encore te regarder ? Regarder la mouette, est-ce encore te voir, toi ? Je te trouve dans une pivoine que, longtemps, je détaille : le bien-lisse et le bien-rouge qu'elle donne à voir. Quelques heures plus tard alors qu'elle s'est ouverte, le bien-foisonnant, le bien-bouillonnant, le bien- sexuel, le bien-variant. Elle a penché sa grosse tête sur le bord du vase, et, bientôt, ses pétales dessineront ton visage sur le plateau ciré de la vieille commode. »

Un homme décrit, écrit, regarde, joue une femme.

par Cathouche publié dans : Bouquins communauté : papierlibre ajouter un commentaire commentaires (2)   

  Alors bien sûr, entamer la rubrique bouquin par un auteur érotique, quand on a un peu de tenue, ça ne se fait pas. Ca tombe bien, je suis en maillot de bain, donc je ne porte pas de tenue particulière ! Je sais, j’aurais pu vous dire que j’ai lu Houellebecq ou Anne Garance, j’aurais pu. Sauf que là, tout de suite, c’est d’Alina Reyes que je veux parler, et de son style, parce que question plume, la belle n’a de leçon a recevoir de personne ! Allez, parlons-en ... 

  Moi j’étais à Cultura, frénétique, avec ma soeur et ma fille. Cultura c’est bien, ils rangent par ordre alphabétique, ils renseignent correctement, et y’a de la moquette bleue au sol. Bon, ma soeur et la petite sont allées au rayon Diddle et moi j’avais un livre en tête, il fallait que je le lise : Le chien qui voulait me manger, d’Alina Reyes (puisque c’est d’elle qu’il s’agit !) Ce bouquin-là, il parait qu’elle y raconte des trucs de son enfance. Il n’est pas érotique du tout. J’en avais lu des extraits sur le net. Voilà, pour moi c’était le style parfait. Bref, je cherchais, je cherchais ... REYES, yes ! Oui, mais il y avait un seul roman, et pas celui que je voulais ! Bon chez Robert Laffont ils avaient fait l’effort de le publier en édition de poche, j’ai fait celui de l’acheter ! Je sais, sept nuits, c’est un roman érotique ... Sept nuits d’amour, ritualisées, dans un hôtel, et chaque nuit donne l’autorisation de franchir une étape. En fait, la première nuit il ne se passe pas grand chose !

Extraits :

" Le jour était venu de la cinquième nuit, si le jour vient avant la nuit. C’est ce qu’on croit quand on se lève et qu’on s’apprête à remplir sa journée, mais en vérité c’est la nuit la première, sinon il n’y aurait pas d’aurore."

" On s’est assis sur un banc au bord du fleuve sombre. L’eau allait sans bruit, puissante. Dans la profonde, partagée solitude, des voix s’entendent, des voix s’entendent ...

 
Tout était blanc et noir, d’un blanc de lune et d’un noir de fusain, tout était tendre, velouté, doucement mystérieux, près de nous un saule pleureur bruissait imperceptiblement, plus proche encore l’eau maintenant chantait son clapotis discret, nous-même étions en noir et blanc, nous-même étions faits de cette lumière du noir et blanc qui se faufile sur les formes comme les chats sur les toits de la nuit, cette lumière dans laquelle le temps s’égare, s’abandonne et s’oublie, comme une femme amoureuse que son amant caresse dans l’ombre, et dont la jouissance se promène et rejaillit en un coin du tableau."

Il est clair que je ne vais pas vous faire la lecture toute la soirée, si ça vous plait, il vous faudra le lire !

C’est pas tout ça, mais j’ai le linge à étendre ... La prochaine fois, je vous parlerai de Gavalda, enfin, si j’ai envie !!!

par Cath, Cathouche publié dans : Bouquins ajouter un commentaire commentaires (2)   

Ce texte-là...

          

 

Sur une feuille...

 Ecrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. (Jean Cocteau)

Je pourrais dire que ce n'est pas moi qui suis allé chercher cette idée, mais que c'est elle qui est venue me chercher. Un jour je l'ai trouvée sur moi et depuis ce moment-là, elle ne m'a plus quitté. (Roberto Benigni)

Quand une chose est belle, elle devient réelle. (Roberto Benigni)

On n'écrit rien en dehors de soi, ça n'existe pas. (Marguerite Duras)

Je voudrais mais je ce n'est pas sûr que j'écrive ce livre. C'est aléatoire.

(Marguerite Duras, C'est tout) 

S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y a pas de livres. Ce qui veut dire que quatre-vingt-dix pour cent des livres ne sont pas des livres, mais des lectures, comme on lit le journal en prenant son bain. (Marguerite duras)

 

 

Traduire dans une autre langue ? C'est possible...


  

   

L'acte plume

L’acte plume n’est que toi, tout seul. Pour toi et parfois pour d’autres.

L’acte plume, c’est te poser, un moment, dans la folie ambiante, et oser le silence. Tout au bord de toi. Tu sais que tu vas te mettre en danger. Qu’en te retrouvant, tu risques de te perdre.

Le silence est celui qui t’anéantira de vide ou te propulsera ailleurs.  Il te sera, ou te fera violence. Te mettra à découvert. Sans un mot de celui-ci, tu resteras cloué sur place. Cette simple pensée te paralyse déjà. Mais trop de mots risquent aussi de te faire chuter.

Alors, tu guettes. Le premier frémissement. Celui qui te permettra l’envol.

Parfois, les vents sont favorables. Tu saisis alors des mots légers, des mots pleins de vie. Et t’envoles dans un grand éclat de rire. L’acte plume, c’est accepter le mot comme un cadeau cerf-volant et planer, armé d’un seul grand sourire.

Tu redoutes de voir apparaître les faux amis, ces doucereux, jolis mots. Tu sais que tu n’iras pas bien loin, avec eux. Il faudra donc te résoudre à ébouriffer le trop lissé. L’acte plume, c’est aussi savoir s’armer de patience, de vérité. Les mots réels, ceux qui te ressemblent, sans artifices, se cherchent pour mieux te trouver.

Celui que tu crains le plus, et pourtant le seul vrai voyage, aux issues incertaines, est l’acte plume aux forces dominantes. Il commence lorsqu’il fait noir. Qu’assaillis de mots fantômes, d’ombres, de spectres, les non-dits hurlent de souffrance. Avec eux, commence le combat. Entre toi et toi. A cause de qui, quoi ? Les causes seront tues. Tuées. Question de survie.

La plume est capricieuse. Rarement là où on l’attend. L’arme sera douce ou acérée. Vibrante ou tranchante. Mais la plume se doit d’être un acte.
 

Et cadeau. Même mortel.

Mais ici, chez Cathy, il est simple cadeau. Emballé de bleu.
 

Co errante, pour Cathy / Acteplume


Un autre texte cadeau : 

Bleu

offert par Blue Jam


   Le blues m'a rattrapé. Pas celui de la Nouvelle-Orléans. Non, l'autre. Celui qui fait souffrir. C'est la seule chose qu'elle m'ait laissé. Un bleu à l'âme. Dont acte. Je m'en suis accommodé. L'accepter représentait d'ailleurs la seule alternative viable, puisque cette amère blessure, je le savais, se raviverait continuellement. C'est un bleu infini qu'elle avait puisé dans sa palette.  

Depuis ma vie est monochromatique. Toute bleue. Mes tenues d'abord. De haut en bas, j'ai renouvelé tous mes vêtements. Beaucoup de bleu marine dans la mode. Tant mieux. Mes cheveux ensuite. Décoloration puis teinture. Mon coiffeur s'est régalé. Un bleu colbat distingué. J'ai commencé à avoir de l'allure.  

La maison ensuite. Nouvelle décoration. Parquet, papier-peint, carrelage et mobilier. Du bleu partout. Sans concession. Inattendu labeur que de dénicher des meubles bleus. J'ai dû en repeindre quelques-uns. J'ai opté pour le cyan, lumineux, apaisant. Et puis la façade, outremer, exotique.  

La maison transformée en annexe céleste avait extirpé de sa torpeur plus d'un congénère. Des volets bleus accrochés à des murs bleus. Incompréhensible ! Sans doute n'appréciaient-ils pas le bleu. C'est joli le bleu. Je me confonds avec lui.  

Et j'ai poursuivis avec conviction et vigueur dans le jardin. Le gazon vaporisé d'un bleu azur. Les feuilles des arbres badigeonnées d'indigo. Les ragots villageois ont alors attesté de ma folie. Personne n'avait encore jamais vu d'arbres bleus ! Et une pelouse ? Encore moins !  

Cette exubérance botanique avait effrayé voisins et amis. Les questions farfelues avaient fusés. Pourquoi diable ces arbres sont-ils bleus ? Et pourquoi pas après tout ? Cela avait été mon choix.  

Ma vie était devenue une toile bleue tendue sur l'infini. Des arbres bleus pour ne plus souffrir. L'admettre juste une fois.  

Un autre texte cadeau : 

Cathounille

offert par Mimi Pradoline
 

Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie…
 

 


cathoune.JPG

 




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